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Publié par Philippe Poisson

Sur la rive droite du Maroni, Saint-Laurent est la « capitale » du bagne. Chaque forçat doit y trouver sa place, selon le travail qu'il effectue et le rôle qu'il tient dans cette société à part. Mais pour tous, c'est une vie à la fois dérisoire et tragique.

Dans l'entrepont du navire La Loire de 1902 à 1915 puis du Martinière de 1921 à 1938, la première sensation qu'éprouvent les forçats en approchant des côtes guyannaises est la chaleur et la moiteur de l'air. Le dernier jour de traversée, on aperçoit, à travers les hublots fermés, la mince ligne verte de la forêt amazonienne avant que le navire ne s'ancre aux îles du Salut au temps du Loire et à Saint-Laurent-du-Maroni lorsque le Martinière, de moindre tirant d'eau, put y accéder en remontant le fleuve à trente kilomètres de son [...]

Vivre et survivre au Maroni

  • 1  La Terre de la Grande Punition est le titre du livre de Michel PIERRE, paru aux éditions Ramsay, en(...)

2 Les transports outre-mer des condamnés avaient commencé très tôt, dès le XVIe siècle : envoi de populations au Canada, en Louisiane ; il faut rappeler la sombre affaire de l’hécatombe de la population de Kourou en Guyane, au milieu du XVIIIe siècle. Ces transports servaient cependant à peupler les colonies plus qu’à réprimer et punir.

3 La Guyane apparut très tôt comme une terre choisie pour se débarrasser de personnes indésirables en métropole. C’est la Révolution qui y envoya les premiers déportés politiques.

4 Les ports restèrent jusqu’au milieu du XIXe siècle le lieu d’enfermement des condamnés. On se servit de l’Algérie pour les insurgés de 1851. Dès 1852, cependant, la priorité fut donnée à Cayenne ; les bagnes des ports fermèrent alors progressivement : Rochefort en 1852, Brest en 1858, Toulon en 1873. L’envoi dans cette terre lointaine présentait un double avantage par rapport aux ports : la disparition, sans retour possible, de la population dangereuse, le remplacement, avantageux pour la mise en valeur d’une colonie qui ne voulait pas démarrer, des esclaves libérés en 1848 par une autre main-d’œuvre aussi peu coûteuse.

Vivre et survivre au Maroni par Michel Pierre

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