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Publié par Philippe Poisson

Surnommée "Quart de Vichy" : l’intrépide Hélène Dutrieu
Surnommée "Quart de Vichy" : l’intrépide Hélène Dutrieu
Surnommée "Quart de Vichy" : l’intrépide Hélène Dutrieu
Surnommée "Quart de Vichy" : l’intrépide Hélène Dutrieu
Surnommée "Quart de Vichy" : l’intrépide Hélène Dutrieu

Il fallait une sacrée personnalité pour devenir aviatrice au début du siècle dernier. D’Élise Deroche, la toute première, à Amelia Earhart, la plus célèbre, embarquement aux côtés de femmes d’exception, les pionnières du ciel. Par Marc Branchu

Élise Deroche, Harriet Quimby, Bessie Coleman… Leurs noms ne vous disent certainement rien. Seul celui d’Amelia Earhart a échappé à l’oubli. Une injustice. Au début du XXe siècle, ces femmes marquèrent l’histoire de l’aviation de leur empreinte. Dans le sillage des suffragettes britanniques, elles donnèrent des ailes à l’émancipation de la femme. Bravant le machisme ambiant, écueil alors aussi fréquent que la mécanique défaillante. «L’aviation n’est pas un sport pour femmes, assurait un journaliste à l’époque. Ce n’est même pas encore un sport pour hommes. C’est à peine si c’est un sport pour oiseaux.» Le préjugé eut la vie dure. Celles qui s’imposèrent furent de fortes personnalités, des esprits indépendants qui trouvèrent dans l’avion l’allié idéal pour s’affranchir à la fois des conventions et de la pesanteur.

Les apparences étaient trompeuses. Frêle et jolie, la Belge Hélène Dutrieu était une battante, une sportive. Cycliste d’abord, discipline dans laquelle elle remporta trophée sur trophée avant de se produire en spectacle à Paris. Au programme, son fameux «saut de la mort» : prise d’élan sur un tremplin en arc de cercle puis réception 15 mètres plus haut sur une plate-forme. D’abord en vélo, puis en moto. Pas assez périlleux pour l’intrépide Hélène. L’aviation assouvit sa soif d’adrénaline. Brevetée en 1910, elle vola comme elle avait pédalé : en championne, enchaînant les records de distance et de vitesse. Après un accident de la route, elle mit brusquement fin à sa carrière de pilote et devint femme de presse.

 

Hélène Dutrieu La premiëre femme pilote belge
http://www.rosadoc.be

Hélène Dutrieu est née à Tournai le 10/7/1877. Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur ses premières années, excepté qu'elle était la fille d'un officier de l’armée belge.

A l'age de 14 ans elle doit déjà gagner sa vie. Étant très sportive, elle fait du vélo et gagne le championnat mondial de vitesse sur piste à Ostende, aussi bien en 1897 qu'en 1898. Ses amis et connaissances l'appellent 'La flèche humaine'.

Après ses prestations, elle utilise ses aptitudes sportives pour donner des représentation sensationnelles dans un music hall.

En 1908 elle est contactée par l'usine Clément Bayard avec une proposition d’être la première pilote sur un nouvel avion extra léger, la Demoiselle.

Son premier vol ne dure que quelques secondes et se termine dans une grande flaque d'eau avec un avion complètement détruit… (l'instruction qu'elle avait reçue avant de voler était vraiment minimale).

Apparemment cette première expérience ne lui a pas fait peur, bien au contraire. Elle apprend vraiment à voler, d'abord avec l"a Demoiselle", puis avec un biplan de Roger Sommer. Quand elle fait un crash avec ce dernier avion contre une cheminée à Odessa, elle ne reçoit plus de nouvel avion pour participer à une semaine aérienne en Champagne en juillet 1910.

Elle doit donc chercher un autre appareil. Finalement elle parvient à trouver un avion Farman sans moteur et, par après, un moteur du type Gnùme, ce qui lui permet de continuer ces exploits aériens.

En 1910, la Belgique connaît ses premiers meetings aériens, et Hélène Dutrieu brille comme unique femme parmi les participants lors de son premier meeting au Kiewit à Hasselt.

Le 25 novembre 1910 elle reçoit le premier brevet aérien belge attribué à une femme avec le numéro le 27, ce qui veut dire que 26 hommes avaient obtenu un brevet avant elle. Au niveau mondial elle est la deuxième femme, après la baronne de Laroche, une française.

Le 22 décembre 1910, en France, elle gagne la coupe Fémina, ainsi qu'en 1911. Elle gagne beaucoup d'autres prix et est invitée à des meetings aériens à l’étranger: en Italie, Pays Bas, Angleterre et les États Unis.

Quand la première guerre mondiale commence elle a déjà arrêté de voler. A la demande du général Février elle prend la direction des ambulances de l’Hôpital Messimi, avant de devenir directrice de l’hôpital de campagne à Val-de Grâce.

Après la guerre elle devient journaliste et se marie en 1922 avec l'homme de lettres Pierre Mortier.

Bien qu'elle ait des liens très forts avec la France depuis 1914, elle n'oublie pas la Belgique: en 1956 elle crée un prix franco-belge "Hélène", réservé aux pilotes féminines françaises et belges.

Hélène Dutrieu, appelée 'Quart de Vichy' par ses amis à cause de sa petite stature, meurt le 26 juin 1961 à Paris, après une vie fascinante pleine de changements, vie ou son courage et sa sportivité étaient apprécies autant que son sens de l'humour.

RED KITE on Vimeo

Hélène Dutrieu au Touquet - YouTube

L'HOMME DANS LES CONDITIONS EXTREMES / France Inter

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