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Publié par Philippe Poisson

C'est finalement le Front populaire qui met fin à la transportation par un décret loi de juin 1938. Le bagne est devenu une affaire coloniale. Mais le dernier retour ne se fera qu'en août 1953.

Le rapatriement des derniers forçats, en 1953, matérialisait la fin du bagne ; il était l'aboutissement d'un long et chaotique processus amorcé en 1923 par le reportage d'Albert Londres sur le bagne de Guyane.

Jusqu'alors les écrits publiés en librairie et dans des revues spécialisées n'avaient pas débordé le cercle des professionnels, médecins, juristes ou responsables administratifs. Ainsi La Colonisation de la Guyane par la transportation, étude du docteur Orgéas parue dans les Archives de médecine navale, en 1883 ; Forçats et proscrits de Paul [...]

La longue marche de l'abolition

Bien plus que l’histoire de bagne, déjà largement connue, c’est la vie d’un homme qui apparaît ici. Né en Algérie, fils d’un fonctionnaire civil de l’Administration pénitentiaire coloniale en poste à « la Nouvelle », puis lui-même fonctionnaire civil de cette même administration en Guyane, Albert Ubaud est le héros de cet ouvrage. Fasciné par les beautés de la Nouvelle-Calédonie quittée en 1908, captivé par sa découverte de la Guyane où il a vécu de 1926 à 1943, il a pris des notes, photographié, dessiné, peint tout ce qui le captivait ou le surprenait. Il notait dans le privé de ses archives « l’exotisme » colonial dans lequel il évoluait ; il décrivait ses relations avec les populations locales, et ses rapports avec ses collègues et ses supérieurs ; il s’insurgeait devant la misère des anciens condamnés, il croquait d’une phrase ou d’un trait les singularités de sa vie de « nomade » et « d’exilé volontaires ». Revenu en métropole au moment de sa retraite, il reprend la masse de ses observations, les organise, les corrige, les travaille jusqu’à la fin de sa vie. De ce long retour sur son passé, de ce voyage à rebours dans le temps et les espaces autrefois connus, il nous reste les pages attachantes ou curieuses qui ont été reprises ici, et qui montrent un Ubaud dont le cœur et l’esprit sont restés ancrés dans les terres lointaines où il a vécu. La trame de ce passé colonial, le structurant et le légitiment, reste l’univers du bagne avec sa cohorte de fonctionnaires – dont son père et lui-même ont fait partie –, les rouages de son administration, ses bâtiments, ses condamnés inconnus ou célèbres et tout le fourmillement d’une institution pénale puissante.

L’auteure s’est efforcée de replacer les situations et les faits dépeints dans leur contexte, historique tout en laissant la première place à la sensibilité et aux opinions d’Ubaud sur un monde colonial et pénal désormais disparus.

Histoire, Danielle Donet-Vincent

Il était une fois le bagne colonial - Vie d'un fonctionnaire de l'administration pénitentiaire entre

Le 1er Août 1953, les derniers témoins, Bagnards libérés ou Surveillants, rentraient en France sur le "San matteo", ainsi prenait fin dans une quasi indifférence générale, une aventure pénale unique, de prés de cent ans...

Le 1er Août 1953, les derniers témoins, Bagnards libérés ou Surveillants, rentraient en France sur le "San matteo", ainsi prenait fin dans une quasi indifférence générale, une aventure pénale unique, de prés de cent ans...

" ...  N'est-il pas à la fois présomptueux et téméraire de chercher à réécrire une histoire des bagnes de Guyane ? Tant de choses ont été dites sur le sujet, qui vont du meilleur au pire, qu'il y a sans doute, outre cela, une part d'obstination dans ce cheminement sur les traces d'un mode de punir resté inscrit dans le droit français pendant près d'un siècle.

  Au-delà des motivations et curiosités personnelles, il s'avère, en réalité, que des documents inédits sur cette page de notre système punitif existent encore, et que nous les avons exploités ici pour la première fois.

  En effet, les archives de la Compagnie de Jésus, dûment répertoriées par Sylvie Clair comme pouvant contenir des documents se rapportant à la transportation en Guyane, n'avaient jamais été ouvertes lorsqu'il avait été question du bagne. Nous pouvons nous interroger sur cet oubli qui s'apparente à une mise à l'écart, alors que les Jésuites ont été les seuls aumôniers exclusifs de la transportation, et qu'ils ont été, à ce titre, partie intégrante de la mise en place puis du fonctionnement de cette peine. La prise en compte, pour la première fois, de ces archives inédites, nous a permis de restituer à l'histoire du bagne de Guyane une dimension dont elle avait été totalement amputée jusqu'ici ..."

De soleil et de silences - Histoire des bagnes de Guyane

http://storage.canalblog.com/17/09/534743/32520312.pdf

La longue marche de l'abolition du bagne
La longue marche de l'abolition du bagne
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