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Publié par Philippe Poisson

Jean Stablinski demeure aujourd'hui encore l'un des champions cyclistes français les plus populaires. Orphelin de père à 8 ans, il se destinait naturellement à devenir ouvrier puis mineur dans les puits nordistes. Mais le virus du cyclisme le rattrapa pour ne plus le lâcher. Jusqu'à ses derniers mois, en 2007, il enfourcha inlassablement sa bicyclette.

Stablinski a connu tous les honneurs. Champion du monde sur le difficile circuit de Salo en 1962, il reste aussi le recordman des titres nationaux, avec quatre couronnes acquises entre 1960 et 1964. Mais Jean enleva bien d'autres épreuves comme le Tour d'Espagne, Paris-Bruxelles, l'Amstel Gold Race, le Grand Prix de Francfort, des victoires d'étapes au Tour de France et au Tour d'Italie ou encore le Trofeo Baracchi avec son ami Jacques Anquetil.

Son parcours reste intimement lié à celui du Normand dont il fut le confident durant de nombreuses années.

C'est ce brillant passé et ses derniers combats que Cathy Stablinski, sa fille, et Pascal Sergent, auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire du cyclisme, ont voulu retracer en apportant un témoignage direct sur l'homme et le champion.

Jean Stablinski : une vie extraordinaire

Né le 21 mai 1932 à Thun-Saint-Amand dans le Nord, Jean Stablewski (1) est issu d'une famille polonaise modeste. Arrivé en France en 1924, son père Martin Stablewski, décède en 1940. Au lendemain de la guerre, Jean est obligé d'interrompre ses études pour s'engager dans la zinguerie locale à l'âge de 14 ans. Joueur d'accordéon, c'est à l'Harmonie de Lecelles qu'il rencontre un cycliste qui lui fait découvrir le cyclisme. Contre l'avis de sa mère, il achète un vélo et commence la compétition. Membre du club de la Pédale Thunoise, puis des Écureuils de Saint-Amand-les-Eaux, il enregistre en 1947 une première victoire lors d'une course locale à Gaurain-Ramecroix. Naturalisé français en 1948, il remporte trois victoires, puis six en 1949 et quatorze en 1950 dont l'édition du Grand Prix des Flandres. Quittant la zinguerie pour les mines de Bellaing en 1950, sa carrière de mineur est courte puisqu'il rejoint au bout de trois mois l'école du bâtiment d'Hérin pour y apprendre le métier de cimentier. C'est dans cette période que, dans un article qui lui est consacré dans La Voix des Sports, on orthographie son nom "Stablinski", nom qui restera pendant toute sa carrière de cycliste.

Recruté par les établissements Fortier de Valenciennes, il est contacté en 1952 par le Consul de Pologne pour disputer la "Course de la paix" (Varsovie/Berlin/Prague) et intégrer l'équipe des cyclistes du Nord de la France d'origine polonaise. Rentré vainqueur de deux étapes, il est alors repéré par un dirigeant de l'équipe Gitane-Hutchinson qui lui fait signer un contrat d'aspirant en septembre 1952. Tout en accomplissant ses obligations militaires à Verdun, il multiplie les courses et critériums et s'affirme comme l'un des meilleurs coureurs de sa génération.

Son impressionnant palmarès (participation à 12 Tours de France, 4 Tours d'Italie, 3 Tours d'Espagne, un titre de Champion du Monde en 1962, 4 titres de Champion de France sur route, etc.) en fait l'un des rivaux, puis coéquipier de Jacques Anquetil, lorsqu'il rejoint l'équipe Saint-Raphaël-Helyett-Hutchinson en 1962, dirigée par Raphaël Geminiani. Après un passage dans d'autres équipes professionnelles (Ford et Bic), il terminera sa carrière comme directeur sportif de Mercier (en remplacement d'Antonin Magne), puis de Solonor dans laquelle il fait débuter Lucien Van Impe et Bernard Hinault.

Il s'installe alors comme vendeur de vélos à Valenciennes ; il décède le 22 juillet 2007.

Féru d'accordéon (l'animation de bals et de mariages lui permettait de compléter ses revenus dans sa jeunesse), il incarne l'une des figures du cyclisme de compétition de cette France des Sixties, qui se passionne alors pour les exploits des " forçats de la route", en suivant devant le petit écran les étapes du Tour de France.

Le Conseil régional du Nord - Pas-de-Calais et ses partenaires publics à la demande de la ville de Roubaix décident en 2006, en hommage à Jean Stablinski l'un des champions cyclistes les plus populaires de la Région, la construction d'un nouveau vélodrome à Roubaix qui porte son nom. La construction du "Vélodrome couvert régional Jean Stablinski" a commencé en décembre 2010. Il a ouvert ses portes en septembre 2012 pour accueillir le grand public ainsi que les athlètes de haut niveau dans les domaines du paracyclisme et cyclisme sur piste, du BMX et du badminton.

(1) Biographie issue de l'ouvrage de Cathy Stablinski, Pascal Sergent, Jean Stablinski, Une vie extraordinaire, éd. Alan Sutton, 2010.

cycliste Jean Stablinski - Mémoires de Mines - Fiche Média

biographie - LES AMIS DE JEAN STABLINSKI

LES AMIS DE JEAN STABLINSKI

Jean Stablinski dans le Tour de France

Jean STABLINSKI né le 21 mai 1932 à Thun-St Amand STABLEWSKI de son vrai nom né Polonais, naturalisé Français en 1948 décédé le 22 juillet 2007 au CHU de Lille

Jean STABLINSKI né le 21 mai 1932 à Thun-St Amand STABLEWSKI de son vrai nom né Polonais, naturalisé Français en 1948 décédé le 22 juillet 2007 au CHU de Lille

Dans les pelotons, il était surnommé « le sorcier » ou « le renard » à cause de sa science de la course

Dans les pelotons, il était surnommé « le sorcier » ou « le renard » à cause de sa science de la course

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