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Publié par Philippe Poisson

9 avril 2010 - "Voir et complimenter l'armée française"... Le 14 Juillet est devenu fête nationale en 1880, et c'est six ans plus tard que le chanteur Paulus lançait ce refrain qui allait devenir dans notre patrimoine national l'évocation populaire et gouailleuse des revues militaires du 14 Juillet. Elles se déroulaient alors sur l'hippodrome de Longchamp et constituaient le sommet de ce que l'on appelait la "Saison de Paris". Depuis, les fastes et la pompe militaires ont beaucoup perdu de leur lustre et de leur éclat, les Champs-Élysées, et parfois la place de la Bastille, ont remplacé Longchamp, mais la tradition a survécu de marquer chaque année la fête nationale par une revue qui permet à la nation d'honorer son armée. Après avoir évoqué les événements du 14 juillet 1789, cet ouvrage relate les revues de l'époque du "brave général" Boulanger à nos défilés contemporains en passant par les parades triomphales et grandioses des 14 juillet 1919 et 1945. À travers photos, documents, témoignages et reportages de journaux d'époque sont évoqués cent trente ans de traditions militaires et républicaines.

Jean-Claude Demory est l'auteur de plusieurs ouvrages parus chez ETAI. Il est directeur de collections historiques aux Editions Hachette Collections et Altipresse et l'auteur chez ETAI de : Routes de chez nous, Profession Pompiers, Essor de la motorisation, du cheval de guerre au cheval vapeur.

 

Extrait

"C'est donc une révolte ? Non, sire, une révolution.

"Rien". Ce bref commentaire est celui que le roi Louis xvi a tracé de sa main sous la date du 14 juillet 1789, un mardi. Puis le roi, qui chaque soir avant de se coucher notait scrupuleusement le compte-rendu de ses activités du jour, a posé sa plume, soufflé sa chandelle et s'est paisiblement endormi. Il a été réveillé le lendemain matin avant l'heure habituelle par le duc de La Rochefoucauld-Liancourt qui, en sa qualité de grand maître de la garde-robe, était autorisé à pénétrer à toute heure chez le souverain. Il était tout bouleversé, le duc, et il lui en apprenait de belles, au roi. Hier, pendant qu'à Versailles il ne se passait rien, les Parisiens étaient en train de prendre la Bastille et de massacrer le gouverneur de Launay ainsi que quelques-uns des invalides et des soldats suisses du régiment de Salis-Samade qui formaient la petite garnison de la forteresse. C'est alors que se place le dialogue fameux : Le roi : "Mais c'est donc une révolte !" Le duc : "Non, Sire, c'est une révolution." Il faudrait rendre hommage à la clairvoyance, à l'extrême lucidité du duc de La Rochefoucauld-Liancourt qui avait tout de suite diagnostiqué la gravité de la situation, si seulement l'authenticité de cet échange, digne des meilleures répliques de Sacha Guitry, n'était entachée de quelques sérieux doutes.

En revanche, la nouvelle annoncée par le duc était on ne peut plus vraie. Les Parisiens s'étaient bel et bien emparés de la Bastille dans laquelle ils voyaient le symbole de l'absolutisme royal.

Pour perpétuer le souvenir de cette journée, les Français ont voulu faire du 14 Juillet leur fête nationale. Et puisque cet ouvrage est destiné à évoquer certains aspects de ladite fête, il n'est peut-être pas inutile de rappeler les causes et le déroulement des tragiques événements qui en sont à l'origine.

"Voir et complimenter l'armée française"...  Les Revues du 14 juillet
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