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Publié par Philippe Poisson

Crédit photographique Philippe POISSON
Crédit photographique Philippe POISSON

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  La Romieu fût au départ un modeste prieuré fondé par deux moines de retour d'un pèlerinage à Rome, d'où le nom "LARROUMIEU" signifiant en gascon "PELERIN". Cette fondation serait datée de 1062.

   Plus précisément pense-t-on au pèlerin allemand Albert qui, avec un compagnon, serait à l'origine de la localité. Tous deux avaient fait voeux de se rendre à Rome. Après avoir visité la ville sainte et reçu la bénédiction du pape, ils s'en revinrent par la France et traversèrent la Gascogne. Afin de s'adonner entièrement à la prière, ils s'établirent dans un lieu solitaire de la forêt de Firmacon, que leur avait donné le vicomte de Lomagne. La cella fondée par les pèlerins devint rapidement le siège d'un prieuré bénédictin dépendant de St Victor de Marseille. C'est ce qu'indique une charte du 28 mai 1082 par laquelle Odon, vicomte de Lomagne, et sa femme Adélaïde renouvellent solennellement à l'abbaye St Victor de Marseille la donation antérieurement faite au pèlerin Albert. A cette date une localité est en train de se développer à proximité de l'ancien ermitage et la charte énumère les droits, justices et privilèges qui y sont concédés aux moines marseillais.

   Une première église, destinée au prieuré, fut construite sous le vocable de Notre Dame. Elle se trouvait sur la place actuelle du village de La Romieu, à l'ouest de l'église existante, près de la mairie. On la distinguera de la primitive église paroissiale de la localité, dite Saint Jean de la Rouède, dont il subsiste les ruines dans le quartier de Rouède.

   A la suite de dissensions avec le vicomte de Lomagne, l'abbé de Saint Victor se dessaisit des droits qu'il possédait dans la localité de La Romieu, le 12 octobre 1258, en faveur d'Alphonse de Poitiers. A la mort de ce dernier, ces droits passèrent au roi de France avec le comté de Toulouse.

   L'abandon par Saint Victor de Marseille de sa seigneurie sur la ville de La Romieu précéda de peu la vente du prieuré lui-même à un gascon originaire du pays, ayant fait une brillante carrière ecclésiastique et politique : le cardinal Arnaud d'Aux.

   Autour des cellules monacales construites par les pèlerins, s'installèrent les habitants. Cette ville était défendue par une ceinture d'épaisses murailles de 8 à 10 mètres de hauteur. Trois portes -"MIRAMONT" - " ROUÈDE" - "DE LA FONTAINE" y donnaient accès. De nos jours, de ces trois portes, seule celle "de la fontaine" avec son aspect primitif est encore visible.

   Le monument le plus ancien, la première église "SAINT JEAN DE ROUÈDE" fût jusqu'en 2005 le gîte d'étape des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. Il est aujourd'hui fermé.

   Sur la route de Condom, une grande construction est aujourd'hui encore visible : c'est un ancien couvent de Clarisses, l'hopital Saint Jacques. Maison privée.

   Dans le quartier Est (dit "de Miramont"), on trouve la Collégiale et le cloître construits par le Cardinal d'Aux (enfant du village et camérier du Pape Clément V) de 1312 à 1318 avec ses deux tours (clocher et tour octogonale) ainsi que le palais saccagé pendant les guerres de religion.

   Au XIVè siècle, le village prit de l'importance lorsqu'Arnaud d'Aux, haut dignitaire de la Cour Pontificale et enfant du pays, éleva dans le village la Collégiale Saint Pierre (1312-1318) , le cloître et le palais. Il transforma la communauté Bénédictine en un collège de 14 chanoines réguliers, dirigés par un doyen et un sous doyen.

   Il sera pendant cette période Président du Procès des TEMPLIERS. Arnaud d'Aux mourut vers 1321 en Avignon; son corps repose dans un enfeu de la Collégiale.

   En 1569, le village et l'ensemble collégial ont souffert du passage des troupes protestantes de MONTGOMERY. Le cloître fût incendié, les verrières murées.

   Durant la Révolution, en 1790, LA ROMIEU fût chef-lieu de canton.  On brûla une partie des archives ainsi que le jubé qui séparait l'église en deux sections distinctes. L'église romane Notre Dame située sur la place du village fut détruite, donnant la configuration actuelle du centre du village. La collégiale devint église paroissiale.

   Au début du XX è siècle, La Romieu regroupait sur ses 2700 ha environ 850 habitants. On pouvait retrouver tous les corps de métiers nécessaires à cette époque (maréchal ferrant, tonnelier, docteur, cordonnier, charpentier, coiffeur, épicier,...). Les 2 guerres (1914/1918 et 1939/1945) marquèrent la baisse de population.

   De nos jours, la Collégiale et son cloître (classés Monuments Historiques depuis 1901) ont été inscrits au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO depuis 1998. La tour dite "du Cardinal", vestige de l'ancien Palais fût elle aussi classée Monument Historique en 1928.

   Aujourd'hui, modeste village de 550 habitants, dépendant du canton de Condom, La Romieu reste un lieu très authentique, où l'histoire est encore inscrite sur les murs. Dominé par sa collégiale et ses imposantes tours, protégeant sa fontaine gothique, ce village en perpétuelle mutation réalise un parfait équilibre entre hier et demain.

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