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Publié par Philippe Poisson

22/11/2013 - Ils s'appellent Ted Bundy, Jeffrey Dahmer, Ed Gein, Andreï Tchikatilo. D'autres agissent en couple comme Ian Brady et Myra Hindley (Les tueurs de la lande). Souvent, ils tuent simplement pour le plaisir de tuer, parfois pour de l'argent. Leurs noms sont synonymes de barbarie et de violence et leurs meurtres sanglants ont défrayé la chronique judiciaire. A l'origine de quelques-unes des figures les plus inquiétantes du cinéma, les tueurs en série ne sont pas un phénomène typique du continent nord-américain : on dénombre des tueurs sur tous les continents, de l'Afrique à l'Asie.
Mais qui sont réellement ces hommes (et ces femmes) qui commettent l'irréparable ? Quels sont leurs mobiles ? Ont-ils un profil psychologique particulier ? Quels sont leur profil socio-économique ou leur niveau d'étude ? Qu'est-ce qu'est un modus operandi ? Quelle est la différence entre un lust murder, un mass murder, un spree murder ou en tueur nécrophile ? De quels moyens la Justice dispose-t-elle pour les appréhender ? Que définit-on par le mot profilage ?

En s'appuyant sur les évolutions les plus récentes des sciences forensiques et de la psycho-criminologie, cet essai veut apporter des réponses claires et scientifiques à ces questions et à bien d'autres encore pour balayer en certain nombre d'idées reçues.

Illustré par des cas célèbres issus des annales judiciaires américaines, il s'intéressera aussi à des cas moins connus témoignant de l'ampleur de ce phénomène sociétal dans toutes les cultures et dans tous les pays.

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin est anthropologue judiciaire, historienne, docteur en histoire et archéologie, et a poursuivi plusieurs spécialisations (paléopathologie, médecine légale, criminalistique, balistique lésionnelle).

  • Les courts extraits de livres : 22/11/2013

Extrait de l'introduction - États-Unis

Les criminels en série et les profileurs connaissent un succès médiatique certain depuis ces dernières trente décennies. Plusieurs facteurs ont concouru d'une façon importante à la médiatisation de ce phénomène sociétal qui connaît actuellement une expansion planétaire sans précédents.

À partir des années 1950, les services de police américains sont confrontés à des crimes particulièrement troublants : découvertes de cadavres ayant subi des actes de violence post mortem ou encore ritualisation de l'acte exprimée par l'auteur à travers des mises en scènes particulières. Ce sont surtout les similitudes entre les différentes scènes de crime et les reproductions de celles-ci dans le moindre détail qui marquent une césure dans l'histoire de la criminalité nord-américaine.

Démunis face à la complexité de ces dossiers criminels, les officiers de police classent ces homicides multiples sous l'appellation commune de «crimes à mobile non apparent» ou «meurtres de masse».

Cette appellation regroupe des crimes très différents, qu'il s'agisse de la scène de crime elle-même, des moyens utilisés ou encore des motivations du tueur : aussi, s'y trouvent pêle-mêle des criminels récidivistes tels que George P. Metesky (1903-1944), connu sous le nom de «Mad Bomber», qui terrorisa la ville de New York durant seize ans avec des explosifs disséminés un peu partout, ou encore Albert DeSalvo (1931-1973), «l'Étrangleur de Boston», accusé du meurtre de treize femmes commis entre juin 1962 et janvier 1964.
Une véritable réflexion sur les moyens d'élucider ces crimes aboutit, en 1972, à la création de la Behavioral Science Unit (BCU) ou Unité des sciences du comportement, au sein du Fédéral Bureau of Investigation, sous la houlette de l'agent spécial Jack Kirsch. On notera qu'il existe des divergences selon les auteurs sur le début de l'activité d'investigation des agents du FBI : 1972 pour Brent E. Turvey (TURVEY, 2010) ; 1978 pour Robert K. Ressler (RESSLER, 1992) ; 1979 pour Stéphane Bourgoin (BOURGOIN, 1993, 1998), ou encore 1980 pour John E. Douglas. (DOUGLAS, 1995)

Constituée au début d'une douzaine d'agents de terrain, spécialistes des crimes de sang et des viols, et d'une équipe de psychologues, cette unité auditionne et étudie les récits de tueurs multirécidivistes.

En 1976, Robert K. Ressler leur attribue le terme de «sériai killers». (RESSLER, 1992) Les résultats des travaux menés par cette unité sur l'ensemble de trente-six criminels sexuels et/ou sériels font l'objet de la publication Sexual Homicides. Pattems and motives. (RESSLER, BURGESS, DOUGLASS, 1992) Au moment de sa parution, cet ouvrage scientifique ne rencontre pas le succès escompté : il faut attendre les années 1990, pour que des ouvrages tels que Whoever fights monsters (RESSLER, 1992) ou encore Crime Classification Manual (DOUGLAS, BURGESS, RESSLER, 1992, réédition 2006) atteignent des records de vente, notamment aux États-Unis.

A la même époque, une dizaine de membres de la Behavioral Science Unit publient des ouvrages relatifs à leur expérience au sein du FBI.

Auteur : Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin  Date de saisie : 03/12/2013  Genre : Documents Essais d'actualité  Editeur : Atelier Mosésu, Saint-Romain-de-Colbosc  Collection : Post mortem, n° 1
Auteur : Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin  Date de saisie : 03/12/2013  Genre : Documents Essais d'actualité  Editeur : Atelier Mosésu, Saint-Romain-de-Colbosc  Collection : Post mortem, n° 1

Auteur : Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin Date de saisie : 03/12/2013 Genre : Documents Essais d'actualité Editeur : Atelier Mosésu, Saint-Romain-de-Colbosc Collection : Post mortem, n° 1

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