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Publié par Philippe Poisson

Le thème des fourches patibulaires, structures judiciaires dédiées à l’exposition de la pendaison, n’a été que très peu et très partiellement abordé en France. Si quelques érudits locaux de la fin du XIXe siècle et du tout début du XXe siècle ont pu se pencher sur la question, leurs études n’ont pas envisagé le sujet de façon interdisciplinaire. Il faut surtout avouer que la plupart des investigations se sont focalisées sur l’emblématique gibet royal de Montfaucon. Pourtant, un travail de fond reste à mener, tant sur les sources écrites que sur les images, mais également en intégrant dans la discussion les données générées par les archéologues et les archéo-anthropologues. Au-delà de l’aspect architectural, les sources écrites et iconographiques contiennent des informations quant à la gestion des fourches patibulaires et au traitement du corps des criminels et des condamnés à mort. De fait, parce qu’ils accueillent des morts, ces espaces d’exécution sont également à penser comme des espaces d’inhumation. Les fouilles archéologiques permettent alors de proposer une étude plus poussée de ces structures, non seulement en réfléchissant sur leur implantation, sur leur mode de construction, mais également en menant une étude sur les individus qui y sont inhumées.

Parallèlement, l’histoire des exécutions publiques connaît un regain d’intérêt à la faveur, notamment, de recherches centrées sur le rituel judiciaire. Ce renouveau invite à repenser et réévaluer les usages des fourches patibulaires pour les périodes médiévale et moderne. Leur étude amène donc à s’interroger sur les détenteurs de telles structures : au Moyen Âge et à l’époque moderne, quelles personnes ou communautés les possèdent ? Au-delà d’un simple droit ou privilège de rendre la justice, ces lieux d’exécution permettent indéniablement de marquer les limites d’une juridiction, de publiciser une justice, et d’ancrer au sol un pouvoir et une autorité judiciaire. À ce titre, si l’étude des modes de construction permet de dresser une typologie – en s’intéressant aux matériaux, au nombre de poutres et de piliers, etc. –, elle invite également à se pencher sur la symbolique et les conflits qui peuvent découler d’une telle possession. Manifestation physique du pouvoir et de la justice, les fourches sont tout à la fois un lieu de justice, un espace d’exécution, d’exposition, d’inhumation, de contestation ; mais aussi une frontière symbolique (juridictionnelle, politique ou sociale), objet de craintes et surtout de concurrences institutionnelles.

Ce colloque entend, en effet, interroger les divers usages des fourches : les usages sociaux, politiques, judiciaires, funéraires. Il entend aussi comprendre l’enjeu et les moyens de leur construction, ou au contraire de leur destruction. De fait, il entend croiser les regards de différentes disciplines qui prennent les fourches patibulaires comme objet d’étude...

Pour en savoir plus

Colloque : Les fourches patibulaires, du Moyen Âge à l'époque ...

criminocorpus.hypotheses.org/6555‎

Il y a 4 jours - Colloque : Les fourches patibulaires, du Moyen Âge à l'époque moderne : approche interdisciplinaire (Bordeaux, 23 et 24 janvier 2014).

CRIMINOCORPUS - Colloque : Les fourches patibulaires, du ...

https://fr-fr.facebook.com/criminocorpus/posts/685336021485969‎

Colloque : Les fourches patibulaires, du Moyen Âge à l'époque moderne : approche interdisciplinaire (Bordeaux, 23 et 24 janvier 2014)

Colloque : Les fourches patibulaires, du Moyen Âge à l’époque moderne : approche interdisciplinaire (Bordeaux, 23 et 24 janvier 2014)

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