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Publié par Philippe Poisson

« Les Apaches » (Un peu d’histoire)
« Les Apaches » (Un peu d’histoire)

1900/1920. Les apaches : Ce vocable désigne : l’escroc, l’escarpe, le rôdeur, le cambrioleur, l’homme qui vit en marge de la société, prêt à toutes les sales besognes.

La paternité du mot «Apache», essentiellement parisien, reviendrait à Arthur Dupin ou peut-être à Victor Morris, tous deux journalistes en 1902. A Marseille, on parle des « Nervis » et à Lyon, des « Kangourous ».

L'expression a tendance à englober la totalité des voyous de la capitale. Pourtant la pègre et les truands, c'est un autre monde, qui s'affiche en costumes, dans les lieux branchés de la capitale.

Les « Apaches » sont jeunes et vivent essentiellement de la prostitution, mais également selon leur âge de vols de plus ou moins grande envergure, du bonneteau (jeu de rue, très vieux tour de magie, « trouvez la fève »), et du meurtre si besoin est…Les plus jeunes avaient 10 ou 11 ans.

Cette jeunesse désœuvrée tente d’échapper aux règles imposées par la société. En 1907, ils sont plusieurs milliers, qui se réunissent en bandes qui portent le nom de leur chef ( la bande à Manda, les Habits Noirs, les Gars de Charonne…). Ces bandes pullulent vers 1900 et se battent souvent entre elles, de Ménilmontant (Ménilmuche), à la Villette, (Villetouse), en passant par Belleville, ou la butte Montmartre.

Les Apaches le soir venu investissent les Quartiers du centre de la capitale : Maubert (La Maube), Montparnasse (Montparno), la rue Mouffetard (La Mouffe), la Bastille (La Bastoche), et les Halles.

Ils sont soucieux de leur honneur, de leur réputation acquise à la « force des poings », les femmes aident et protègent leurs hommes, subissent l’opprobre parce qu’elles ne dissimulent pas leur goût du plaisir et de la fête, n’hésitent pas dans les bals, à provoquer les hommes pour être le sujet d’une bagarre.

Ces amazones urbaines vont et viennent dans les quartiers de Paris et savent tenir leur place au bistrot, ce « salon du pauvre ». Pour leur bande, elles se font guetteuses ou messagères  et certaines manient fort bien le couteau et ne craignent pas la prison.

Pour se distraire, les Apaches fréquentent les fêtes foraines et les bals musette. Ces bals musette attirent un grand nombre d’Apaches et de ce fait, ont mauvaise réputation. Les auvergnats du quartier se sont toujours défendus d’entretenir avec eux le moindre rapport, mais aux yeux des Parisiens, une certaine contamination existait et faisait dire que le XIe arrondissement était peuplé d’auvergnats et mal famé.

Rue de Lappe on compte jusqu'à huit bals ; le plus connu, le "bal à Jo", en est le plus bel exemple.

Certains n’hésitent toutefois pas à venir  « s’encanailler » dans ces mêmes bals musette.

De 1902 à 1907, la presse parle beaucoup des « exploits » des Apaches, la police elle, reste impuissante. Ils sont plus ou moins soutenus par le petit peuple lors des arrestations et ce malgré les attaques, agressions, vols, insultes que les Apaches leur font subir, abrités par des tenanciers de bar, de « maisons », de bouges.

Malgré les mesures prises par la justice, le phénomène ne s’arrête pas. 

La première guerre mondiale en viendra à bout en transformant les Apaches  en « chair à canon » : ils seront en première ligne.

Après 1920, les « Apaches » disparus, les bals musette deviennent moins dangereux.

CASQUE D’OR

De son vrai nom Amélie HELIE, née le 17 juin 1879 à Orléans, figure du monde des Apaches, elle doit son surnom de "Casque d'Or" à une infirmière.

A 13 ans, elle se met en ménage avec un jeune ouvrier de 15 ans, surnommé "le Matelot". L'Hôtel des Trois Empereurs abrite leurs amours. Plus tard, elle abandonne définitivement son jeune amant parce qu'elle trouve que leur amour sombre dans la routine !

Elle rencontre Hélène de la Courtille, qui lui offre l'hospitalité chez elle, rue  Dénoyez, et sa protection sur un coin de trottoir.

On voit les deux femmes partout dans Paris. La belle Hélène emmène Amélie à "la Pomme au Lard", un des points de chute de la pègre ; elle y fait la connaissance de "Bouchon", un souteneur qui vient juste de sortir de prison.

Séduite, elle accepte sa "protection" et continue à se prostituer. Amélie tourne sur le trottoir.

Après nombre de déboires, elle travaille un temps avec un dompteur, a de nombreux amants, finit par se marier et élever quatre enfants et des neveux de son mari.

Elle meurt le 18 avril 1933 et ressuscite en 1951 dans le chef-d'oeuvre de Jacques Becker, sous les traits de Simone Signoret.

www.culturemusette.com/histoire.htm

 

 

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