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Publié par Philippe Poisson

Les archives départementales (ici le directeur, Stéphane Capot) viennent tout juste de débuter de montage d'une exposition, qui sera dévoilée courant novembre./ Photo S. Bo. -
Les archives départementales (ici le directeur, Stéphane Capot) viennent tout juste de débuter de montage d'une exposition, qui sera dévoilée courant novembre./ Photo S. Bo. -

Les archives départementales (ici le directeur, Stéphane Capot) viennent tout juste de débuter de montage d'une exposition, qui sera dévoilée courant novembre./ Photo S. Bo. -

Un livre référence sur la Libération du Lot-et-Garonne - Une exposition est actuellement montée aux archives départementales. Elle sera ouverte au public en novembre, accompagnée d'un livre inédit sur la Libération.

Nous poursuivons aujourd'hui notre série d'articles sur la Libération d'Agen, qui sera commémorée le 19 août. Après les archives municipales hier, plein feu désormais sur les archives départementales, très sollicitées en 2014, une année en «4».

Les services historiques du conseil général ont en effet dû travailler cette année sur trois dates anniversaires: 1914, et le début de la Première Guerre mondiale; 1944, et la Libération du Lot-et-Garonne; 1954, et la fin de la guerre d'Indochine qui sera suivie par la création du centre de réfugiés de Sainte-Livrade.

S'agissant des événements de l'été 1944, les archives départementales préparent une opération mémorielle importante, avec la présentation en novembre d'une exposition et la publication d'un livre inédit.

Plus de 250 documents et objets

«Il a fallu faire un choix en termes de calendrier commémoratif, explique Stéphane Capot, directeur des archives départementales. Août était déjà bien chargé, avec la déclaration de la Première Guerre mondiale. Et ce mois-ci comme en septembre, nous présentons une exposition sur les réfugiés d'Indochine au CAFI de Sainte-Livrade.»

Afin d'éviter la confusion entre les périodes historiques, le mois de novembre a donc été préféré pour la présentation du matériau commémoratif de l'été 1944. «Ce n'est pas plus mal, ajoute Stéphane Capot. Nous arriverons en synthèse de tout ce qui aura été fait en août, et nous serons bien en phase avec le calendrier scolaire. Les élèves de 3e visiteront cette exposition au moment où ils aborderont en classe la Seconde Guerre mondiale.»

C'est donc en novembre que sera inaugurée cette exposition sur la Libération, dans le hall et dans la salle du centre historique des archives départementales (place de Verdun à Agen). Plus de 250 documents et objets seront visibles, ce jusqu'à février 2015.

Elle sera soutenue par une publication, qui nécessite aujourd'hui un important travail de rédaction – lui-même fruit d'une intense recherche historique –, ce qui explique aussi sa sortie en novembre.

Intitulé «Eté 1944, la Libération du Lot-et-Garonne et de la Gironde rattachée», cet ouvrage qui comptera 160 pages sera publié aux éditions Privat.

«Caution scientifique»

«Comme l'exposition, le livre présentera des documents inédits, qui correspondent par exemple à de nouveaux dépôts aux archives départementales, poursuit M. Capot, par exemple des dossiers d'anciens combattants versés par l'Onac. Ce livre rassemble plusieurs contributions, mais il est coordonné par trois auteurs principaux, spécialistes de la Seconde Guerre mondiale en Lot-et-Garonne : Pascal de Toffoli, Jean-Pierre Koscielniak et Philippe Souleau. Ils travaillent sur cet ouvrage depuis septembre dernier.»

D'autres personnes ont prêté leur concours à ce livre très attendu, citons Stéphane Capot, Sandrine Lacombe, Dominique Texier-Favier, Isabelle Brunet, Pierre Robin, François Frimaudeau et Bernard Lareynie.

«Les trois historiens apportent une véritable caution scientifique, ajoute-t-il. Il y a eu un important travail sur les archives, sur des rapports officiels de l'époque, et ces documents parlent.» Bombardements aériens des Alliés sur les lignes ferroviaires, nouvelle lecture de l'impact du STO sur le ralliement aux maquis, rapport entre les «landes rouges» et l'héritage communiste d'avant-guerre, rôle des réfugiés alsaciens et lorrains… sont quelques-uns des nouveaux éléments livrés dans cet «Eté 1944…», où l'on retrouvera bien sûr les faits marquants que sont les combats d'Astaffort, la prison d'Eysses, etc.

Catalogue de l'exposition rangé dans la catégorie «beaux livres », l'ouvrage est conçu pour être une référence historiographique.

Demain, samedi et lundi… trois pages speciales

À compter de demain, notre journal publiera trois articles inédits signés par chacun des auteurs du livre «Eté 1944, la Libération du Lot-et-Garonne et de la Gironde rattachée». Le 15 août : «6 juin — 15 août : le maquis sort les armes», par Philippe Souleau ; le 16 août : «Journées de liesse, journées d'ivresse», par Jean-Pierre Koscielniak ; le 17 août : «Après la Libération, la République renaissante…» par Pascal DeToffoli. l

Sébastien Bouchereau

 

Richement illustré par des archives d'époque (rapports de préfet, de police et de gendarmerie, documents issus de la Résistance, photographies, affiches, tracts, articles de presse.), inédites pour la plupart, ce livre entend analyser comment les départements de Lot-et-Garonne et de Gironde rattachée deviennent, avec la Libération, un territoire stratégique, susceptible d'être utilisé par l'occupant comme une voie de repli entre Pyrénées, Massif central, Atlantique et Méditerranée. L'ouvrage souligne également une résistance cosmopolite et engagée dans la lutte armée, dont le développement est étroitement conditionné par son environnement géographique, culturel et social. Ainsi, la vallée de la Garonne fixe une résistance urbaine (renseignement, propagande, noyautage de l'administration.) et abrite les états-majors des groupes locaux alimentés par les anciens cadres politiques et syndicaux. La forêt, notamment la lande où la survivance du communisme rural reste forte (figure de Renaud Jean, terre rouge des métayers-résiniers), constitue un terreau des plus favorables aux maquis, notamment FTP. Les coteaux constituent une base logistique (ravitaillement, hébergement, caches de matériel) pour de nombreux groupes, à l'image de la 35e brigade FTP-MOI. Le débarquement du 6 juin 1944 s'accompagne d'une généralisation de la lutte armée dans la région (multiplication des sabotages et des opérations d'harcèlement). Celui de Provence sonne le glas du régime de Vichy et de l'occupant qui abandonne l'Agenais, entrainant dans sa fuite miliciens et autres gestapistes, et sonnant l'heure des règlements de compte. Les auteurs décryptent à ce titre les mécanismes de l'épuration dans un département où le processus prend une des formes les plus violentes du Sud-Ouest, conséquence de la forte implantation de la Milice en Lot-et-Garonne. Il s'agit cependant d'un préalable nécessaire à la restauration de l'État républicain.

Été 1944 ; la libération en Lot-et-Garonne et en Gironde rattachée

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