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Publié par Philippe Poisson

13/04/2013

Le récit vrai de la naissance de l'Australie !

Une des plus incroyables odyssées humaines de l'Histoire a eu lieu il y a un peu plus de 220 ans. Environ 1 500 hommes et femmes ont été déportés, entassés à bord de 11 navires, parcourant plus de 24 000 km sur trois océans. Ils étaient des bagnards, des forçats, des condamnés... le rebut de l'Angleterre ! On les a envoyés à l'autre bout du monde, dans un pays qui n'existait pas encore. Aller sans retour vers l'enfer ou chance inespérée d'une nouvelle vie ? Plus rien ne sera comme avant autour de ce nouveau monde, issu d'une terre ancestrale que les habitants d'origine appelaient Bandaiyan...

Laurent-Frédéric Bollée livre ici son From Hell, une oeuvre magistrale de plus de 500 pages dessinées avec brio au lavis par Philippe Nicloux. Une création sans précédent dans l'histoire de la bande dessinée française et internationale.

Laurent-Frédéric Bollée

Né en 1967 à Orléans, Laurent-Frédéric Bollée se passionne très vite pour le journalisme et la bande dessinée, au point d'en faire ses deux métiers. Lauréat de la Bourse Jean d'Arcy 1990, il entre à la Rédaction de France 2 avant de travailler pour différents médias audiovisuels à partir de 1999.


Il signe son premier contrat de scénariste de bande dessinée à 21 ans et à déjà publié près de quarante albums pour les plus grandes maisons d'éditions européennes. On lui doit notamment la série ApocalypseMania chez Dargaud, L'Ultime Chimère chez Glénat ou AD Grand-Rivière chez Casterman, sans oublier un diptyque particulièrement remarqué par la critique : Un long Destin de Sang, aux éditions 12Bis. En 2013, il sera l'auteur de deux albums très attendus : Deadline, un one-shot en compagnie de Christian Rossi (également chez Glénat) et le prochain XIII Mystery...


Passionné par l'Australie depuis son adolescence, c'est tout naturellement qu'il a eu envie de raconter la naissance de ce pays si lointain et si fascinant. Terra Australis est un roman graphique de 500 pages qui voit enfin le jour après cinq ans de travail et d'écriture...

Philippe Nicloux

Philippe Nicloux est un illustrateur niçois né en 1972.


Avec MK Deville au scénario, il a dessiné Rashomon, Otomi et Tropique de l'agneau pour les Enfants Rouges, puis s'est embarqué en compagnie de Laurent-Fréderic Bollée pour l'odyssée Terra Australis chez Glénat.

     13/04/2013  Extrait de l'introduction de Laurent-Frédéric Bollée  «Quand l'aube et Je rêve s'accordent à désigner un vainqueur»... Curieux comme ce beau vers, emprunté à un polar de Henning Mankell que j'ai pu lire récemment, me revient en mémoire au moment où vous me permettrez d'évoquer brièvement cette aventure que représente Terra Australis. Il n'y a pas vraiment de rapport entre la Suède actuelle et l'Australie naissante de la fin du XVIIIe siècle, mais j'ai aimé la formulation et j'ai encore plus aimé écrire le livre que vous avez entre les mains !  Un jour, je me suis donc levé à l'aube avec la certitude qu'il y avait un long voyage qui se présentait à moi, et que je n'avais pas intérêt à rater l'embarquement. Un appel impérieux ! La forme était encore vague mais il n'y avait pas de doute quant à la destination : c'était bien ce pays fort lointain dont les contours sont reconnaissables entre tous, une île en forme de continent (à moins que ce ne soit l'inverse), qui avait toujours agi comme une sorte d'aimant chaque fois que j'y pensais ou, mieux, que j'y songeais...  L'Australie, je l'ai d'abord rêvée étant adolescent, persuadé qu'il faudrait que je la visite un jour.  L'Australie, je l'ai ensuite explorée adulte, certain qu'elle me hanterait à tout jamais.  L'Australie, enfin, je l'ai écrite pour ne pas la perdre. Je crois que je l'aime immodérément.  Au départ, il y a une sorte de légende : ce pays est né avec un bateau de bagnards. Un ramassis de criminels échoués sur une côte on ne sait trop comment ou pourquoi, des condamnés à la déportation qui s'installent dans des territoires globalement hostiles et qui finalement y restent, le tout en faisant peu de cas des indigènes déjà présents sur place. Une histoire un peu floue, non ? Et d'autant plus paradoxale qu'elle est très récente : il faut bien imaginer que le 14 juillet 1789, par exemple, il n'y avait guère qu'un gros millier de personnes et quelques habitations de fortune au-dessus d'une plage qui est aujourd'hui la gare des ferries de Sydney ! Que faisaient-ils vraiment là, pourquoi les avait-on envoyés à Botany Bay (appellation en vigueur même si erronée dès le premier instant), comment se passait réellement la cohabitation avec les «naturels» (on ne disait pas encore «aborigènes»), qui commandait et comment s'organisait-on ? Autant de questions largement ignorées chez nous, autant de réponses à apporter. Surtout que, côté français, il semble bien qu'un certain M. de La Pérouse ait été présent sur place dès les premiers instants... Ah bon ? Vous allez voir que même si ce bout de la planète s'appelait aussi la Terra AustraJis Incognita, elle a représenté, entre les années 1770 et 1791, comme un pôle magnétique irrésistible, véritable trou noir géographique, politique et social, concentrant et aspirant les soubresauts de l'humanité. Le monde a changé de visage et le Pacifique a été son miroir dans lequel il ne s'est soudain plus reconnu.  Je le dis : je ne sais pas quels ont été les bons, les méchants, les bourreaux, les victimes, les saints, les démons. Je sais juste que les hommes vont de l'avant et prennent rarement le temps de regarder autour d'eux. Je sais qu'ils sont faibles et injustes, capables des élans les plus généreux et des pensées les plus sombres. Je sais qu'ils portent en eux les germes des maladies les plus foudroyantes et des doutes les plus profonds. Je devine qu'ils font le mal par essence et le regrettent par nature. Je crois qu'on peut essayer de sonder leurs âmes. C'est en décembre 2007 que ce livre est né. Une marche sur une falaise de Phillip Island, au sud de Melbourne. Des mouches par dizaines qui volent dans un air attisé par un vent chaud, et dans ces mouvements incessants pour s'en débarrasser, une pensée qui se faufile : attendez une minute, Phillip Island, l'île de Phillip, d'accord, mais... qui est Phillip ?

13/04/2013 Extrait de l'introduction de Laurent-Frédéric Bollée «Quand l'aube et Je rêve s'accordent à désigner un vainqueur»... Curieux comme ce beau vers, emprunté à un polar de Henning Mankell que j'ai pu lire récemment, me revient en mémoire au moment où vous me permettrez d'évoquer brièvement cette aventure que représente Terra Australis. Il n'y a pas vraiment de rapport entre la Suède actuelle et l'Australie naissante de la fin du XVIIIe siècle, mais j'ai aimé la formulation et j'ai encore plus aimé écrire le livre que vous avez entre les mains ! Un jour, je me suis donc levé à l'aube avec la certitude qu'il y avait un long voyage qui se présentait à moi, et que je n'avais pas intérêt à rater l'embarquement. Un appel impérieux ! La forme était encore vague mais il n'y avait pas de doute quant à la destination : c'était bien ce pays fort lointain dont les contours sont reconnaissables entre tous, une île en forme de continent (à moins que ce ne soit l'inverse), qui avait toujours agi comme une sorte d'aimant chaque fois que j'y pensais ou, mieux, que j'y songeais... L'Australie, je l'ai d'abord rêvée étant adolescent, persuadé qu'il faudrait que je la visite un jour. L'Australie, je l'ai ensuite explorée adulte, certain qu'elle me hanterait à tout jamais. L'Australie, enfin, je l'ai écrite pour ne pas la perdre. Je crois que je l'aime immodérément. Au départ, il y a une sorte de légende : ce pays est né avec un bateau de bagnards. Un ramassis de criminels échoués sur une côte on ne sait trop comment ou pourquoi, des condamnés à la déportation qui s'installent dans des territoires globalement hostiles et qui finalement y restent, le tout en faisant peu de cas des indigènes déjà présents sur place. Une histoire un peu floue, non ? Et d'autant plus paradoxale qu'elle est très récente : il faut bien imaginer que le 14 juillet 1789, par exemple, il n'y avait guère qu'un gros millier de personnes et quelques habitations de fortune au-dessus d'une plage qui est aujourd'hui la gare des ferries de Sydney ! Que faisaient-ils vraiment là, pourquoi les avait-on envoyés à Botany Bay (appellation en vigueur même si erronée dès le premier instant), comment se passait réellement la cohabitation avec les «naturels» (on ne disait pas encore «aborigènes»), qui commandait et comment s'organisait-on ? Autant de questions largement ignorées chez nous, autant de réponses à apporter. Surtout que, côté français, il semble bien qu'un certain M. de La Pérouse ait été présent sur place dès les premiers instants... Ah bon ? Vous allez voir que même si ce bout de la planète s'appelait aussi la Terra AustraJis Incognita, elle a représenté, entre les années 1770 et 1791, comme un pôle magnétique irrésistible, véritable trou noir géographique, politique et social, concentrant et aspirant les soubresauts de l'humanité. Le monde a changé de visage et le Pacifique a été son miroir dans lequel il ne s'est soudain plus reconnu. Je le dis : je ne sais pas quels ont été les bons, les méchants, les bourreaux, les victimes, les saints, les démons. Je sais juste que les hommes vont de l'avant et prennent rarement le temps de regarder autour d'eux. Je sais qu'ils sont faibles et injustes, capables des élans les plus généreux et des pensées les plus sombres. Je sais qu'ils portent en eux les germes des maladies les plus foudroyantes et des doutes les plus profonds. Je devine qu'ils font le mal par essence et le regrettent par nature. Je crois qu'on peut essayer de sonder leurs âmes. C'est en décembre 2007 que ce livre est né. Une marche sur une falaise de Phillip Island, au sud de Melbourne. Des mouches par dizaines qui volent dans un air attisé par un vent chaud, et dans ces mouvements incessants pour s'en débarrasser, une pensée qui se faufile : attendez une minute, Phillip Island, l'île de Phillip, d'accord, mais... qui est Phillip ?

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