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Publié par Philippe Poisson

Sylvie Paul a effectué un long parcours carcéral de l’âge de 17 ans à celui de 47 ans, soit de 1930 à 1960. Près de trente années à l’ombre de hauts murs, sous la surveillance de religieuses catholiques omniprésentes dans l’univers carcéral féminin : maisons de correction lorsqu’elle était mineure, maisons d’arrêt lorsqu’elle était en préventive ou subissait une courte peine, quartiers français et quartiers allemands de l’Occupation, prison militaire allemande du Cherche Midi, camps d’internement allemands de Romainville et de Compiègne, camps de concentration nazis de Ravensbrück et de Bergen-Belsen, caserne prison des Tourelles, maison centrale d’Haguenau. Ce brutal décompte passe sous silence les séjours répétés à la Petite Roquette ou à Fresnes dans l’école de préservation, puis dans le quartier des nourrices où elle mit au monde l’une de ses trois enfants.

Vagabonde, voleuse, entraineuse, prostituée, « entôleuse », escroc, meurtrière, résistante, déportée, détenue ?… Les portraits sont brouillés, se contredisent, se superposent. Une constante cependant, la fascination que cette femme exerça sur tous ceux qui la rencontrèrent, recueillirent ses propos, assistèrent à ses procès, rédigèrent ses mémoires ou sa biographie. Ses yeux verts, son regard, sa beauté ont fasciné, troublé. Roger Grenier, l’un des derniers journalistes à l’avoir rencontrée, écrivait : « Sylvie Paul aurait été une criminelle des plus ordinaires si elle n’avait eu des yeux gris acier dont le regard tragique, même à travers les mauvaises photos des journaux, accrochait le lecteur[1]. »

L’affaire Sylvie Paul est aujourd’hui oubliée. Si Marie Lafarge, les sœurs Papin, Violette Nozière figurent dans le Dictionnaire des assassins et des meurtriers[2], ce n’est pas le cas de Sylvie Paul. Son crime qui lui valut dix années de réclusion en 1954 fit les unes de la presse. Quelques titres méritent d’être cités : « La vie aventureuse de Sylvie la rebelle, meurtrière de Jeanne Perron » (Détective, 1er octobre 1951), « Je suis une femme damnée » (Détective, 20 décembre 1954), « Sylvie Paul la révoltée…» (Détective, 18 novembre 1960). Sa personnalité hors du commun[3] retint l’attention d’écrivains talentueux comme Jean-Louis Bory[4], prix Goncourt 1945, ou Roger Grenier[5], journaliste et prolifique auteur de la maison Gallimard. Une biographie[6] lui fut consacrée en 1992, ouvrage non dénué de qualités, centré sur le fait divers, mais évoquant la destinée d’une femme en amont et en aval de la Seconde guerre mondiale, une vie « brutalisée » par la déportation à Ravensbrück puis à Bergen-Belsen.

« Green eyes » L’exécution des peines au féminin (1930-1960) : Sylvie Paul, délinquante récidiviste du XXème siècle.(Jean-Claude Vimont)

23 novembre 2013

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Un excellent article : Sylvie Paul, délinquante récidiviste du XXème siècle.(Jean-Claude Vimont)

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