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Publié par Philippe Poisson

04/11/2013 - G. Lenotre mène l'enquête et nous entraîne dans l'une des affaires judiciaires les plus incroyables de tous les temps... Il nous présente aujourd'hui l'affaire de «la Femme sans nom», une histoire vraie dont les rebondissements sont dignes des plus grands romans d'aventure.

Le 21 janvier 1788 étaient célébrées à Orléans les obsèques de la marquise de Douhault, décédée dans des conditions pour le moins étranges dans la demeure de parents éloignés chez qui elle séjournait. Quelques jours plus tard, à la Salpêtrière, une inconnue revendiquait ce nom et tentait désespérément de se faire reconnaître.

Pendant des années, témoignages et interventions se manifestèrent sans que la justice parvînt à donner un état civil à celle que l'on devait nommer «la Femme sans nom».

Les soupçons les plus lourds pesèrent sur le frère de la présumée défunte... Sans parti pris, présentant les éléments du dossier de la manière la plus neutre possible, G. Lenotre fait revivre la marquise de Douhault. Nous nous retrouvons aux temps troublés de la Révolution et de l'Empire, assistant à la lutte entre deux clans et aux multiples rebondissements d'une affaire bien réelle et qui dépasse tout ce que la fiction pourrait imaginer.

L'auteur : Après des études chez les pères jésuites, G. Lenotre entre comme employé au ministère des finances. Devenu journaliste, il collabore à La Revue des Deux mondes et au Figaro où il écrit ses premiers récits d'histoire. Spécialiste de l'histoire de la Révolution française, il publie un nombre important d'ouvrages sur le sujet, dans un style narratif et anecdotique, qui ont influencé des historiens comme André Castelot et Alain Decaux.

Après avoir tenté une première fois d'entrer à l'Académie française en 1909, au fauteuil de Victorien Sardou, il est élu en 1932 au fauteuil de René Bazin, mais meurt le 7 février 1935 avant d'avoir prononcé son discours. Il est l'auteur de plus de 50 livres, dont la plupart sont réédités dans cette collection.

  • Les courts extraits de livres : 04/11/2013

À une date que l'Histoire aurait peine à déterminer mais qui est assurément fort ancienne, certaine magicienne de grande beauté épousa un gentilhomme poitevin, seigneur de Melle et de Lusignan. De l'assemblage de ces deux noms, les vassaux de la dame l'appelèrent Mélusine.

On la disait fille d'un roi d'Albanie et d'une fée, laquelle lui avait imposé l'obligation de se changer tous les samedis en serpent. Son mari l'ayant surprise un jour pendant le mystère de sa transformation, enferma Mélusine dans un souterrain dont la porte fut aussitôt murée. Jamais plus on ne revit la magicienne, mais, de temps à autre, et pendant bien des siècles, quand le ciel était très noir, sortaient des vieux murs de longs sifflements qui se répétaient trois nuits durant. Les paysans de la vallée de la Vonne, rivière qui baigne les remparts de Lusignan, savaient ce que cela signifiait; Mélusine captive signalait ainsi le malheur ou la mort menaçant l'un des membres de sa descendance.
On dut l'entendre dans les nuits qui précédèrent le 7 octobre 1741. Ce jour-là naissait, bien loin de Lusignan, aux confins du Gâtinais et du Morvan, une fille de l'illustre race. L'enfant dont le père était le comte Rogres de Lusignan de Champignelles, lieutenant général des armées du Roi, fut ondoyée le 8 et baptisée le 24. Le parrain, - Claude Jacques Rogres de Lusignan, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur d'Abbeville, - et la marraine, - une Lusignan encore, épouse du comte Guyon de Dizier, - imposèrent à leur filleule les prénoms de Adélaïde-Marie... Oui, Mélusine pouvait siffler; car la petite fille qui venait au monde était vouée au malheur et le destin se préparait à s'acharner sur elle.

Sa petite enfance s'écoula au château de Champignelles, situé à mi-distance entre Auxerre et Gien ; la nourrice d'Adélaïde-Marie était une paysanne nommée Madeleine Paradon ; un jour qu'elle allait à la pompe pour tirer de l'eau, elle posa sur une table l'enfant, et celle-ci, quoiqu'elle fût emmaillotée, se donna tant de mouvement qu'elle tomba sur le dallage. Quand la nourrice revint, la pouponne avait une jambe cassée ; la fracture fut mal soignée et Marie resta boiteuse pour la vie.

Elle avait cinq frères et sœurs dont trois moururent en bas âge : seuls survécurent Henriette-Françoise et Armand-Louis de Champignelles : leur mère, née Lefebvre de Laubrière, femme maladive et ennuyée, s'occupait peu de ses enfants et les laissait à Champignelles tandis qu'elle vivait à Paris dans quelque maison de retraite ou dans des couvents dont elle se lassait vite et changeait souvent.
(...)

"La Femme sans nom"

Auteur : G. Lenotre  - Genre : Histoire  Editeur : Editions Archeos, Agnières, France

Auteur : G. Lenotre - Genre : Histoire Editeur : Editions Archeos, Agnières, France

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