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Publié par Philippe Poisson

L’État républicain et ses délinquants. Police et justice face à la « jeunesse irrégulière » de la Seine durant la crise des années 1930 (Olivier Golliard)

Soutenance de la thèse d’Olivier Golliard, L’État républicain et ses délinquants. Police et justice face à la « jeunesse irrégulière » de la Seine durant la crise des années 1930, sous la co-direction de Jean-Noël Luc, professeur d’histoire Paris-Sorbonne, et Jean-Claude Farcy, ancien chargé de recherches au CNRS.

Paris-Sorbonne, 21 novembre 2014.

Membres du jury : Florence Bourillon, professeur d’histoire, Université Paris Est-Créteil, Jean-Claude Caron, professeur d’histoire, Université de Clermont-Ferrand, Jean-Claude Farcy, ancien chargé de recherche au CNRS, Jean-Noël Luc, professeur d’histoire Paris-Sorbonne, Marc Renneville, directeur de recherche au CNRS.

(Le Petit Parisien, 1er mai 1931)

Position de thèse

Chaque jour, la police municipale parisienne arrête son lot de jeunes délinquants. Entre 1930 et 1939, ces mineurs âgés de moins de 21 ans ont la chance de bénéficier d’un regard plus indulgent de la part des autorités policière et judiciaire. En effet, après la loi du 22 juillet 1912 instaurant les Tribunaux pour enfants et adolescents (TEA), la prise en charge de la petite délinquance est guidée par un maître-mot : la protection. Depuis 1914, date d’application de la loi de 1912, les deux mâchoires de l’étau punitif que sont les services de police et le TEA de la Seine doivent réorganiser leur action auprès de ce public. C’est en se penchant sur les petites infractions dont ces jeunes délinquants sont les auteurs que l’historien peut rendre compte de l’application de cette loi novatrice, alors même que la crise fait son œuvre. Après plus de 15 ans d’expérience, sa prise en charge est soumise au défi des années 1930. Centrée sur l’acte délinquant et ses significations plutôt que sur le traitement de la délinquance, cette recherche a pour objectif une analyse en amont du traitement pénal.

De l’interpellation dans la rue par les gardiens de la paix à la présentation devant les juges du TEA, l’objectif est de mesurer la façon dont les forces de l’ordre et les magistrats prennent en charge les mineurs qui ont enfreint le Code pénal dans une période troublée par la crise sociale et marquée par une forte instabilité politique. Derrière cette problématique générale se posent différentes questions : celle de la recrudescence ou non de la délinquance juvénile alors que le chômage produit quotidiennement précarité et pauvreté au sein des familles, celle du lien entre un vaste territoire urbain et les pratiques délinquantes, celle enfin de la capacité de l’État républicain à assurer dans une phase de pénurie budgétaire l’assistance aux mineurs mis en cause, celle des relations des jeunes délinquants au monde des adultes...

L'État républicain et ses délinquants. Police et justice face à l

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