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Publié par Philippe Poisson

  L'île possède plusieurs monuments de Vauban, à Saint-Martin-de-Ré( inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO). L'enceinte et ses deux portes, ainsi que la citadelle, furent construites par Vauban pour se protéger des Anglais. La citadelle est modifiée à trois reprises en 1793, 1848 et 1875. A partir de 1873, elle est transformée en prison, regroupant les prisonniers en partance pour le bagne. Depuis la disparition de ce dernier, elle est devenue centre pénitencier, c'est là que fut incarcéré Dreyfus et plus récemment Papillon.

L'île possède plusieurs monuments de Vauban, à Saint-Martin-de-Ré( inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO). L'enceinte et ses deux portes, ainsi que la citadelle, furent construites par Vauban pour se protéger des Anglais. La citadelle est modifiée à trois reprises en 1793, 1848 et 1875. A partir de 1873, elle est transformée en prison, regroupant les prisonniers en partance pour le bagne. Depuis la disparition de ce dernier, elle est devenue centre pénitencier, c'est là que fut incarcéré Dreyfus et plus récemment Papillon.

La grande masse de la forteresse vauban, sur l’ile de ré, est silencieuse. En son sein, pourtant, la plus vaste population de détenus en france. Condamnés et plaisanciers cohabitent sur cette île autrefois d’exil ; les uns le temps d’un été, les autres le temps d’une longue peine. Entre les deux, des murs, certes, mais aussi un entrelacs d’échanges divers… et tus.

L’île de Ré est connue pour ses cieux lumineux et ses couchers de soleil sur les marais, ses plages de sable fin et ses petits ports charmants, ses villages coquets aux maisons blanches et ses venelles fleuries de roses trémières. « Ré la blanche » tire sa notoriété de ce pittoresque de bord de mer. Mais il pourrait s’agir là d’un simulacre ; un décor de théâtre monté pour cacher en coulisses une autre réalité, moins brillante, plus sombre.

Ce simulacre, cette apparence qui se donne à voir pour la réalité, en cache un autre : la citadelle de Saint-Martin, la « capitale » de Ré, en plein cœur de l’île. En arrivant par la mer ou par la route, le regard est capté par une citadelle, imposante masse architecturale flanquée, à deux cents mètres environ, de celle d’une grosse caserne. Toutes deux font une avec les remparts qui protègent la ville. Cet ensemble fut conçu par Vauban pour défendre l’île face aux incursions des Anglais et servir de refuge à tous les îliens en cas d’attaque ennemie. La citadelle et la caserne se voient de loin, puisque l’une des deux seules entrées pour accéder au bourg fortifié, le plus animé et le plus beau, dit-on, de toute l’île, longe le haut mur entourant la caserne et passe à moins de trente mètres de la citadelle. De près, le regard ne peut non plus les ignorer : promenades et pistes cyclables ont été aménagées à leurs pieds. Une signalisation, du reste, invite les touristes à faire un détour par la citadelle, « ce fleuron de l’architecture militaire du XVIIème siècle ». Mais, comme beaucoup de ces grandes constructions militaires qui ne servirent jamais à la guerre, elle fut seulement employée aux fins d’enfermement. Aussi a-t-elle vu passer révolutionnaires, royalistes, prêtres réfractaires, opposants à Napoléon et soldats qui lui restèrent fidèles et, plus tard, Communards. Puis, préférée à Toulon, elle accueillit, à partir de 1873, les criminels condamnés aux travaux forcés (décret du 31 mai 1852) ainsi que les relégués, les criminels et les délinquants récidivistes (loi du 27 mai 1885), ensuite transportés dans les bagnes de Guyane. Mais il n’y eut jamais de bagne dans l’île de Ré ; seulement un petit dépôt, tenu par une trentaine de fonctionnaires, recevant deux fois par an pendant une vingtaine de jours des bagnards en partance pour Cayenne. L’apparence sensible de la citadelle tire de sa vocation d’enfermement son nom de « bagne », donné à voir pour la réalité. Mais une réalité historique, de musée, renvoyant au passé, à l’époque où la civilisation se débarrassait outre-mer de ses criminels, « des individus gangrenés qui infestent nos rues et nos jardins public », selon les expressions utilisées à la Chambre des députés au cours des débats préparatoires à la loi de 1885 sur la relégation [1]...

 

Le grand secret de l'île de Ré - Vacarme

www.vacarme.org/article1534.html

2 juil. 2003 - Le grand secret de l'île de Ré. par Jean-Marie Renouard. La grande masse de la forteresse vauban, sur l'ile de ré, est silencieuse. En son sein ...

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