Lundi 2 novembre 2009
97 718 pages vues à la date du Lundi 02 novembre 2009 sur le blog en construction de Philippe POISSON créé le 11 décembre 2008. Ainsi 1902 articles à votre disposition concernant l’Histoire de la Police, de la Gendarmerie, des Bagnes maritimes et coloniaux, des Prisons, des colonies correctionnelles, des  maisons de correction, des Hôpitaux en passant par de nombreux articles consacrés à l’histoire du vêtement, à l'histoire de la vie quotidienne, des portraits de femmes et d’hommes qui ont traversé « l’Histoire » et « la petite Histoire » Journée record : 01/10/2009 (1161 pages vues) – Pages vues le 01 novembre 2009 : 672 - Bonne navigation sur le blog - A bientôt - PP - http://philippepoisson-hotmail.com.over- 

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Lundi 2 novembre 2009


Un volume consacré à l’écriture de Jean Genet, à son détournement des stéréotypes, et aux jeux des images dans la langue vient de paraître, confrontant les points de vue de divers chercheurs autour de la notion de déréalisation des êtres présents comme spectres ou simulacres, de l’usage de l’argot et des jeux de mots, de l’esthétique camp ou queer et de la reprise de la figure de Carmen. L’inspiration fournie par Genet à des écrivains marocains, mais aussi son rôle fondamental dans une vision nouvelle des rapports entre Noirs et Blancs est en jeu dans ces recherches. On voit que, depuis les approches esthétiques jusqu’à celles qui jouent sur la signifiance des réseaux verbaux, en passant par une vision politique de l’œuvre, des modes d’entrée très divers sont proposés ici. De telles lectures de Genet, tantôt très engagées, tantôt plus ontologiques, se distinguent, tout comme s’opposent les visions qu’en ont les metteurs en scène interrogés dans l’ouvrage. En effet, ce riche volume offre en outre, point d’orgue et miroitement des réflexions théoriques, des entretiens avec des metteurs en scène ayant monté Genet, comme Philippe Adrien, Cristèle Alves Meira, Sébastien Rajon, ou avec l’acteur Michel Fau. Ce volume contient enfin, deux reproductions inédites, l’une d’une lettre manuscrite de Genet remerciant André Breton et Benjamin Perret d’avoir demandé au président de la république qu’on le gracie en 1948, l’autre étant un dessin de Genet encadrant un poème intitulé « Cœur boréal ». Enfin, l’écrivain Gilles Leroy offre des extraits d’un texte encore inédit, intitulé  Ange soleil, et qui s’inspire de l’univers de Notre-Dame-des-Fleurs.

De ce foisonnant travail émerge l’idée que Genet est profondément stimulant par la force de sa langue, qui porte aussi une vision du monde jouant avec les stéréotypes, leur donnant droit de citer pour les détourner. Qu’il faille l’interpréter comme une réponse à l’idéologie de l’époque, ou, plus généralement, comme un questionnement sur ce qui relie l’être à ce qui le précède, à la loi, à la fascination de la violence, fait question dans l’ouvrage et montre la richesse des interprétations étoilées qu’il invite à faire.


L’ouvrage commence par un excellent travail de Patrice Bougon sur la langue de Genet. P. Bougon démontre que le texte de Genet sollicite la fluctuation du signifiant, remplaçant la réalité par l’altération que lui confère sa transposition dans le langage, sous de multiples désignations. En jouant sur les nombreux signifiés du mot « vague » qui flèche aussi bien l’univers maritime dans lequel étaient pris les enfants de Mettray (qu’on destinait à devenir marins), que celui de l’argot (pour le mot « poche) et que la définition adjectivale, Genet démultiplie le texte pour le faire jouer et nous faire jouer à mettre en réseau, intrigues, personnages et dialogues, dans un travail de double entente et de poétisation du langage. La mer devient ainsi le mot-thème d’une variation indéfinie, de l’impossibilité de fixer toute figuration de la réalité. Le récit est donc ponctué de variations poétiques, qui altèrent la mimésis.

Pour René de Ceccatty qui part de la question posée par Hamlet, celle du spectre qui hante la mémoire par l’être du non-être qu’il est pour les vivants, la réalité chez Genet s’efface toujours au profit de son spectre, qui est l’art. Autant dire que l’art, comme simulacre, et le spectre sont reliés comme deux faces d’une même « déréalisation » qui continue à jouer un rôle presque « radioactif » auprès des vivants. Le critique rattache cette spectralité à l’origine d’un enfant qui eut le nom de sa mère, bien que sa naissance fût répudiée, et à qui est impartie une existence au bord du « gouffre » (expression de Genet, dans  un Captif amoureux, p. 205), peut-être celle du vide même mais que vient remplir, pourtant, le simulacre.

Pour Michel Corvin, l’usage des stéréotypes par Genet est toujours une pratique « limite » prise entre la convention rabâchée et son détournement, qui suppose pourtant que le cliché reste reconnaissable. Genet dispose « d’un nuancier de postures qui va de l’insolence feutrée à la parodie gamine » (p. 36). Ainsi, le pape est « elle », une apparence costumée ; le bagnard est aussi pris entre le cliché de la brute au grand cœur et celui de l’individu dangereux et fascinant. Genet lui-même devient image de l’écrivain vulgaire mais doué. Le bagne fait partie de son imaginaire, comme lieu d’épanouissement le plus parfait de l’abjection. Mais ce mal absolu est rare dans le théâtre de Genet ; ne demeure alors que son évocation par l’existence spectrale des clichés, traductions qu’est le simulacre, par substitution à l’existence du mal. Pour Sylvain Dreyer, dans un article très stimulant, la notion de fulgurance doit être ajoutée aux recherches sur le spectre. En effet, y compris dans son engagement politique auprès des Palestiniens et des Black Panthers, Genet reste en marge. Mais l’écriture elle-même, la poésie, occupe précisément, dans son échec à dire le réel, cette même position marginale qu’est celle de Genet : le poétique fait partie de la politique mais la détourne, car l’écriture est incapable de restituer la complexité du réel. Deux manières seulement d’échapper au stéréotype : l’écriture fulgurante et la fragmentation des unités de discours. La vitesse serait une façon d’atteindre le réel au lieu de le noyer dans les méandres du discours : un Captif est un texte méta-poétique puissant qui fait entendre que les images sont d’autant plus fortes qu’elles disparaissent et s’affaiblissent.

Faisant suite à ces réflexions sur le rapport ontologique au simulacre voilant le non être, ou l’exprimant par la poésie, se profilent des articles d’une lecture plus politique. L’hommage de Frieda Ekotto souligne la prise de position publique de Genet qui, en 1958 avec  les Nègres, s’attaque ouvertement à la France colonisatrice. Genet donne ici au Noir le rôle de metteur en scène qui fait comprendre au Blanc comment celui-ci lui attribue un rôle stéréotypé. Le Noir doit donc se débarrasser des mythes qui l’entourent pour maîtriser son destin, au lieu d’être obligé de mimer ce qu’il n’est pas. Dans la révolte cependant, il faut que les Blancs ne meurent pas, que la révolution soit allégorique et soit une comédie, une « clownerie » : les fondateurs de l’indépendance noire sont des poètes, qui permettent la purgation sans les massacres. En outre, en se grimant en blanc pour devenir des clowns, les Noirs font émerger l’altérité en eux. Ce miroitement partagé de l’altérité, où chacun est le simulacre de l’autre, est une des grandes leçons des textes de Genet.

Fabrice Flahutez, quant à lui, montre comment les dessins de Genet appartiennent aux stéréotypes des dessins de forçats ; ils sont en deçà de ce que fait le poète, lequel transcende, par l’écriture et non par le dessin, les catégories existantes. Cependant, dans le dessin, Genet emprunte au vocabulaire des formes de l’Afrique parce qu’il s’exprime contre l’Occident. Le travail plastique de Genet est à la fois secondaire et primordial car il annonce la tonalité des écrits politiques de révolte contre la civilisation occidentale. Continuant à travailler sur les rapports entre Genet et l’Afrique, l’article de Ralph Heyndels montre comment le tombeau de Genet et l’amour qu’il eut pour le Maroc ont inspiré des écrivains comme Abdellah Taïa ou Rachid O. Dans des ouvrages de ces auteurs, c’est la tombe de Genet qui est fantasmée comme lieu de rencontre amoureuse, lien entre les deux rives de la Méditerranée, moment où se révèle, pour les auteurs, la vocation de l’écriture. Relevant de la légende et du fantasme, la tombe est le lieu d’un imaginaire qui devient véritable source d’action, donnant l’existence à des livres que la visite au cimetière inspire. Mais ces autofictions se révèlent à leur tour de purs simulacres et, pour Rachid O., le moment séminal de la rencontre sur la tombe n’est plus qu’une pure projection, très productive cependant pour l’imaginaire de l’écrivain.

Pour Florence Mercier-Leca, l’entreprise onomastique de l’écrivain est un travail essentiellement poiêtique. Le nom des travestis dans Notre-Dame-des-Fleurs est loin d’être  arbitraire car, pour Genet, le langage précède et engendre le réel. « Le nom forge la chose et lui donne son identité ». La nomination crée l’apparence qui engendre l’essence. On voit comment cet article fait un pas de côté, par rapport aux travaux précédents sur le simulacre puisqu’elle montre comment la poétisation est engendrement du réel, dans la fiction tout au moins. Ainsi, loin que le simulacre mime un réel sans l’atteindre, on a l’impression que, pour Mercier-Leca, à l’inverse, le langage, la fiction, bref le simulacre déterminent le réel. En un sens, cet article fait contraste avec plusieurs de ceux qui le précèdent :c’est le pseudonyme des prostituées qui va déterminer leur manière d’être comme si l’être collait désormais à ce qui le désigne.

Aurélie Renaud s’intéresse à l’autre visage de Carmen, l’image de la femme virile qui traverse l’œuvre de Genet. Cette figure mythique semble planer en effet sur l’ensemble de l’œuvre puisque les tantes-filles cherchent à adopter l’apparence extérieure de Carmen, alliance entre sensualité, séduction et force. Cependant, ce qu’elles copient, ce sont les gestes et le costume provocants, non le caractère de celle-ci, les tantes-filles étant, au rebours de Carmen, toujours en situation de sujétion et non de domination : même dans le Journal du voleur, où elles se prostituent, elles le font pour quelqu’un. Ainsi, dans Notre-Dame-des-Fleurs, les attributs de Carmen sont répartis entre deux séries de figures a priori antithétiques : d’un côté, les tantes, dénuées de toute violence et très féminines par leur apparence, de l’autre, Stilitano, un mâle archétypique qui exerce le même pouvoir et la même violence que Carmen. Le coup de force de Genet est cependant de montrer que même les mâles sont guettés par la féminité, en ce sens qu’ils sont porteurs,  eux aussi, d’une sensualité féminine, qui rappelle celle de Carmen, et qui, d’une certaine façon, fait vaciller l’identité, fût-ce des plus dominateurs.

Agnès Vannouvong abonde dans le sens d’un tel vacillement en reprenant à son tour la question des apparences dans le théâtre de Genet : le trompe l’œil y est un principe organisateur si bien que le travestissement devient, plus qu’un thème, une véritable esthétique. Semblable au « baroque » qui exista entre le XVIème et le XVIIIème siècle, l’art théâtral de Genet multiplie les prises spéculaires (comme dans Le Balcon), les métamorphoses des personnages, tel le chef de gang devenu jeune fille, dans un mouvement proche de l’esthétique camp (Susan Sontag), où se lit le goût pour l’exagération. L’hybridité y est créatrice : passant de la grande langue aux parlures, dans Notre-Dame-des-Fleurs, Genet ne cesse d’user aléatoirement des embrayeurs, désignant par « il » ou par « elle » les personnages des travestis. Le sujet se présente divisé, hésitant entre soi et l’autre. Mais cette transgression a aussi valeur politique : se travestir, c’est désirer être autre mais c’est aussi désirer le même. L’outrance est là pour faire réagir la communauté à laquelle on refuse de s’identifier, pour montrer qu’il existe toujours une bipolarité entre l’appartenance et la non appartenance au commun. Le transsexuel adopte un geste héroïque qui résiste à la norme : il ne s’agit pas de réclamer des droits mais d’être libre de dérégler le système et de ne pas renoncer à la révolte, dans un jeu avec les identités qui ne les détruit pas mais les démultiplie.

A la suite de ces travaux de critiques littéraires, figurent dans l’ouvrage des interviews de metteurs en scène. Philippe Adrien indique que, dans sa mise en scène des Bonnes, le rituel devait laisser place aux accidents du jeu pour faire vaciller l’ensemble et ouvrir aux possibles du psychodrame, produisant une désaliénation. Cristèle Alves-Meira s’interroge sur la représentation des Nègres et sur sa nécessaire « modernisation » (on ne peut faire jouer des scènes de transes sans un recul nécessaire ; la metteur en scène refuse de restreindre la définition du « nègre » à celle du noir, l’interprétant comme désignant toute personne exploitée, et rejette une lecture uniquement raciale de la pièce, allant même jusqu’à retirer le mot « Afrique » du texte). Elle considère que le plus dur est de rendre compte du hors-scène, des événements réels ou fictifs qui viennent interrompre la cérémonie, montrant l’existence d’un temps caché ayant des répercussions sur le temps vu. Sébastien Rajon, quant à lui,  témoigne de sa mise en scène du Balcon où il a souhaité faire un travail visuel fort, même si le texte de Genet use d’une langue magnifique. Il ne lui a pas semblé nécessaire de rendre la question de l’Espagne franquiste mais de montrer comment le pouvoir en général se saisit de la représentation pour en abuser. Pour lui, Genet ne dénonce pas mais transcende les catégories, mêlant le sublime et le « bas ». Enfin, le comédien Michel Fau, qui interprète Madame Irma dans  Le Balcon perçoit son personnage comme la synthèse de toutes les femmes, de l’humanité, passant du lyrique au trivial. Jouer Genet est à la fois subversif et gracieux car la langue y est magnifique. On peut jouer Genet comme du Shakespeare ou du Victor Hugo, comme tous les auteurs « excessifs ». Et cet univers n’est pas éloigné de celui de Claudel même.


Se terminant par un texte inédit de Gilles Leroy et par un dessin accompagné d’un poème de Genet, l’ouvrage est donc d’une richesse extrême. Il pose les questions frontales du rapport au simulacre qui apparaissent comme nodales chez Genet, laissant voir tout un éventail de positions quant à la valeur d’un trompe l’œil, fantasme incapable de saisir le réel (complexe ou perdu, ou inaccessible), tantôt approche de la vérité, suscitant le réel lui-même et l’engendrant par l’art et la nomination. Et c’est dans ce conflit des interprétations que le lecteur pourra trouver à argumenter, en enrichissant sa connaissance de Genet, à travers la difficile question des stéréotypes pris et mis à distances, des typifications dangereuses et remises en cause par leur usage subversif. L’ouvrage permet ainsi au lecteur de déployer une lecture ontologique ou politique de Genet, que celle-ci ouvre la voie à un appel à la libération et/ou au questionnement identitaire de chacun.

par Béatrice Bloch

Publié sur Acta le 2 novembre 2009

Pour citer cet article : Béatrice Bloch , "Le détournement des stéréotypes chez Genet", Acta Fabula, Notes de lecture, URL : http://www.fabula.org/revue/document5261.php



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Dimanche 1 novembre 2009
 
 
Côn Dao fut le siège d'une colonie pénitentiaire redoutée pendant l'occupation française. Cet archipel est devenu aujourd'hui une destination touristique en vogue.

À environ 180 km au large de Vung Tàu, la capitale de la province méridionale de Bà Ria -Vung Tàu, Côn Dao matérialise le rêve de l'archipel paradisiaque. Il regroupe 14 îles et îlots baignés par des eaux turquoises, dont Côn Dao ou Côn Son, la plus grande île, également connue sous son nom malais européanisé, Poulo Condor, qui signifie "l'île aux courges". Bénie par la nature, cette charmante île dévoile un parfum mêlant les essences de la montagne et de la mer. Des monts s'élèvent en dents de scie, dont celui de Chua et ses 515 m ou celui de Thanh Gia et ses 577 m. Une jungle luxuriante plonge dans une mer émeraude. Les paysages sont dignes d'un décor de carte postale avec une vingtaine de plages immaculées de sable blanc. Le tout forme le Parc national de Côn Dao qui couvre 6.000 ha sur terre et 14.000 ha en mer. Doté d'une faune et d'une flore très diversifiées, cette réserve de biosphère à la fois terrestre et marine fait la particularité de l'île.

Atmosphère de la mer et de la montagne

Longtemps ignorées, les beautés de Côn Dao n'ont été présentées au public qu'au milieu des années 1990 où l'archipel est transformé en lieu touristique. Baignade dans les eaux limpides, bronzage sur le sable blanc, plongée pour découvrir le monde sous-marin, pêche à la ligne à bord d'un bateau, randonnée par monts et par vaux dans la forêt primitive, feu de camps, visite de vestiges historiques, rien ne manque.

"Un voyage de découverte sur cette île déserte vaut vraiment le coup. Ici, on respire à la fois l'atmosphère de la mer et celle de la montagne", s'enthousiasme un touriste.

Une excursion sur les "îlots de corail" - Hon Tai et Hon Tre, à une heure de bateau de l'île Côn Son, vaut le détour. Les passionnés sans prédisposition pour la claustrophobie peuvent découvrir les fonds marins. Sous la surface, c'est un univers multicolore qui s'étend devant le plongeur. Puis cap sur l'îlot de Bay Canh, où de nuit les chéloniens et les carets tiennent la vedette. En été, ces tortues colossales sortent de l'eau la nuit pour pondre dans le sable. Une couvée peut compter jusqu'à cent œufs.

Et Camille Saint Saens composa Bruneihilda


Le resort Saigon Côn Dao a pris ses quartiers au centre de l'île de Côn Son. Un espace vert où les villas et les bungalows se nichent sous l'ombrage d'arbres séculaires. Créé en 1997 par Saigontourist, il est le plus grand de l'île avec une capacité d'accueil de 200 clients. Des villégiatures sont aménagées à partir des anciennes villas des fonctionnaires et officiers français au début du 19e siècle.

Côn Son compte une centaine de maisons et de villas centenaires, parsemées le long de quelques rues centrales. Ces anciennes constructions aux toits de tuiles moussus à l'architecture française ne manquent pas de charme. La plus visitée est certainement la "résidence du roi de l'île" (transformée aujourd'hui en Musée de Côn Dao). C'est dans cette petite bâtisse que le compositeur français Camille Saint Saens (1835-1921) créa les 3 dernières épisodes de l'opéra "Bruneihilda", lors de son séjour sur l'île en mars 1895.

"En tant qu'investisseur, j'ai décidé de préserver l'architecture charmante de ces villas avec leurs colonnes et leurs petites tuiles", affirme Mme Xuân Phuong, vice-présidente de l'Association des cinéastes de Hô Chi Minh-Ville, auteur du livre Áo dài - ma guerre, mon pays, mon Vietnam (publié en 2001 en France), qui a pris en charge la réhabilitation de 6 anciennes villas pour accueillir les touristes.

Incongrus au milieu de cet Eden terrestre, les vestiges de bagne de Côn Dao rappellent que l'île fut aussi un enfer. Des dizaines de milliers de patriotes furent confinés dans les "cagres à tigre", connurent la terreur et le froid, l'humiliation, la violence, de séance de torture en interrogatoire nocturne.

L’effroyable bagne de Poulo Condor

Construite en 1862 par les Français, cette prison fut fermée le 30 avril 1975, date de la libération du Sud. De nombreux combattants révolutionnaires se sont installés volontiers sur l'île afin de "contribuer à faire de ce coin désert et terrible une île de paix", assure Hua Phuoc Ninh, un ex-prisonnier de Côn Dao. Cet ancien secrétaire de l’organisation du Parti pour le district de Côn Dao, aujourd'hui retraité, y est retourné à 3 reprises pour "voir de mes propres yeux les changements prodigieux de ma seconde terre natale". "Un plan de développement socio-économique stratégique est nécessaire pour l'envol de Côn Dao. Parmi les atouts à exploiter, le tourisme vert doit être le fer de lance", insiste-il. Premier pas dans ce sens, le projet de développement du district de Côn Dao vers 2020 vient d'être ratifié par le Premier ministre Nguyên Tân Dung.

Pour y aller

* Par voie aérienne : Départ de l'aéroport Tân Son Nhât, (Hô Chi Minh-Ville), pour 50 minutes de vol. Un aller-retour coûte 1.650.000 dôngs.
* Par voie maritime : Départ du port de Cat Lo, Vung Tàu, pour 12 heures de bateau. Un aller-retour coûte 300.000 - 400.000 dôngs.
* Adresse : Le resort Saigon Côn Dao, 18 rue Tôn Duc Thang, district de Côn Dao, province de Bà Ria-Vung Tàu.

Tel : (064) 3 63 09 79. Website : http//www.saigoncondao.com.

Nghia Dàn/CVN
(01/11/2009)

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Dimanche 1 novembre 2009




97 046 pages vues à la date du dimanche 1er novembre 2009 sur le blog en construction de Philippe POISSON créé le 11 décembre 2008. Ainsi 1899 articles à votre disposition concernant l’Histoire de la Police, de la Gendarmerie, des Bagnes maritimes et coloniaux, des Prisons, des colonies correctionnelles, des  maisons de correction, des Hôpitaux en passant par de nombreux articles consacrés à l’histoire du vêtement, à l'histoire de la vie quotidienne, des portraits de femmes et d’hommes qui ont traversé « l’Histoire » et « la petite Histoire »Journée record : 01/10/2009 (1161 pages vues) – Pages vues le 31 ootobre 2009 : 757 - Bonne navigation sur le blog - A bientôt - PP 

 


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Dimanche 1 novembre 2009

 

Un livre féministe ?

On peut se poser la question du projet d’écriture de cet ouvrage, engagé par Paule Paganon, professeur-e en lettres et historienne spécialiste de l’Égypte. En effet, il semble être reconnu que l’Histoire est le produit des seules implications et actions des hommes. Le phallocentrisme patenté, omniprésent dans les récits de l’Histoire, plus qu’un fantasme, s’avère culturellement légitimé. 

Or – et c’est tout l’intérêt de ce livre – Paule Paganon, aux prises avec une démarche que certains pourraient qualifier de militante (peu importe), cherche à nuancer le discours de ces hommes, historiens et penseurs, qui n’entrevoient le genre féminin qu’à travers le strict prisme de la femme lascive, docile et délicate. L’auteur-e rappelle, en effet : " Messaline a-t-elle été aussi dépravée et débauchée que relate Juvénal ? Agrippine l’Aînée, la mère d’Agrippine la Jeune, a-t-elle eu le comportement magnifique que les historiens décrivent ? Lucrèce est-elle la caricature que l’on connaît, le modèle par excellence de la matrone romaine ? Locuste n’est-elle qu’un nom synonyme d’empoisonnement experte et infaillible ? Les auteurs se préoccupent peu de psychologie quand il s’agit d’évoquer la gent féminine. " 1


Aussi, conforme aux prescriptions et combats féministes, tellement dans l’air du temps aujourd’hui, ce livre s’inscrit dans une démarche intéressée. Mais il n’en relève pas moins d’un projet original et nécessaire parce qu’il apporte une visibilité sur les actrices de l’Histoire plus que sur les acteurs.

Changement de point de vue ? Pas uniquement. Le livre de Paganon ne se contente pas de développer une approche qui dépeindrait seulement les femmes comme des figures fortes, indépendantes, omnipotentes et libres de leur action. Bien au contraire, ce que l’auteur-e démontre ici, c’est la difficulté avec laquelle ces reines et intellectuelles de l’Antiquité n’ont eu de cesse de suivre des rôles imposés, par la culture d’une part, par la religion et la société d’autre part.


Contre les préjugés !

Femmes remarquables dans le monde antique se caractérise par la volonté de " tordre le cou " à ces croyances et, pourquoi pas, à ces mythes véhiculés par des hommes, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, sur les conditions de vie des femmes. L’historienne explique que " Les informations à la disposition de l’historien moderne sont donc partielles et partiales, leurs homologues des temps anciens, d’exagérations en hyperboles, cédant volontiers à la tentation de la caricature. Les hommes ont montré à travers leurs textes non des femmes en trois dimensions, mais des images de femmes lisses. " 2

On l’aura compris, les femmes de l’Antiquité n’étaient pas de simples gravures insipides et malléables par les hommes et strictement soumises aux contraintes de vie de leur époque.  Partant de ce constat, l’objectif semble clair : réhabiliter l’image des femmes qui tendaient bien trop facilement vers un idéal simple, sans relief ni vraisemblance.

Paule Paganon, revient ainsi entre autres sur les existences des pharaonnes Hatshepsout et Néfertiti qui n’ont pas seulement été des épouses royales mais des dirigeantes elles-mêmes. On (re)découvre également dans l’ouvrage la vie de Sappho, cette ambassadrice de la poésie lyrique (l’un des deux seuls exutoires possibles, avec la religion – en qualité de prêtresse –, où le sexe faible avait " droit " à la parole). On y (re)découvre aussi celle de la pharaonne Tiyi, femme élevée de son vivant au rang de déesse et qui n’a eu de cesse de préparer, comme régente d’abord, puis comme consultante, le règne du futur roi Aménophis plus connu sous le nom d’Akhenaton. On y apprend encore le combat de ces femmes savantes comme Théanô et Hypatie, philosophes et mathématiciennes grecques menacées par l’Église chrétienne de détourner les fidèles, ou bien encore celui de la célèbre Cléopâtre, ce monstre de charme, qui refusait de voir son royaume d’Égypte devenir une vulgaire colonie romaine.


L’ouvrage offre ainsi un regard tout en nuance sur le monde antique et rend compte des conditions d’existence de ces femmes remarquables, bien éloignées de ce que l’on peut s’imaginer. Paradoxalement, celles-ci n’étaient pas de vulgaires parures aux bras des hommes de pouvoir, toujours prêtes à tenir des poses d’odalisque. Elles ont, elles aussi, contribué, voire décidé, des choix politiques, religieux et sociaux de l’Antiquité.

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 Histoire des femmes de l'Antiquité

[vendredi 30 octobre 2009 - 09:00]


Femmes remarquables dans le monde antique

Paule Paganon

Éditeur : Vuibert

300 pages / 22,80 € sur

Résumé : Un ouvrage étayé qui passe en revue les biographies des femmes les plus incontournables des civilisations méditerranéennes de l’Antiquité.   

Ludovic GAY


rédacteur : Ludovic GAY, critique à nonfiction.fr
Illustration : /flickr.com

http://www.nonfiction.fr/articleprint-2889-histoire_des_femmes_de_lantiquite.htm


Notes :


1 - Paule Paganon, Femmes remarquables dans le monde antique, Paris, Vuibert, 2009, p.2
2 - Paule Paganon, Femmes remarquables dans le monde antique, Paris, Vuibert, 2009, p.1

Titre du livre : Femmes remarquables dans le monde antique
Auteur : Paule Paganon
Éditeur : Vuibert
Collection : Instant d'histoire
Date de publication : 22/04/
09
N� ISBN : 2711744434


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