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Publié par Philippe Poisson

Nous citons en préambule de notre communication au colloque sur le maintien de l’ordre de 1983, une réflexion désabusée de Blanqui : « Le rendez-vous général est à Belle-Île », constatation qui justifiait l’objet même de notre étude : la prison politique de Belle-Île-en-Mer de 1948 à 1858. En conclusion, nous avancions l’hypothèse d’une modification spatiale de l’enfermement à la fin du Second Empire : l’obligation de transporter dans les colonies ceux que ni la justice ni la police n’étaient parvenus à vaincre ou à récupérer sur le territoire continental. À la limite, le bien fondé de cette analyse rendrait illusoire et aberrante l’observation d’une prison française après la commune, alors même que dans l’échelle des pénalités la déportation au bagne calédonien occupait la première place.

Pourtant l’histoire nous a appris depuis longtemps que la mise en place de mécanismes généraux, d’institutions ou d’organismes, fondamentaux à long terme, n’interdit nullement la coexistence, à court ou à moyen terme, d’appareils jugés dépassés. De ce point de vue, la prison de Belle-Île-en-Mer, outre l’impossibilité de transporter tous les condamnés, allait retrouver, avant même l’écrasement des derniers combattants, une partie de la tâche qui avait été la sienne vingt ou dix ans plus tôt. Très précisément, son histoire chronologique se modèlerait sur celle de 1848-1858 : dépôt d’insurgés en avril-mai 1871 comme elle l’avait été après juin 1848, maison de détention à partir de 1872 comme elle le fut dès 1850, elle verrait sa finalité propre se fondre dans l’éparpillement et la contradiction après 1876 comme ce fut le cas après 1855. Une apparente logique du dérapage du système planerait alors au-dessus des vicissitudes de la conjoncture…

Lire la suite de cet article de Jean-Yves Mollier, sur Criminocorpus, la revue.

3 février 2014


 

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