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Publié par Philippe Poisson

À l'occasion du 70e anniversaire des rafles de Bordeaux de décembre 1943 et de janvier 1944 au cours desquelles le grand rabbin Joseph Cohen ainsi que le personnel de l'UGIF et du Consistoire sont arrêtés, la synagogue pillée et transformée en prison et les Juifs français livrés par le régime de Vichy à la police allemande, un colloque est organisé à l'initiative du Consistoire israélite de la Gironde et de l'AJPN (Anonymes, Justes et persécutés durant la période nazie), consacré à la radicalisation des persécutions antisémites en France à partir de l'automne 1943.

Trois axes privilégiés

Montrer, en regard de l'exemple de Bordeaux, que de nombreuses villes sont frappées au tournant de l'année 1943 par l'escalade de la répression : Marseille, par exemple, où le grand rabbin de Strasbourg René Hirschler est interpellé par la Sipo-SD, les locaux de l'UGIF et de la synagogue perquisitionnés, Grenoble où la synagogue est détruite le 23 décembre 1943 par des ultras de la collaboration et de nombreux Juifs appréhendés puis transférés à Drancy… Face au danger de plus en plus grand, de nombreux Juifs, en particulier les Français israélites, décident d'entrer dans la clandestinité, même si de profondes divisions sur la conduite à adopter subsistent au sein des institutions juives, même si la légalité reste le cadre pour de nombreuses familles.

Analyser le processus de miliciarisation du régime exigé par les autorités allemandes et initié par la nomination de Darnand comme secrétaire général au maintien de l'ordre le 31 décembre 1943, les stratégies de la Sipo-SD qui décident à partir de la fin de l'été 1943 de supprimer les distinctions de nationalité dans la traque des Juifs et de procéder directement aux opérations de police, une escalade de la violence qui atteint son paroxysme avec le Kommando Drancy dirigé par Aloïs Brunner, les évolutions de la Section d'enquête et de contrôle, la direction policière du Commissariat général aux questions juives, qui sombre dans la haine et la cruauté. Cette radicalisation des persécutions antisémites touche également la gendarmerie et le fonctionnement de l'appareil judiciaire.

Rappeler que de nombreux persécutés, à l'image de Boris Cyrulnik qui réussit à échapper à la vigilance de ses gardiens en se cachant dans les toilettes de la synagogue de Bordeaux avant d'être caché plusieurs mois sous une fausse identité dans le village de Camarsac, ont partout bénéficié de complicités pour se sauver des griffes policières d'autant que l'opinion réagit désormais plus énergiquement au sort réservé aux Juifs, protestations qui prennent parfois la forme de rassemblements publics devant les lieux d'enfermement, autres signes du fossé qui s'amplifie entre la population et le régime.

22 et 23 janvier 2014 - Auditorium du Musée d'Aquitaine - 20, cours Pasteur - Bordeaux

La radicalisation des persécutions antisémites en France de l'automne 1943 au printemps 1944
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