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Publié par Philippe Poisson

Nous sommes le 20 juin 1824. Antoine Léger, âgé de 28 ans, décide de quitter la maison familiale de Saint-Martin-Brétencourt (Yvelines) afin de vivre en ermite.

Après une nuit passée dans une auberge d’Étampes, il se dirige vers la forêt de la Ferté-Alais. Il vit grâce à des vols d’artichaut commis dans des fermes alentour. Il chasse également des lapins, qu’il dévore crus.

Il a élu domicile dans une grotte, dans les roches de la Charbonnière, près de la commune de Cerny.

Le 10 août 1824 à 16h00, Aimée-Constance Debully, âgée de 13 ans, quitte sa ferme de la Ferté-Alais et se rend au bois de Bondiveau pour aller ébourgeonner des plans de vigne. Toute guillerette, elle s’installe avec sa serpette et commence à travailler. C’est alors qu’elle va croiser la route du monstre…

Ce jour là, Antoine Léger est affamé. Il n’a pas mangé depuis plusieurs jours. Il erre dans les alentours à la recherche de pommes. A la vue de la jeune fille, il est pris d’une irrépressible pulsion… il n’a alors qu’une idée en tête : la dévorer.

Personne dans les environs… il est seul avec elle. Il se glisse discrètement derrière elle et l’étrangle d’un coup sec avec un mouchoir et regagne la forêt avec sa victime sur le dos. Antoine est en transe. Il viole la fillette, découpe ses parties intimes et les mange, arrache son cœur et le suce… Il récupère même le sang qui coule à flot, pour le boire.

Ill emporte le corps dans la grotte, l’ensevelit sous le sable, en bloque l’accès et quitte les lieux.

Pendant cinq jours, des battues sont organisées. Le 16 août, les villageois de Cerny découvrent le repaire du meurtrier. Ils en dégagent l’accès puis entrent dans la grotte. Une odeur nauséabonde se fait alors sentir. Ils découvrent le cadavre d’Aimée-Constance.

Entre temps, le 12 août, un garde-forestier du canton a arrêté un homme marginal pour vagabondage. L’homme divague et a des propos incohérents. Il l’amène au commissariat.

En prison, Antoine Léger raconte sa vie dans la forêt. Son récit permet aux gendarmes de faire le lien entre lui et la fillette. Après avoir nié les faits, il finit par avouer.

Son procès s’ouvre à Versailles le 23 novembre 1824. Après délibération du jury, qui retiennent toutes les charges, sauf la démence, Antoine Léger est condamné à la peine de mort. Il écoute sa sentence sans montrer la moindre émotion.

Le 1er décembre 1824 à midi, Antoine Léger passe sous la guillotine.

Après l’exécution, le corps du criminel est autopsié. Les médecins découvriront une malformation entre son cerveau et ses méninges, et que sa folie remontait à plusieurs années… C’est à ce moment là que se pose alors la question de l’aliénation mentale des criminels.

Antoine Léger, le cannibale de Cerny | Blog Etre Présent

 

Antoine Léger, violeur et anthropophage

Sodomie, meurtre, anthropophagie. Le crime perpétré par Antoine Léger le conduit, en 1824, à la guillotine. Mais provoque, après l'affaire, un questionnement nouveau sur la folie homicide.

Si l'horreur criminelle traverse les âges, sa réception et son traitement social, tout comme les implications culturelles de sa compréhension, connaissent d'importantes variations. La fin de la Restauration marque dans ce domaine un moment fondamental d'inflexion dont témoigne l'affaire Antoine Léger en 1824. Alors que les hypothèses classiques situaient jusque-là le crime dans l'espace du péché, pour la première fois peut-être des médecins en proposent une lecture neuve et font d'un acte monstrueux, parce qu'il semble échapper à la logique rationnelle, le produit d'un trouble de l'esprit1 [...]

Antoine Léger, violeur et anthropophage

Antoine Léger, violeur et anthropophage

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