Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Philippe Poisson

Parution de Benoît Garnot, Histoire des juges en France, de l’Ancien Régime à nos jours, Paris, Nouveau Monde éditions, 2014, 396 p. En librairie le 23 janvier 2014, 22 € ISBN 978-2-36583-861-0

Présentation de l’éditeur

Quelle responsabilité que le pouvoir de juger ! Un tel pouvoir, des hommes (des femmes aussi, depuis peu) l’ont reçu en délégation, de Dieu et du roi pendant l’Ancien Régime, de la nation ensuite. Il a longtemps été considéré comme revêtu d’un caractère sacré ; s’il l’a aujourd’hui perdu, il n’en reste pas moins fondamental dans une société dont l’une des caractéristiques est la judiciarisation, c’est-à-dire à la fois le recours à la justice de plus en plus fréquent de la part des individus et l’extension des domaines soumis à son influence.

Tel Janus, le juge a deux faces : le juge pacificateur et le juge punisseur. Le juge pacificateur apparaît comme l’incarnation du droit : sa fonction est le maintien de la paix au sein du groupe, en amenant les adversaires à composer ou en trouvant lui-même une solution au conflit, ce qui doit permettre de l’apaiser. Le juge punisseur apparaît comme le défenseur de la collectivité : sa fonction est le maintien de l’ordre social, en sanctionnant tous ceux qui présentent un danger à cet égard, voire en les éliminant si ce danger apparaît trop menaçant. Dans ce cadre, les juges français ont conservé, dans le déroulement même des procès, un pouvoir de juger plus important que celui de leurs homologues étrangers. Mais un vrai pouvoir judiciaire n’a jamais existé en France : les juges ont toujours été placés, avec des modalités diverses, sous la coupe du pouvoir politique.

Depuis des siècles, les juges se sont constitués en un véritable corps social, c’est-à-dire en un groupe soudé, non seulement par une communauté d’activités professionnelles, mais aussi par des revendications sociales, des valeurs morales et des solidarités, ainsi que des manières de vivre spécifiques, tant matérielles que culturelles, ce qui n’exclut pas des conflits internes et des divisions. C’est de ce corps social qu’il est question dans ce livre, de l’Ancien Régime à nos jours, tant dans son organisation interne que dans ses rapports avec la société environnante.

L’auteur

Benoît Garnot est professeur d’histoire moderne à l’université de Bourgogne. Spécialiste de l’histoire de la justice et de la criminalité, il a publié une trentaine d’ouvrages et en a dirigé une quinzaine d’autres.

 Histoire des juges en France, de l’Ancien régime à nos jours (Benoît Garnot)

Commenter cet article