Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Philippe Poisson

Jean Jaurès (1859-1914), député, chef du parti socialiste S.F.I.O., ardent défenseur d’Alfred Dreyfus, fondateur de la Ligue des Droits de l’homme, du journal L’Humanité, mena une vigoureuse campagne contre la loi des Trois ans de service militaire. En 1913, Il vient au Pré Saint-Gervais et participe à deux meetings.

Jean Jaurès (1859-1914), député, chef du parti socialiste S.F.I.O., ardent défenseur d’Alfred Dreyfus, fondateur de la Ligue des Droits de l’homme, du journal L’Humanité, mena une vigoureuse campagne contre la loi des Trois ans de service militaire. En 1913, Il vient au Pré Saint-Gervais et participe à deux meetings.

Jaurès ne fut pas seulement le plus grand leader socialiste de son temps. A travers ses combats, en faveur de Dreyfus, de la liberté de la presse ou de l'abolition de la peine de mort, il nous a légué quelques belles leçons de politique.

 

L'entrée dans un cycle commémoratif, où le souvenir du « Grand Jaurès » (Max Gallo), assassiné le 31 juillet 1914, sera mêlé à celui de la Grande Guerre, doit être l'occasion de sortir de la légende pour aller vers l'histoire. Depuis cent ans, en effet, la figure de Jaurès appartient au mythe ; mythe du combat contre une guerre pourtant inéluctable, mythe du socialisme humain dans un siècle de tyrannie des idéologies, mythe enfin du « grand disparu » dont la gauche française resterait orpheline.

Figure héroïque en France, mais aussi en Europe et dans le monde, il nourrit les imaginaires politiques et populaires. L'homme n'a laissé indifférent aucun des grands noms de son époque - Ferry, Clemenceau, Briand, Zola, Dreyfus - et a inspiré des politiques aussi divers que Trotski, Blum, Mendès France, de Gaulle ou Mitterrand. Les écrivains comme Martin du Gard ou Aragon s'en sont inspirés et les artistes l'ont chanté tel Jacques Brel en 1977.

La force du mythe a rendu difficile l'écriture d'une histoire non hagiographique. Il a fallu attendre 1962 pour qu'aux États-Unis soit conçue la première biographie scientifique de Jaurès. Harvey Goldberg y rendait compte du combat de Jaurès pour l'unité du socialisme français et international. La naissance de la SFIO en 1905 fut en effet un moment historique, fruit d'un long travail de Jaurès et de compromis parfois mal compris jusque parmi ses plus proches (cf. Michel Winock, p. 46).

Cependant Jaurès n'est pas uniquement un modèle d'homme de gauche, contrairement à ce qu'a voulu laisser croire l'historiographie socialiste, mais l'un des fondateurs de la politique moderne, celle qui, se dégageant des seules logiques de pouvoir et de domination, défend une souveraineté des idées, du courage, des combats nécessaires.

Jaurès n'est pas né socialiste. Jusqu'à l'âge de 34 ans, ses combats, il les a livrés en tant que député républicain et surtout comme avocat obstiné des droits de l'homme. Ces premières années, loin d'être anecdotiques ou régressives dans une vision militante de la vie de Jaurès, sont décisives. « Le socialisme, c'était précisément pour lui la justice »1, a rappelé Pierre Mendès France lors de son hommage du 20 juin 1959 pour le centenaire de sa naissance, soulignant que l'essentiel des engagements de Jaurès fut davantage dirigé vers la démocratisation de la république que mobilisé pour la victoire du socialisme...

La justice avant tout !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article