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Publié par Philippe Poisson

Le Temps des aveux est un film de Régis Wargnier avec Raphaël Personnaz, Kompheak Phoeung
Le Temps des aveux est un film de Régis Wargnier avec Raphaël Personnaz, Kompheak Phoeung
Le Temps des aveux est un film de Régis Wargnier avec Raphaël Personnaz, Kompheak Phoeung
Le Temps des aveux est un film de Régis Wargnier avec Raphaël Personnaz, Kompheak Phoeung

Le Temps des aveux est un film de Régis Wargnier avec Raphaël Personnaz, Kompheak Phoeung

Régis Wargnier adapte pour le cinéma "Le Portail", le roman autobiographique de François Bizot, cet anthropologue français enlevé en 1971 au Cambodge par les Khmers Rouges. Un film avec Raphaël Personnaz à ne pas manquer dès cette semaine dans les salles.

La révolution khmère rouge au Cambodge est la toile de fond du nouveau film réalisé par Régis Wargnier, Le Temps des aveux. Ce grand passionné de l'Asie du sud-est revient avec un sujet fort, celui de François Bizot, un anthropologue français arbitrairement arrêté en 1971 et accusé par les révolutionnaires d'être un agent de la CIA. Il est alors retenu prisonnier dans un camp de rééducation dirigé par un jeune fonctionnaire quoi s'avérera être Kang Kek Ieu, tristement connu sous le surnom de Douch, l'un des tortionnaire du régime khmer rouge.

Contrairement à Indochine, œuvre pleine de lyrisme et de romanesque, Régis Wargnier, en adaptant le livre de François Bizot, a laissé de côté tout le décorum, pour se concentrer sur l'épreuve humaine, sur ce qu'a enduré cet homme qui aurait pu à tout moment trouver la mort dans ce camp. Caméra à l'épaule, le cinéaste se débarrasse de toutes les fioritures qu'on aurait pu imaginer pour livrer une mise en scène d'une sobriété rare et bienvenue. Cette histoire vraie et terrible, qui laisse entrevoir les prémices du génocide cambodgien, happe le spectateur avec son réalisme saisissant sans toutefois le noyer dans un flot d'émotion.

Parmi les nombreux atouts de film, on retrouve un Raphaël Personnaz plus investi que jamais dans ce rôle fort et marquant. L'acteur n'a pas hésité à se fondre parmi les Cambodgiens pour capturer l'essence même du pays, sa philosophie. Le résultat est tout simplement bluffant. On assiste à un tournant dans la carrière de l'acteur de 33 ans, qui prend peut-être une envergure jamais encore atteinte malgré une filmographie intéressante.

Pour incarner le geôlier de Personnaz, Régis Wargnier a décidé de faire confiance à un acteur non-professionnel, Kompeach Phoeung, qui a la particularité de bien connaître cette période trouble de l'histoire cambodgienne pour avoir été le traducteur du Douch pendant son procès au Tribunal pénal international. Fort de cette expérience, il campe avec justesse et discernement un personnage complexe lui apportant même un degré d'humanité qu'on ne pourrait soupçonner.

Tourné dans la continuité, Le Temps des aveux prend parfois des allures de reportages. Au-delà de ça, il est un vibrant témoignage sur une page de l'histoire du Cambodge.

Le Temps des aveux : poignant et d'un réalisme saisissant ...

Le Temps des aveux Bande-annonce VF - AlloCiné

Raphaël Personnaz : "L' Affaire SK1" - Le blog de Philippe ...

philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/2014/12/l-affaire-sk1.html

Il y a 1 jour - L' Affaire SK1 est un film de Frédéric Tellier avec Raphaël ... Publié par Philippe Poisson ... Raphaël Personnaz : "L' Affaire SK1".

"Le Portail", le roman autobiographique de François Bizot

"Le Portail", le roman autobiographique de François Bizot

Incroyable témoignage que celui de François Bizot, ethnologue installé au Cambodge dans les années 1960 pour y étudier les différents rites bouddhiques, qui fut au cœur de l’ascension au pouvoir des Khmers rouges.

Le récit débute en 1975. Il est arrêté avec ses deux assistants, dénoncé par un habitant du village reculé où il se rendait pour ses recherches. Les mains ligotées, les yeux bandés, on les emmène dans un camp de prisonniers enfouis dans le maquis dont ils ignorent l’emplacement. C’est le camp M.13, dirigé par Douch, dans lequel Bizot restera 3 mois, séparé de ses acolytes, accusé à tort d’être un espion de la CIA.

La sublime introduction nous plonge dans l’atmosphère maussade et désabusée du livre, transcendée par l’écriture éblouissante de l’auteur, qui nous élève et nous force à l’humilité.

Au delà de la terrible réalité des faits (il sera le seul survivant du camp, tous les autres prisonniers seront assassinés à coups de gourdin), Bizot nous relate les impressions furtives de sa mémoire sensible, décrivant telle ou telle caractéristique d’un visage pour mieux nous en transmettre la personnalité, attentif à tous les détails.

On accompagne le calvaire du prisonnier en tremblant de froid avec lui la nuit et de peur durant les interminables journées, humides de larmes et de la moiteur étouffante de la jungle des Cardamomes.

Sa plume parle à tous nos sens, les passages les plus touchants étant ceux où sa détresse est dépassée lorsqu’il s’arrête sur l’observation de la couleur d’une branche de flamboyant, la sensation de bien être éprouvée lors de son premier bain dans la rivière, l’odeur de la soupe de poulet qu’il offre à tous les prisonniers la veille de sa libération.

Ce dernier repas qui précède pour Bizot non pas la mort mais une nouvelle vie fut pour moi la scène la plus émouvante. Rien n’est dit, tout est dans la retenue, la reconnaissance transparait dans les regards, seuls les bruits de succions traversent le silence de cette sérénité éphémère. J’ai eu en tête les images du dîner des moines du film « Des hommes et des dieux », dernier instant de réjouissance et de volupté avant l’irrémédiable.

Son témoignage est aussi celui de sa relation avec son célèbre geôlier, qu’il évoque avec une grande noblesse d’esprit. Malgré les injustices et les massacres auxquels Douch est associé, François Bizot nous dépeint un homme idéaliste, investi corps et âme dans une cause qu’il estime juste, celle du communisme et de la solidarité de son peuple. Même si un lien de confiance s’était peu à peu créé entre les deux hommes, Douch ayant lutté contre sa hiérarchie, risquant sa place et sa vie, pour sauver celle de Bizot, il n’excuse et ne justifie jamais son ancien tortionnaire. Douch est un homme avec un passé et des faiblesses, il n’est pas un monstre. En aucun cas Bizot ne nous présente une vision manichéenne de la vie.

Lorsqu’il retourne au Cambodge en 1988, il visite le musée du génocide khmer, l’ancien lycée Tuol Sleng, et découvre le portrait de son gardien, représenté là pour avoir torturé et détruit (mot utilisé par les khmers pour signifier « assassiner ») plus de 20 000 personnes. Voici ce que François Bizot écrit à ce propos, et qui tiendra lieu de conclusion à ma petite critique : « Je cite souvent Tzvetan Todorov, qui avance, au rebours de la sagesse populaire, qu’essayer de comprendre ce n’est pas nécessairement pardonner. Doit-on se contenter de répéter à jamais que les crimes contre l’homme sont inoubliables ? Inexcusables ? Impardonnables ?… Il serait plus utile de commencer par apprendre à se méfier de nous-mêmes. Pas seulement des autres. «

http://mylittlecritiques.wordpress.com/page/4/

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