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Publié par Philippe Poisson

Les évadés de Beaune (1791-an V)

Les Archives municipales de Beaune conservent dans leurs fonds un dossier sur les évasions qui ont lieu dans les prisons de la ville de 1791 à l’an XII.

En 1791, une maison d’arrêt est aménagée dans le couvent des Cordeliers. Des procès-verbaux de fracture donnent les détails de ces actes bien réfléchis. Par exemple, le 19 prairal an II (7 juin 1794), le détenu Louis Dollate fait un trou dans le mur des latrines puis descend dans la cour à l’aide d’une couverture. Il se sert d’un échafaud placé contre le mur pour s’évader. Le 5 vendemiaire an IV (27 septembre 1795), Joseph Corbeil coupe une entretoise de sa cage à l’aide d’un instrument tranchant puis retire deux pierres du mur pour sortir dans la cour. Il enlevé une pierre de la voûte de la rivière d’où il s’enfuit.

Les multiples évasions réussies et les tentatives avortées poussent les autorités locales à rechercher des solutions urgentes afin de mettre fin à ces faits. Le juge de paix de Beaune écrit à l’administration communale le 23 floreal an V (12 mai 1797) pour la mettre en garde contre une tentative d’évasion collective dont il a eu connaissance. Un Lyonnais est au centre de ce projet : il doit fournir une scie à des prisonniers qui se libèreront de leurs chaînes et assassineront le concierge avec les boulons de leurs fers. Ils saisiront ses clefs pour ensuite libérer tous les autres prisonniers et s’évader à l’aide de cordes nouées qui auront été lancées par-dessus le mur de la cour. Le juge insiste sur le fait que la soif de liberté des prisonniers peut les conduire à commettre toute sorte d’actes et qu’il est urgent que des travaux soient entrepris car les lieux de détentions sont vulnérables. L’administration départementale, face à ce danger, donne l’autorisation à la municipalité d’aménager l’ancien couvent des Carmélites en maison d’arrêt et de transférer les détenus du couvent des Cordeliers.

Vers une nouvelle prison...

Au cours de la Révolution française, les biens ecclésiastiques sont nationalisés et c’est ainsi que l’ancien couvent des Carmélites est partiellement utilisé comme prison de la ville de Beaune (maison d’arrêt). Cette fonction est assignée au bâtiment le 16 Messidor an 11 (15/07/1803) par le gouvernement de la République (« Le Préfet du département de la Côte d’Or est autorisé à mettre à la disposition de la commune de Beaune le bâtiment des ex-carmélites de cette Ville pour y placer ses prisons, le tribunal de première instance et la gendarmerie nationale »).

En l’an 6 (1797/1798), les boiseries de la maison conventuelle sont vendues. Un plan daté de 1810 montre les bâtiments existants de l’ancien couvent et propose de vastes modifications. En 1812, une barrière est construite entre l’entrée du logement du concierge et l’intérieur de la cour de la prison. En 1814, des travaux de maçonnerie sont nécessaires afin de réparer un mur et d’empêcher les détenus de s’enfuir.

Dès 1818, le sous-préfet de Beaune prévoit une nouvelle maison d’arrêt. En 1830, une nouvelle prison est projetée par l’architecte MACQUET, mais le Conseil Municipal n’est pas disposé à payer pour cette construction. En 1831, une nouvelle rue est ouverte entre la Rue des Buissons et le Jardin de la maison d’arrêt.

En 1832, un autre architecte (Pierre Paul PETIT), propose son propre projet après avoir examiné les plans de MACQUET. Les plans de 1832 prévoient trois étages de cellules. La nouvelle prison est construite sur l’emplacement du couvent des carmélites. Dans les années 1850, une partie des terrains appartenant à l’ancien couvent est vendue.

Un souterrain relie le tribunal à la prison qui a connu des prisonniers célèbres comme Pierrot le Fou. La prison est détruite en 1986 pour faire place à un projet immobilier. Les fouilles de sauvetage ont révélé la présence d’un très important cimetière mérovingien datant des premiers temps du prieuré Saint Etienne.

Crédit photo : Archives municipales de Beaune

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