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Publié par Philippe Poisson

08/02/2014 - Je me suis laissé dire qu'après la guerre, les fusillés avaient été considérés comme «Morts pour la France», ce qui serait une sorte de réhabilitation. Je ne sais si cela est exact, mais quant à moi, je crois sincèrement que beaucoup de ces malheureux sont effectivement morts pour le pays, car c'est la France qui les a appelés et c'est pour elle qu'ils se sont battus, qu'ils ont souffert là où les menait leur tragique destinée et ce n'est pas un moment de défaillance physique ou morale qui peut effacer leur sacrifice. J'ose m'incliner devant leur mémoire. Jugera qui voudra, à condition d'être passé par là.

(Louis Leleu, brancardier)

Mino Faïta est né en 1944 à Tarente en Italie du sud. D'abord ouvrier-décolleteur, puis enseignant d'histoire et géographie avant d'approfondir ses travaux de recherche concernant particulièrement l'Immigration italienne et la Grande Guerre.

En dehors de ses ouvrages édités au Éditions de l'Astronome, il a par ailleurs publié :

- Les horlogers savoyards, ouvrage relatant l'histoire industrielle de la vallée de l'Arve, de l'horlogerie au décolletage.

- Les Italiens à Cran-Gevrier, toute une histoire !

Il a reçu le "Prix francophone de Poésie Amélie Murat" de la Ville de Clermont-Ferrand pour son recueil Altérités.

Il a aussi contribué aux ouvrages collectifs :

- Vercors des mille chemins,

- Un air d'Italie, la présence italienne en Isère.

- de même qu'au film de Gilles Perret : De mémoire d'ouvriers.

Ses publications sont accompagnées de nombreuses interventions et conférences auprès de Sociétés d'Histoire, dans le milieu scolaire et universitaire.

 

  • Les courts extraits de livres : 08/02/2013
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  •  Riche de plus de 50 000 ouvrages, l'historiographie a traité l'essentiel des thèmes se rapportant à la Grande Guerre. De la diplomatie aux stratégies militaires en passant par la mobilisation de l'économie, des civils et des idées, bien des questions ont été abordées et assez souvent de manière contradictoire. Reste le fonctionnement de la justice militaire en temps de guerre, les dizaines milliers de dossiers qu'elle a eu à traiter, les condamnations à mort et les exécutions qui ont suivi. La question a été longtemps passée sous silence. L'accès à des sources longtemps protégées y est sans doute pour beaucoup. Pourtant, c'est bien de l'intérieur que sont venues les ouvertures. Par Guy Pedroncini, qui a été le premier à évoquer la question en 1968. Une publication pionnière, fondamentale, dont le contenu a suscité à son tour bien des interrogations, a ouvert d'autres débats. A partir des débuts du XXIe siècle, la plus libre consultation des archives militaires a ouvert la voie à d'autres publications qui, à leur tour, ont élargi les horizons.

C'est dans l'urgence d'une retraite massive et inattendue, d'une crise politique obligeant le gouvernement à quitter la capitale pour s'installer à Bordeaux que débute l'action de la justice militaire. Sous la poussée de l'avancée allemande, nombre d'unités de l'armée française reculent dans le désordre, se débandent, hommes de troupes et officiers réunis. A la gravité du moment correspond la violence des conseils de guerre, à moins d'aller encore plus vite en abattant sur place tous ceux qui, de près ou de loin, ressemblent à des fuyards. L'essentiel est de faire de l'exemple, quitte à fabriquer des coupables par tous les moyens, allant jusqu'à creuser des tombes avant la réunion des juridictions militaires ! Pour l'ensemble de la période, et selon les sources, ont été recensées entre 140 000 et 200 000 affaires. A ce jour on compte 2 400 condamnations à mort pour environ 700 exécutions. Des chiffres à minima, susceptibles d'être revus à la hausse et qui ne tiennent pas compte des exécutions sommaires par définition non consignées dans les archives. Avec près de 500 exécutions, les années 1914-1915 sont les plus terribles. Ensuite, la courbe fléchira en attendant les mutineries de 1917.

Cette guerre devait être courte et victorieuse. On sait la suite. La guerre des illusions se termine rapidement et celle des réalités dépasse tout ce qu'on avait imaginé. 360 000 morts pour les cinq premiers mois de 1914 et 362 000 pour toute l'année suivante. Comment arrive-t-on si rapidement à de tels massacres ? Que savent-ils de la guerre ces hommes au moment de revêtir l'uniforme ? Qu'en est-il des stratégies élaborées au plus haut niveau des responsables politiques et militaires ? Pour quels résultats ? Dans un camp comme dans l'autre on était persuadé de fêter Noël à la maison. Or, à la fin de l'année 1914, personne ne rentrera, pas même les centaines de milliers de cadavres ensevelis à la hâte ou jonchant les champs de bataille pour longtemps. A partir de cet instant on s'installe dans la guerre et l'insoutenable devient l'ordinaire. Il faut continuer à se battre et tenir, tout en espérant prochaine la fin de l'horreur. On s'organise pour échapper à la mort. Se multiplient alors les stratégies individuelles ou collectives d'évitement. On ose ensuite la critique du système, de l'inutilité des combats désormais trop visibles. Au printemps 1917 sonne l'heure des refus massifs et son corollaire d'hommes conduits au poteau d'exécution.

Auteur : Mino Faïta  Date de saisie : 21/11/2013  Genre : Histoire  Editeur : Ed. de l'Astronome, Cervens, France  Collection : Témoignages

Auteur : Mino Faïta Date de saisie : 21/11/2013 Genre : Histoire Editeur : Ed. de l'Astronome, Cervens, France Collection : Témoignages

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