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Publié par Philippe Poisson

Condamné au bagne à perpétuité - Le Populaire du Centre -
Condamné au bagne à perpétuité - Le Populaire du Centre -
Condamné au bagne à perpétuité - Le Populaire du Centre -

Condamné au bagne à perpétuité - Le Populaire du Centre -

Justine, une écolière creusoise de 12 ans, est violée et tuée. Son corps découpé en morceaux est donné à manger aux cochons. Un employé de ferme de Mérinchal est condamné au bagne en 1870. Était-il le coupable ?

Ce lundi 6 mars 1865, un drame particulièrement horrible est commis dans la région creusoise de Mérinchal.

Vers 7 heures, la petite Justine, 12 ans, quitte son village de Marnière pour aller à pied à l’école communale de Mérinchal, à plusieurs kilomètres de là.

Elle a l’habitude de faire le chemin avec une amie qui habite à proximité, au village de Pruny. Ce jour-là, elle est malade. Justine continue donc toute seule sur le grand chemin qui relie Crocq à Mérinchal. Elle emprunte ensuite le sentier de la fontaine Saint-Pierre qui passe au-dessus du château de La Mothe.

Il la frappe au visage puis la viole

Un homme est là. Il l’entraîne à l’intérieur d’une remise appartenant au château, la frappe au visage, puis la viole.

Étourdie, Justine parvient pourtant à s’enfuir. Elle profite de l’épais brouillard pour se cacher. Fou de rage, son agresseur se lance à sa poursuite. Il la rattrape au Buisson du Cardinal. Armé d’un objet tranchant, il lui assène des coups, encore des coups. Justine succombe. L’homme poursuit dans sa démence : il découpe le cadavre et donne des morceaux à manger aux cochons du village de Pruny. Le village où son amie malade est alitée.

Son corps mutilé

Le soir venu, les parents de Justine sont très inquiets. Ils partent à sa recherche, en vain. Le lendemain matin ils donnent l’alerte. Le corps horriblement mutilé de leur enfant est retrouvé dans un champ de genêts.

L’enquête des gendarmes s’oriente en direction d’un marchand ambulant italien aperçu le jour du drame près de Mérinchal.

L’homme est interpellé dans le Puy-de-Dôme, au Montel-de-Gelat.

Le soir même, bien qu’il clame son innocence, il est écroué à la maison d’arrêt d’Aubusson. Des habitants proches du lieu du meurtre apportent cependant des témoignages qui orientent la maréchaussée dans une toute autre direction.

Des vêtements tachés de sang sont découverts sur un domestique du domaine de La Mothe. Interrogé, il avoue qu’il devait les faire disparaître sur ordre de sa patronne. Le marchand italien est aussitôt relâché. L’enquête avance rapidement. Le fils de la famille propriétaire du château est interpellé mais pas écroué. Reconnu aliéné mental, il est considéré par la loi comme irresponsable de ses actes. L’affaire n’est pas finie. Ses proches, une famille qui a pignon sur rue, sont poursuivis pour recel de cadavre. Le 30 janvier 1866, le principal suspect se noie dans les eaux marécageuses de l’étang de Mérinchal.

Les membres de sa famille utilisent leur fortune et leurs connaissances pour retarder le plus possible leur comparution devant le tribunal d’Aubusson. Pire, à force de « persuasion », ils parviennent à faire accuser l’un de leurs employés.

Procès très rapide

Le jeudi 3 décembre 1868, le pauvre bougre est interpellé et écroué à Aubusson. Mais le nouveau coupable parvient à s’enfuir et à se cacher dans la campagne. Un mois plus tard il est repris et, cette fois-ci, transféré à la prison de Guéret dans l’attente de son procès. Le 19 avril 1869, il comparaît devant les assises de la Creuse pour attentats à la pudeur, vols qualifiés et crime à l’encontre de la petite Justine.

Au cours de l’audience son ancien maître le charge en parlant d’un employé rustre et violent. Le procès ne dure qu’une journée. Dans la soirée le verdict tombe : reconnu coupable de viol sans circonstances atténuantes, il est condamné à dix ans de travaux forcés. Les jurés ne se sont pas prononcés sur le meurtre de Justine. Renvoyé en préventive à la prison de Guéret, il s’en évade. Repris un mois plus tard, il est transféré au bagne de Toulon avant d’être ramené dans la Creuse pour sa deuxième comparution. Il s’évade de nouveau et trouve refuge auprès des habitants de Mérinchal intimement persuadés de son innocence. Le préfet ayant promis une prime de 50 francs à toute personne qui donnerait des informations sur le forçat en cavale, il finit par être arrêté.

Le 7 avril 1870, la cour d’assises de la Creuse se réunit une nouvelle fois. Reconnu cette fois coupable du crime de Justine, il est condamné à vingt ans de travaux forcés qui s’ajoutent aux dix ans.

En mai 1870, l’employé de ferme est finalement déporté au bagne de Cayenne en Guyanne. Après vingt et un ans passés en « enfer », il y décède. Pour autant, était-il l’assassin de Justine ? - Bernard Gilles

Remerciements. À Paul Colmar, aux éditions de La Veytizou et à Bernard Chevalier, auteur de Crimes en Creuse et ailleurs et de Crimes et châtiments en Creuse.

Condamné au bagne à perpétuité - Le Populaire du Centre

www.lepopulaire.fr › Limousin › Creuse › Mérinchal

8 oct. 2012 - ... est donné à manger aux cochons. Un employé de ferme de Mérinchal est condamné au bagne en 1870. ... Le soir venu, les parents de Justine sont très inquiets. Ils partent à sa recherche, en v

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