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Publié par Philippe Poisson

La bonne vie... Ce récit, sous-titré “roman du Milieu” lors de sa parution en 1925, dépeint avec une sombre truculence, parfois sordide et toujours juste, la vie au sein des maisons closes où le bourgeois vient étancher sa soif de plaisirs interdits. Mais loin glorifier ce folklore, Jean Galtier-Boissière, l’un des grands journalistes polémistes de l’après-guerre, nous fait découvrir l’envers du décor.

La bonne vie, c’est le récit du quotidien de trois “macs”, représentant bien le Milieu de l’époque. Il y a là Ptit Louis, ancien condamné militaire aux Bats d’Af, petit proxénète qui a jeté son dévolu sur deux jeunes soeurs fraîchement débarquées de leur Bretagne natale. Elles ont gobé l’histoire de la tournée de music-hall, et ne se doutent pas qu’elles ont été vendues à un bordelier de Buenos Aires. On découvre aussi Eugène Fouat, dit “Gras-du-genou”, le commerçant spécialisé en femmes, qui va s’associer avec Sarah, l’ex-prostituée pour constituer un empire dans le Paris de l’entre-deux guerres. On croise aussi Joseph Mourron dont une prostituée s’est amouraché : il a de la chance, c’est une travailleuse, “un bon bifteck”, il n’a pas besoin d’aller à l’usine.

Écrit sous forme de récit, il dépeint une réalité quelque peu occultée par les romans policiers, le cinéma, la presse : tout ceci n’est en fait qu’une industrie du sexe, pour laquelle travaille un peuple de femmes et d’enfants, sous la coupe réglée des “beaux-mecs” - des proxénètes sans scrupules - et encadrée par la République qui maintient ordre et santé publique en fermant les yeux sur la violence au sein de ces maisons.

Né en 1891, Jean Galtier-Boissière est issu de la bourgeoisie protestante parisienne. Il créa dans les tranchées un journal, Le Crapouillot, d’orientation anarcho-pacifiste, qui devint un journal majeur de l'après guerre. Pacifiste et homme de gauche, il collabora à un fameux autre journal, le Canard enchaîné. Il est mort en 1966.

Préface d’Olivier Bailly, auteur d'une biographie de Robert Giraud, spécialiste de l'argot, des tatoués et des bas-fonds parisiens après la guerre (Monsieur Bob, Stock, 2009). Depuis 2006 il tient le blog Le copain de Doisneau - http://robertgiraud.blog.lemonde.fr

Maison d'édition indépendante, la Manufacture de livres explore le monde criminel français et international à travers des romans, des documents et des essais.

Notre diffusion/distribution est assurée par le CDE et la SODIS (groupe Gallimard).

La bonne vie ( La Manufacture de livres )
La bonne vie ( La Manufacture de livres )

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