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Publié par Philippe Poisson

Retrouvée sauvagement assassinée, la prostituée Polly Nichols est la première victime du plus célèbre tueur en série de tous les temps.

Nuit du 31 août 1888. Nous sommes dans le quartier sordide de Whitechapel, il fait un froid à ne pas mettre une pute dehors... À croire que l'hiver s'est trompé de saison. Des éclairs ne cessent de zébrer le ciel. Un smog aussi épais qu'un pudding de Noël empêche d'y voir à plus de dix mètres. Au fond de son lit, le prince Charles se presse peureusement contre le flanc de Camilla... Dans ces bas-fonds londoniens où même Beigbeder hésiterait à s'aventurer, un homme tire une petite charrette. Il s'agit de Charles Cross, lequel recherche un client désireux de faire transporter sa marchandise. À 3 h 40, la lueur blafarde de sa lampe éclaire le corps d'une femme gisant sur le sol, morte. Il s'arrête, effaré, fait signe à un autre charretier qui passe par là de s'approcher de la femme qui a les jupes relevées. Pourtant, il n'y a aucun Sofitel dans les parages... Du sang, partout. Le visage et les mains sont froids ; en revanche, les jambes sont encore chaudes. Elle a dû avoir un malaise, une attaque, se disent les deux charretiers. L'autre, dénommé Robert, pense même qu'elle respire encore.

Ils remettent ses vêtements en place, question de dignité. Il ne s'agit pas d'une future Miss France... En courant donner l'alerte, ils tombent sur le policier Jonas Mizen, qui les suit à toute allure, sa lampe à la main. Devant le cadavre, ils trouvent un autre policier, John Neil, arrivé entre-temps. Alerté par le bruit, le légiste Rees Ralph Llewellyn, logeant à proximité, accourt. Il atteste que la femme est bel et bien morte une trentaine de minutes plus tôt, mais certainement pas à la suite d'un malaise. Le Dr House applaudit devant tant d'expertise. C'est un meurtre d'une horreur sans nom. Selon le légiste, la victime a expiré quasi immédiatement après un coup de lame porté à la gorge. Sa langue a été lacérée, il lui manque cinq dents et elle présente de multiples contusions à la mâchoire, probablement dues à des coups de poing. Son cou est doublement incisé d'une oreille à l'autre, probablement avec un scalpel ou un couteau tranchant. Un vrai travail de chirurgien ou de boucher méticuleux. Le bas de son abdomen est gravement mutilé. De profondes blessures entourent ses organes génitaux, laissant penser, à première vue, que le meurtrier est gaucher. Autant de détails bientôt relatés par le Times, dont la lecture déclenche une vague de terreur dans le quartier. Personne n'a rien vu, personne n'a rien entendu. Cela s'est pourtant passé sous les fenêtres de la veuve Green, qui raconte s'être couchée vers onze heures du soir et, malgré un sommeil léger, n'avoir été réveillée que par l'arrivée de la police. Ses voisins d'en face, les Purkiss, n'en savent pas davantage...

La première victime de Jack l'Eventreur. © DR

La première victime de Jack l'Eventreur. © DR

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