Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Philippe Poisson

La légende napoléonienne a fait de la police impériale une institution d'une redoutable efficacité. Pour des raisons opposées, la légende noire a propagé le mythe d'un régime arbitraire tout-puissant, dominé par la figure machiavélique de Fouché. Attention aux idées reçues! Avec ses fichiers et ses réseaux d'agents secrets, la police de Napoléon est avant tout une énorme machine, dont les lenteurs et les carences ont parfois des conséquences dramatiques.

Figure émaciée, teint pâle, lèvres minces, regard voilé par de lourdes paupières : Joseph Fouché, ministre de la Police napoléonienne, a su se créer un personnage légendaire. La fascination qu'il exerce sur ses contemporains explique sa réputation de policier omniscient. Même Balzac s'y laisse prendre, lorsqu'il écrit : « Fouché se réservait une grande partie des secrets qu'il surprenait et se ménageait sur les personnes un pouvoir supérieur à celui de Bonaparte. » La police impériale fut-elle aussi efficace que l'auteur d'Une Ténébreuse Affaire semble le penser ? Et, au- [...]

Les secrets de la police impériale

Les Gendarmes de Napoléon : La Gendarmerie de 1791 à 1815

par Yves Moerman

La gendarmerie nationale a remplacé en décembre 1790 la vieille maréchaussée royale. Elle a pour tâche le maintien de l’ordre sur le territoire national. Aux heures sombres de la Révolution, l’appartenance à la gendarmerie est bien davantage fonction des allégeances politiques que des compétences. Aussi Bonaparte s’empresse-t-il d’épurer le corps de ceux "ayant contracté des habitudes vicieuses et contraires au bien du service" avant de la réorganiser en juillet 1801. Chaque département possède une compagnie divisionnaire divisée en brigades à cheval et à pied, composées chacune d’un sous-officier et de quatre hommes. Quatre départements forment une légion sous les ordres d’un colonel. L’objectif de Bonaparte est de faire de la gendarmerie "un corps autonome, mobile, libre d’agir avec la promptitude et le secret de l’organisation militaire". Un inspecteur général est placé à la tête de ce corps. Dépendant des ministres de la Police, de la Guerre et de la Justice, il jouit, en fait, d’une très large autonomie. C’est au général Radet que Bonaparte confie d’abord cette fonction, puis il le place, en décembre 1802, sous les ordres du futur maréchal Moncey, qui prend le titre de premier inspecteur général de la gendarmerie. Napoléon utilise le service de renseignements constitué par ce corps pour contrebalancer le pouvoir de Fouché, ministre de la Police. Il écrira en 1806 : "C’est la manière la plus efficace de maintenir la tranquillité d’un pays, et c’est une surveillance moitié civile, moitié militaire, répandue sur toute la surface, qui donne les rapports les plus précis".

Gendarmerie impériale, par Alfred de Marbot

Gendarmerie impériale, par Alfred de Marbot

Commenter cet article