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Publié par Philippe Poisson

20/07/2014 - "Que sont devenus ces hommes qui ont suivi Pétain ? Ceux qui se sont engagés avec le régime, dans la fonction publique, l'armée, la police, l'agriculture, dans les entreprises travaillant pour l'Allemagne, dans la presse et l'édition, dans l'Église, à la

Philippe Valode est l'auteur de nombreux ouvrages à succès, parmi lesquels : Les procès des Templiers (de Vecchi, 2006), Les grands traîtres de l'histoire (First) Mensonges et contrevérités de l'Histoire de France (De Vecchi, 2005), Grands procès et grandes affaires (De Vecchi, 2006), et Les Énigmes de la Ve République (First, 2007). Il est également le directeur de la revue Actualités de l'Histoire. Enfin, comme directeur des éditions Trajectoire, c'est un très bon connaisseur de l'ésotérisme et des sociétés secrètes.

 

  • Les courts extraits de livres : 26/07/2014

Que sont devenus les hommes qui ont suivi Pétain ? Ceux qui se sont engagés avec le régime, - dans la fonction publique, l'armée, la police, l'agriculture, dans les entreprises travaillant pour l'Allemagne, dans la presse et l'édition, dans l'Église, à la radio, dans la justice -, dans une politique ardente de lutte contre les juifs et les francs-maçons ?

L'épuration sauvage - sans doute 15 000 tués sans jugement véritable - a permis peut-être à l'épuration légale de s'accomplir plus sereinement. Sur une population de 40 millions d'individus, 300 000 furent convoqués devant les tribunaux dans le cadre d'une justice d'exception. Avec seulement une condamnation sur trois, la France montre une volonté certaine de passer rapidement à la phase de reconstruction. Aucun autre pays européen n'a si peu poursuivi ses collaborateurs.

Ainsi voit-on se dessiner la carte des épurations légales, parfois brutales, parfois clémentes. Au final, de nombreux responsables du régime de Vichy sont parvenus à traverser sans lourds dommages les soubresauts de la Libération. Quelques Français à peine sont encore privés de liberté, seulement dix années après l'entrée du général de Gaulle dans Paris libéré...

Les hommes de Pétain, souvent discrets sur leur parcours entre 1940 et 1944, ont su asseoir leurs carrières politiques, occuper le secteur agricole, poursuivre leurs parcours, littéraires ou artistiques, trouver leur place dans l'enseignement supérieur ou la médecine, gérer leurs entreprises bancaires et d'assurances.

Au-delà de ceux qui ont échappé à toute sanction - que le grand public connaît pour partie -, se dessine la carte sectorielle de ceux qui ont su poursuivre, voire amplifier leurs carrières jusque dans les années 1970-1980. Une carte presque inversée par rapport à celle de l'épuration. Et qui repose assez largement sur l'appartenance à des réseaux relationnels ou institutionnels.

Philippe Valode est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages historiques, parmi lesquels L'histoire de France en 2000 dates (Acropole, 2011). Chez Nouveau Monde éditions, il a publié Hitler et les sociétés secrètes (2009) et Les hommes de Pétain (2010).

 

  • Les courts extraits de livres : 26/07/2014

La France entière (ou presque) a collaboré par conviction, par action ou par omission !

1. Quelques rappels indispensables

Durant deux années, voire deux années et demie, la grande majorité des Français s'est sentie solidaire du régime de Vichy institué le 10 juillet 1940 par le maréchal Philippe Pétain et son féal Pierre Laval. Sont intervenues par la suite des ruptures qui ont conduit certains, en nombre croissant, à délaisser le régime, encore que les voyages printaniers de l'année 1944 du Maréchal en France, Paris compris, aient démontré la permanence d'une certaine popularité du vainqueur de Verdun.

Ces ruptures, chacun les connaît : d'abord le retour de Pierre Laval comme chef du gouvernement en avril 1942. Puis en novembre de cette même année, l'accélération de l'histoire qui permet aux Anglo-Saxons de s'assurer de l'Afrique du Nord française, alors que les Allemands envahissent la zone libre et que, pour échapper à la capture, la flotte de Toulon se saborde. Dès lors l'existence même de l'État français n'est plus qu'illusion. Début février 1943, la capitulation de Paulus à Stalingrad et l'instauration brutale du STO (il faut remplacer les millions de tués de la Wehrmacht dans les usines du Reich), puis l'effroyable défaite des panzers face aux tanks russes à Koursk en juin suivant, font comprendre à beaucoup que les Allemands sont en train de perdre la guerre.

Ces 38,5 millions de Français de l'été 1940 (sur 40 millions dont 1,5 million de prisonniers militaires), qui sont-ils donc ? Le repérage en est percutant : 200 000 femmes qui donneront naissance à 200 000 enfants franco-allemands - voire plus -, des millions (3 ou 4) de citoyens et de citoyennes qui ont écrit des lettres de dénonciation, une armée d'armistice de plus de 500 000 hommes dévouée au régime des deux côtés de la Méditerranée, une Légion française qui rassemble 1,6 million d'anciens combattants, des Chantiers de jeunesse qui vont mobiliser près de 500 000 jeunes (sans compter ceux rassemblés par les Compagnons de France, l'École d'Uriage et l'association Jeune France), près de 200 000 fonctionnaires recrutés par Vichy portant leur nombre à 900 000, 120 000 policiers et gendarmes, des centaines de milliers de travailleurs partis volontairement en Allemagne avant d'y être contraints par le STO, des dizaines de milliers d'ouvriers travaillant pour l'organisation Todt sur le mur de l'Atlantique, enfin, plus tard, 1,4 million de salariés mobilisés sur place dans le cadre des accords Speer-Bichelonne...

Et que fait donc le reste des Français ? Environ 120 000 à 150 000 individus collaborent avec entrain dans la presse, au sein des partis nationalistes fascisants, de la Milice, de la LVF, et même de la SS. Quant aux résistants armés, malgré le grand nombre des organisations, fin 1943, ils ne dépassent pas 40 000, femmes et hommes confondus. Ils sont autour de 50 000 à la fin de l'hiver 1944. Leur nombre explose avec le débarquement des Alliés, le 6 juin 1944. Sans doute l'estimation du Grand Quartier général allié du 11 juillet 1944 n'est-elle pas exacte, mais elle a le mérite d'approcher la réalité du terrain : 405 000 hommes dont seulement 230 000 possèdent une arme. En août, les FFI qui regroupent l'Organisation de résistance de l'armée, l'Armée secrète, les FTP communistes et les FFL gaullistes, rassemblent vraisemblablement 500 000 combattants, à présent presque tous armés.

Auteur : Philippe Valode

Date de saisie : 26/07/2014

Genre : Histoire

Editeur : Nouveau Monde éditions, Paris, France

Collection : Histoire

Le destin des hommes de Pétain de 1945 à nos jours
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