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Publié par Philippe Poisson

L'Abolition une série TV de avec Charles Berling, Laurence Cordier
L'Abolition une série TV de avec Charles Berling, Laurence Cordier
L'Abolition une série TV de avec Charles Berling, Laurence Cordier

L'Abolition une série TV de avec Charles Berling, Laurence Cordier

Septembre 1971 : à la centrale de Clairvaux, un gardien et une infirmière sont tués après avoir été pris en otages par les détenus Claude Buffet et Robert Bontems...

Extrait de l'Abolition, avec Charles Berling - Vidéo Dailymotion

L'abolition Jean-Daniel Verhaeghe La plaidoirie - YouTube

 

Fils d'un médecin et d'une enseignante, Charles Berling se produit au sein de la troupe de son lycée de Toulon avant de suivre une formation de comédien à l'Insas de Bruxelles. S'il se consacre essentiellement au théâtre dans les années 80 - en particulier dans le cadre du TNS dirigé par Jean-Louis Martinelli -, il fait sa première apparition à l'écran en 1982 dans Meurtres à domicile. Par la suite, on le remarque en fils rongé par le ressentiment dans Petits arrangements avec les morts, prem... Lire la suite

"L 'Abolition" : Charles Berling exceptionnel dans le rôle de Badinter

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Dans un livre bref, au ton personnel, le comédien évoque la figure originale de sa mère, du Maroc à Toulon en passant par Tahiti. Deux coeurs mis à nu dans Aujourd'hui, maman est morte.

Souvent les comédiens écrivent très bien. Ecrire s'apprend en lisant. En apprenant de grands textes, en se confrontant à de grands maîtres de la littérature. De Shakespeare à Fassbinder, Charles Berling a traversé des chefs d'oeuvre, des univers singuliers. L'ancien des Mirabelles qui co-dirige aujourd'hui avec son frère aîné Philippe le théâtre de Toulon, évoque dans ce récit bref et d'une sincérité troublante, Louis René des Forêts dont il incarna Le Bavard dans de mémorables soirées du festival d'Avignon. Au Collège d'Annecy, croisant Alain Cuny, l'écoutant à la dérobée parfois. Le Bavard était mis en scène par Michel Dumoulin il y a bien des années, l'écrivain était encore vivant et parlait volontiers de son ancêtre marin...

C'est à Albert Camus que Charles Berling emprunte son titre. On sait qu'il s'agit de la première phrase de L'Etranger. Paradoxalement, c'est à faire, littéralement, revivre sa mère que s'emploie Charles Berling. Dire sa vérité, raconter sa vie, révéler le secret, l'un des secrets de cette vie.

Elle s'est éteinte le 8 mai 2004. Le fils, l'un des fils, la saisit par l'écriture. Trois garçons, trois filles (1), dans la famille Berling. Le récit tresse deux fils, celui du récit du narrateur, Charles Berling, celui qui raconte l'enfance, la jeunesse de Nadia, sa mère. Les deux fils se recouvrent lorsque cette mère en vient à parler à ce fils de sa vie d'autrefois...mais sans aller jusqu'à la révélation sur laquelle se clôt le livre et vers laquelle il est tout entier tendu.

Tombeau de ma mère pourrait dire Charles Berling. Il livre beaucoup de la vie des siens. Sans aucune pudeur parfois, jusqu'à gêner le lecteur réservé qui ne veut pas pénétrer dans l'intimité d'êtres qui ont vécu et qu'il n'a pas connus...Ainsi sur son père, médecin militaire dans la navale. Mais on prend l'indiscrétion sur les pratiques du vieil homme, veuf, comme une vengeance oedipienne...

Il parle de ses frères, de ses soeurs. De la tribu. Des voyages. Des voitures. Il parle du petit garçon qu'il fut, pieds nus sur le sable noir de Tahiti. Il parle de son métier. Il ne détaille à aucun moment la manière dont lui, la star de la famille, le plus connu des Berling, s'est construit. Là dessus, silence.  

En bandeau du livre, la photographie d'une petite fille avec une coiffure à la Zazie, un beau visage tendre et volontaire à la fois. Elle pose fusil sur les genoux, à côté de dépouilles d'animaux. Un sanglier plus gros qu'elle...Non, elle n'a pas pu le tuer, tout de même ! Quel âge a-t-elle ?

Et bien oui, pourtant, Nadia enfant, adolescente, chassait. Avec son père, le garagiste de Meknès. Là où elle passa son enfance. Dans le Maroc du protectorat. Près de sa mère, femme de tête, mais aussi d'amour on le comprend à la fin. Auprès de Kaddour aussi, si proche de chacun et qui surgit, des années et des années après alors qu'on enterre Nadia.

On ne va pas tout vous raconter. On ne va pas ici dissiper la substance bouleversante et belle de ce livre. Il faut le lire. Il se lit agréablement. Il est expérience unique et expérience que fait tout enfant lorsque la jeunesse de sa mère revient illuminer ses jours et jeter ses ombres.

Un beau livre qui fait aimer Nadia, sa vie, sa mère, son mari, ses enfants et son secret. Une vie de femme dans le milieu du XXème siècle, une femme superbe et désespérée. Et lorsque Charles Berling se glisse dans le vison qui a été pour toute une génération le symbole d'un certain bonheur, lorsqu'enfin il comprend ce qu'il doit à l'Afrique du Nord, aux terres ocres qu'aima Delacroix, on se dit que c'est cela aussi qui fait qu'il n'est pas un comédien comme les autres. Double et tourmenté, avide de travail, actif jusqu'à l'épuisement, l'oubli.

 

1. Charles note, et on aurait dû lui faire remarquer, qu'on ne prenait pas la pilule dans les années 50-60 dans son milieu. Cela n'existait pas, la pilule, Charles. A peine la méthode Ogino !

Aujourd'hui, maman est morte, récit, Flammarion 17€. Avec Sophie Blandinières.

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