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Publié par Philippe Poisson

Connu comme étant le "père de la pilule", le gaulliste Lucien Neuwirth, décédé à 89 ans dans la nuit du 25 au 26 novembre, était un ancien SAS (Special Air Service) des Forces françaises libres. Il avait publié ses mémoires ("Ma guerre à 16 ans" chez Plon en 1986) dont une nouvelle version était parue en 1992, chez Actes Sud, sous le titre "Mais après tout..." Comme souvent, les mémoires n'ont qu'un rapport assez imparfait avec l'histoire réelle. Pour y voir plus clair, nous avons demandé au meilleur spécialiste de l'histoire des SAS de la France Libre, David Portier, ce qu'il en savait. David Portier est l'auteur d'un ouvrage de référence sur le sujet : "Les parachutistes SAS de la France libre (1940-1945)", Editions Nimrod -2010. Animateur du site FFLSAS, il est également le secrétaire de l'Association des familles des paras SAS de la France libre. Les SAS sont les précurseurs de ce que nous appelons aujourd'hui les forces spéciales. Plus d'un millier de Français ont combattu dans leurs rangs durant la seconde guerre mondiale.

Que savez-vous de la carrière de Lucien Neuwirth chez les SAS ?

Il a rejoint l'Angleterre en juillet 1943 et s'est engagé en août dans les paras, en l'occurrence le 4ème SAS/2ème RCP. En mai 1944, il est blessé au cours d'un saut d'entrainement, ce qui l'empêche de participation aux opérations de juin 44. Il est affecté au Squadron Jeep, comme mitrailleur arrière. Le 5 août, les planeurs qui transportent ces jeeps se posent en arrière des lignes allemandes - une première ! - à Ploemel et Locoal-Mendon, près d'Etel, en Bretagne. Il participe à des missions de harcèlement et de reconnaissance pour les blindés américains, en direction de Nantes. C'est sa première campagne. Ensuite, il est engagé sur la Loire dans la région de Bourges et de Nevers. Durant l'offensive des Ardennes, les SAS sont dépêchés en urgence et il est blessé en janvier 1945 par l'explosion d'une mine, alors qu'il est affecté à des missions de génie.

Fin de la guerre pour lui ?

Non, parce que, à peine remis de ses blessures, il se porte volontaire pour l'opération Amherst en avril 1945. Les SAS français sont parachutés en Hollande au sud de Groningue. Mais là, les choses se passent mal. Une mauvaise entente règne dans son stick (groupe) qui se sépare à peine arrivé au sol. Une partie, dont Neuwirth, rejoint un autre stick français, dans un bois. Ils sont alors encerclés par des paras allemands. Certains parviennent à s'échapper mais Neuwirth est blessé, puis capturé, alors qu'il traverse une clairière sous le feu.

Il racontait avoir été fusillé par des SS et sauvé par miracle. Qu'en est-il ?

Mes recherches ne m'ont pas amené à la même conclusion mais je n'ai pu avoir d'échanges sur ce sujet avec Lucien Neuwirth. Le récit écrit d'un paysan hollandais chargé de récupérer les corps indique que les hommes avaient été tués dans le dos par des rafales d'armes automatiques au cours de leur décrochage. En revanche, un épisode comparable avait eu lieu durant l'été en Bretagne, lorsque, le 12 juillet, le sergent Judet (qui fut plus tard le chef de Neuwirth et a été tué en Hollande) parvint à échapper au peloton d'exécution allemand en sautant un muret.

http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/lucien-neuwirth-veritable-histoire-d-sas-francais-6547

Lucien Neuwirth : parachutiste, au “ Special Air Service ” de la France Libre

Lucien Neuwirth, la véritable histoire d'un SAS français

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