Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Philippe Poisson

Baron Charles Delaitre, général d'Empire : Cavalier de la Garde des Mameloucks aux Lanciers de Berg

Premier ouvrage entièrement dédié au lieutenant général baron Charles Delaître, cette biographie s'efforce de rendre à la mémoire collective un personnage au patronyme peu connu dont les états de service forcent pourtant l'admiration et le respect.

Le 21 janvier 1804, désigné pour faire des Mameloucks une unité opérationnelle, le capitaine Delaître fait la brillante démonstration de sa réussite en culbutant à Austerlitz les terribles chevaliers-gardes du tsar Alexandre. La satisfaction de l'Empereur est telle qu'en récompense de ce haut fait d'armes, il reçoit personnellement ses épaulettes de chef d'escadrons et, événement rarissime, sa compagnie une aigle et un guidon.

Le 6 avril 1807, Napoléon lui confie une nouvelle mission délicate à Varsovie : monter de toutes pièces et dans les délais les plus brefs un régiment de chevau-légers polonais. Surmontant les nombreux obstacles qui entravent l'exécution du projet, le major Delaître relève le défi et obtient sa consécration à Somosierra de la bouche même de son maître : «Vous êtes digne de ma Vieille Garde, je vous reconnais pour ma plus brave cavalerie !»

Les 27 et 28 novembre 1812, lors des combats sur la Bérézina, la division Partouneaux et la 30e brigade de cavalerie du général Delaître qui lui est attachée doivent conduire une action de diversion destinée à attirer l'attention des Russes sur Borisov. Maintenues trop longtemps en arrière-garde, ces unités sont sacrifiées par l'Empereur pour permettre au maréchal Victor de tenir la tête de pont à Studianka et à la Grande Armée de franchir le fleuve.

Né en 1958, le lieutenant-colonel Fabrice Delaître est issu de l'École militaire inter armes (EMIA), promotion «Lieutenant Henri Leclerc de Hauteclocque» (1982-1983) et sert actuellement dans l'OTAN. Diplômé de l'École d'état-major, il a notamment occupé le poste de commandant en second du 3e régiment du génie de Charleville-Mézières et a passé une grande partie de sa carrière à l'étranger, tant en Europe, en Afrique qu'au Proche-Orient.

 

Extrait du prologue : Aperçu de carrière sous le Consulat et l'Empire

Troisième fils de la famille, Charles Delaitre naît le 13 janvier 1776 dans le «petit hôtel Bretonvilliers», situé dans la rue qui porte son nom, en plein coeur de Paris. On baptise l'enfant le jour même, à deux pas de là, en l'église Saint-Louis en l'Ile. Il reçoit le prénom de son père, Bernard, et ceux de son parrain : Charles Antoine Le Jeune Dutillard, ancien commissaire des guerres. C'est peut-être sous l'influence de ce dernier qu'il se découvrira plus tard une vocation militaire.

À cette époque, Louis XVI règne depuis deux ans seulement et la France domine l'Europe par l'importance de ses richesses économiques et démogra­phiques. Les temps sont paisibles et la guerre paraît bien lointaine. Les futurs Etats-Unis voteront, le 4 juillet prochain, leur célèbre «Déclaration d'indépendance», alors que La Fayette embarquera pour le nouveau monde l'année suivante. Pourtant, sans le savoir, le royaume de France s'apprête à vivre les dernières années de l'Ancien Régime car il porte déjà en lui le germe des désordres qui vont bientôt bouleverser son paysage politique et social.

Conséquences tragiques de la Révolution, la chute du Roi, puis son exécution en 1793, vont précipiter les événements en déclenchant l'hostilité générale des monarques du vieux continent. Désormais, leurs armées n'auront de cesse de se coaliser pour venir à bout de cette France régicide, puis de «l'usurpateur» qui va en prendre la tête. C'est dans le cadre de cet empire naissant, qui rompt lui aussi avec les traditions politiques françaises, que Napoléon va offrir une occasion unique à toute une génération de jeunes gens, à laquelle Charles Delaître appartient, d'écrire, dans les rangs de la Grande Armée, l'une des plus belles pages de l'Histoire de France.

  • Éditeur : L'Esprit du Livre Éditions (9 octobre 2008)
  • Collection : Histoire & Mémoires combattantes

Commenter cet article