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Publié par Philippe Poisson

Les bagnes de Guyane semblaient apporter une réponse à la question récurrente : que faire des délinquants? Réponse sans lendemain, car ils ajoutaient à la peine d'emprisonnement un cortège de maladies qui tuèrent les prisonniers par milliers.

Claustration, conditions de travail, sévices divers, climat malsain, insalubrité, moustiques, parasites... Pendant près d'un siècle, les quelque 90 000 forçats condamnés à «l'enfer vert» de la Guyane ont côtoyé, chaque jour, la maladie (sur ces 90 000 personnes, 75 000 environ étaient d'origine française). Des milliers ont été gravement malades, la plupart sont morts.

Dans l'imaginaire colonial, la Guyane est une terre lointaine réputée pour ses fièvres qui, depuis le XVIIe siècle, déciment les esclaves, les colons, les indiens... et les bagnards. Le Directoire innove en choisissant la colonie comme terre d'exil pour les opposants politiques : 331 hommes y sont envoyés, 152 y trouveront la mort, victimes des conditions de vie déplorables. Après l'abolition de l'esclavage, Louis Napoléon Bonaparte, prince-président de la Deuxième République, donne son aval à la déportation de condamnés de droit commun vers la Guyane  : il y voit une façon de remplacer la main-d'Suvre coloniale, composée jusqu'alors d'esclaves, par des prisonniers ; il espère surtout que les bagnards, hommes et femmes relégués, c'est-à-dire libérés des pénitenciers, mais contraints de rester en Guyane pendant plusieurs années, voire jusqu'à la fin de leur vie, s'installeront définitivement sur ce territoire et le coloniseront. Ce faisant, il veut imiter l'implantation des convicts britanniques à Botany Bay, en Australie.

En 1850, survient la première grande épidémie de fièvre jaune. Quatre autres suivront  : 1855-1857, 1873-1874, 1885-1886, et 1902- 1903. Aucune classe sociale n'est épargnée : en 1850-1851, la maladie emporte même le gouverneur de la province et une bonne part de son administration. Les bagnards sont évidemment le plus durement touchés.

La transportation commence dans les années 1820. Les transportés sont des personnes condamnées par la cour d'assises, alors que les déportés sont des prisonniers politiques ou des prêtres réfractaires. Le nombre des condamnés augmentant (961 en 1854, 1 331 en 1855, 1 269 en 1856), on doit trouver de nouveaux sites pour les accueillir et pour vider les bagnes portuaires.

Jusque vers 1860, les camps sont installés dans des zones insalubres de la Guyane : la mortalité annuelle atteignant 40 pour cent, ils sont fermés au bout de quelques années. Les camps de Saint-Georges, de la Montagne d'argent, de La Comté, de Sainte-Marie ou de Saint-Philippe sont fermés au bout d'un an, la mortalité atteignant jusqu'à 60 pour cent.

Au début des années 1860, pour faciliter la «reconversion» des bagnards en colons, des terrains sont concédés à des transportés dans le village de Saint-Laurent-du-Maroni, dans le Nord-Ouest de la Guyane. Le village se transforme peu à peu en ville. L'administration pénitentiaire crée un hôpital, des logements pour les gardiens, des magasins, une chapelle et un pénitencier féminin susceptible d'accueillir 40 femmes et 4 sœurs pour les surveiller. Entre 1859 et 1885, 400 ménages s'installent, mais les rares enfants qui naissent souffrent de dégénérescences. Le médecin du camp note la stérilité des femmes du bagne. En 1903, la transportation des femmes est interdite. L'idée de créer une colonie de ménages de relégués est abandonnée...


Les épidémies aux bagnes de Guyane

PRÉSENCE DE L'HISTOIRE

(Texte intégral) par Stéphane Urbajtel en cliquant sur le lien ci-dessous

http://c.coupin.free.fr/journaux/guyane.html

http://philippepoisson.canalblog.com/archives/2008/12/08/index.html

Les_épidémies_aux_bagnes_de_Guyane

Les épidémies aux bagnes de Guyane
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