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Publié par Philippe Poisson

Le 20 février 1934, le magistrat Albert PRINCE, chef de la section financière du Parquet de Paris, est retrouvé mort sur la voie ferrée reliant Paris à Dijon, au kilomètre 311.

Il devait rendre visite à sa mère résidant à Dijon, mais avait été aperçu par des témoins, dans cette même ville, le 19 février, se débattant dans un véhicule automobile entre deux hommes.

Albert PRINCE dirigeait l'enquête ouverte depuis décembre 1933 dans l'affaire Stavisky, scandale politico-financier mettant en cause un homme d'affaires crapuleux, Alexandre STAVISKY, et de nombreuses personnalités du monde politique et judiciaire.

Alexandre STAVISKY avait été découvert mort le 6 février 1934 dans son chalet de Chamonix. Le suicide était évoqué. De violentes manifestations d'extrême droite avaient eu lieu dans la foulée.

L'inspecteur Pierre BONNY, qui avait pris en charge, onze ans plus tôt, l'affaire Guillaume SEZNEC, menait les investigations dans l'affaire STAVISKY. Or, BONNY, sympathisant radical, interrogeant l'épouse de STAVISKY sur les relations de celui-ci avec le Préfet CHIAPPE, politiquement à droite, et, surtout, en conflit avec l'inspecteur pour divers motifs antérieurs à l'affaire, est mis en difficulté. BONNY est alors rattrappé par une vieille affaire de corruption et frôle la révocation. Il est finalement réintégré dans ses fonctions après avoir retrouvé les chéquiers de STAVISKY.

Albert PRINCE devait remettre au Garde des Sceaux, Henry CHERON (1867-1936), fin février, début mars, un rapport sur les premiers éléments de l'enquête Stavisky.

Or, son cadavre est découvert mutilé à proximité d'une malette ouverte et vide.

L'inspecteur BONNY, fraîchement réintégré, et désormais qualifié de "meilleur policier de France" par le Garde des Sceaux, mène l'enquête sur la mort du magistrat. Il met rapidement en cause trois truands marseillais, Paul Venture CARBONE, François Lydro SPIRITO et Gaëtan DE LUSSATZ, dit "le Baron", incarcérés le 29 mars 1934, puis bénéficiaires d'un non-lieu un mois plus tard.

Le dossier d'instruction sera classé en janvier 1937 et l'affaire PRINCE restera à jamais inexpliquée.

Entre temps, le Garde des Sceaux CHERON a démissionné sous la pression de la rue, le 14 octobre 1934 (information passée sous silence dans Wikipédia, mais relevée sur le site du Sénat), et l'inspecteur BONNY est, quant à lui, finalement révoqué de la Police, le 10 janvier 1935, puis condamné pour corruption, le 30 octobre 1935, à Paris.

En 1941, BONNY rejoint la collaboration parisienne, au 93, rue Lauriston. Un an plus tard, CARBONE et SPIRITO rejoignent pour leur part la collaboration Marseillaise aux côtés de Simon SABIANI.

Exécuté en 1944, BONNY aurait déclaré à son fils qu'il était l'auteur de l'assassinat d'Albert PRINCE, "pour défendre la République" (source: "Mon père l'inspecteur Bonny", par Jacques Bonny, éd. Robert Laffont, 1975).

A défaut de vérité judiciaire, cette curieuse affaire est désormais entrée dans l'histoire.

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21 oct. 2009 - Le 20 février 1934, le magistrat Albert PRINCE, chef de la section financière du Parquet de Paris, est retrouvé mort sur la voie ferrée reliant...

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