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Publié par Philippe Poisson

 ... Nul ne sait alors quel fonctionnaire girondin ou autre conçoit l’idée de faire racheter le château par la puissance publique afin de l’aménager ensuite en prison pour femmes ?  Le préfet est favorable au projet, transmet la proposition au  ministre de la Justice, pair de France Laisné  qui se trouve être un Girondin et ancien président du district de Cadillac. L’affaire est vite conclue, le 24 février 1818 une ordonnance royale paraît autorisant l’achat du château. La vente aura lieu effectivement en septembre 1818. Cette acquisition par l’Etat entrait en concordance avec celle de la politique des comportements et des mentalités : « …La société pour l’amélioration des prisons est née en 1818 sous la Restauration- La philosophie des Lumières mécontente, à tout le moins insatisfaite de la Création avait entrepris de réformer la nature humaine – nos prisons sont l’œuvre de la philosophie émancipatrice du XVIII ème siècle… » (Chronique de Guy Poulon. Conseiller à la Cour de Paris, ancien magistrat de l’Administration pénitentiaire, parue dans la Gazette du Palais du 31 octobre 1976).

L’architecte bordelais PA  Poitevin va avoir pour mission de réaménager tous les espaces, à tous les niveaux pour répondre aux exigences  carcérales. Tous les appartements vont avoir leurs ouvertures occultées et vont être transformés en infirmerie, chapelle et dortoirs. Les sous-sol seront dévolus aux réfectoires et aux cachots, les ailes en retour abriteront l’une l’administration pénitentiaire, l’autre les ateliers de travail pour ces « filles perdues » soumises à l’abandon, la perte d’identité, la déchéance et à une règle pénitentiaire de travail forcé, de silence, de prière obligée et d’absence d’espoir en l’avenir, cela avec des conditions matérielles et sanitaires déplorables. Par exemple, il semble qu’il n’y ait que sept lieux d’aisances alors que trois cent soixante femmes vont être installées dans cette prison en 1922.   Le chiffre sera de quatre cent soixante dix huit en 1884, l’effectif étant fonction des décisions de justice prises selon le temps politique ambiant !

Le règlement de fonctionnement de la prison établi le 28 mars 1822, stipule les règles de vie des détenues :

« Au premier coup de cloche du matin, les détenues se lèveront et s’habilleront en silence,  elles secoueront leurs effets du coucher et les dresseront, ensuite  chaque détenue se tiendra debout au pied de son lit pour répondre à l’appel et participer à la prière qui sera récitée par celle que le directeur désignera dans chaque dortoir. Au second coup de cloche, les détenues sortiront des dortoirs et feront le service de propreté selon l’ordre et les besoin de l’établissement ensuite elles se rendront dans les ateliers.  Lorsque la dernière cloche du soir sonnera, les détenus se rendront en bon ordre et en silence dans les dortoirs, chacune debout devant son lit répondra à l’appel et entendra la prière après quoi elles se coucheront. Les dortoirs fermés le plus grand silence doit régner, celles qui se permettront de parler, de chanter ou crier seront punies. Il ne sera permis d’appeler qu’en cas de maladie. L’heure du lever est fixé à quatre heures en été, six en hiver. L’heure du coucher est fixée à neuf heures, elle doit coïncider avec le service. » ...

Le Château de Cadillac | Cahiers de l'entre-deux mers

Le Château de Cadillac - « Maison Centrale de force et de correction pour femmes »
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