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Publié par Philippe Poisson

ŒOeuvrer à la mise en valeur des territoires conquis ; amender les criminels : c'est au XVIIIe siècle qu'en Angleterre d'abord puis dans toute l'Europe les bagnes se multiplient dans les colonies.

Éloigner les indésirables est un vieux réflexe, qui appartient de longue date à l'arsenal des peines. Les Athéniens frappaient d'ostracisme les citoyens soupçonnés d'aspirer au pouvoir personnel, la République romaine proscrivait ses opposants et les sociétés médiévales eurent largement recours au bannissement. Les galères, dont la longue histoire croise jusqu'au XVIIIe siècle celle des États occidentaux, étaient plus efficaces encore puisqu'elles mettaient au travail ceux dont on voulait se débarrasser.

Mais l'essor des empires coloniaux modernes modifia profondément le phénomène. Si le souci d'exclure demeurait dominant, la colonisation l'assortit de deux idées neuves : oeuvrer au peuplement et à la mise en valeur des territoires nouvellement conquis ; tenter d'amender, voire de régénérer les criminels en leur offrant la possibilité d'un nouveau départ. Les bagnes coloniaux sont nés de la convergence de ces deux utopies. Les premières expériences ont donc lieu assez tôt, en phase avec les rythmes et la chronologie de la colonisation.

Le royaume du Portugal est ainsi le premier à organiser, dès le début du XVIe siècle, la transportation de centaines de « degredados » (criminels, prostituées, hérétiques, gitans) vers ses comptoirs de Sao Tomé, du Cap-Vert, d'Angola ou du Brésil1. En France, dès 1540, le roi François Ier envoie au Canada des convois de criminels et de prostituées. En 1557, son successeur Henri II fait de même en Corse. En Angleterre ou en Russie, on réfléchit dès les mêmes années à l'exil forcé des indésirables et aux meilleures façons d'exploiter leur force de travail ...

Tour du monde des bagnes coloniaux

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