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Publié par Philippe Poisson

La prison, visible seulement l'été, renferme un vestige de l'histoire carcérale, les premières cellules individuelles qui mesuraient 1.75m sur 4m.  © Le Télégramme -

La prison, visible seulement l'été, renferme un vestige de l'histoire carcérale, les premières cellules individuelles qui mesuraient 1.75m sur 4m. © Le Télégramme -

L'ancienne prison guingampaise de type pennsylvanien ouvre rarement ses portes au public.  © Le Télégramme -

L'ancienne prison guingampaise de type pennsylvanien ouvre rarement ses portes au public. © Le Télégramme -

À Guingamp, tout le monde (ou presque) connaît l'ancienne prison située derrière la mairie. Sur la carte guingampaise, plusieurs sites ont connu cette vocation d'enfermement à travers le temps. Histoires de prisons ! 469 m de murs de clôture, 1.464 pierres de taille en granite régional, 5.000 briques, 2.165 kg de serrures et trois tentatives d'évasion ! Désaffectée en 1951, l'ancienne prison de Guingamp a été inscrite à l'inventaire des Monuments historiques en 1993. Depuis une dizaine d'années, son projet de réhabilitation a fait couler beaucoup d'encre. D'une possible future Maison des associations à un projet tourné vers le tourisme avec GwinZegal comme locataire, le futur de l'ancienne prison guingampaise, de type pennsylvanien, a rarement fait l'unanimité. Lundi 25 mars, les élus se sont encore divisés sur ce projet en conseil municipal. Très rarement ouvert, ce bâtiment constitue une perle du patrimoine local. On peut passer devant sans forcément imaginer ce qu'il y a derrière ses murs imposants.

Les « pénitentes » devenaient un numéro

Ce site n'est pas le seul à Guingamp à avoir connu cette vocation. Le couvent de Montbareil, qui a vu le jour en 1676, va devenir un lieu d'enfermement « des femmes prostituées ou de mauvaises filles », explique Mona Bras, élue en charge du patrimoine bâti et naturel. Au XVIIe siècle, Montbareil devint même « une maison de force ». Des prisonnières venaient de toute la France. C'était un endroit éloigné et retiré. Ici, les « pénitentes » perdaient leur nom et devenaient un numéro. « Très rapidement, y fut hébergée une population féminine diversifiée : démentes, alcooliques, fugueuses... Tout motif était bon pour y être enfermé. En payant, un mari pouvait y faire cloîtrer son épouse pour désobéissance ». Les détenues devaient travailler l'osier, dans le couvent. « Tous les soirs, elles dormaient dans un dortoir collectif cadenassé de l'extérieur. On sait tout ça avec les archives départementales. Pendant plus de 100 ans, c'était comme un goulag. Il reste peu de traces aujourd'hui de cette prison ».

Anneaux de fer [--------]

C'est un peu le même scénario pour une autre prison de Guingamp qui a quasiment disparu du paysage : la prison de la porte de Rennes, qui était située dans le haut de la rue Notre-Dame. Elle a été en activité de la fin du XVI[/--------]e siècle à la fin du XVIIIe siècle. Ce site était composé de deux tours. La tour nord était apparemment consacrée à « l'enfermement des militaires », peut-on lire dans la revue 25 des Amis du patrimoine de 1998. « Quand ils étaient peu nombreux, les prisonniers étaient rassemblés dans une même tour, la tour sud ». Elle servait également à enfermer les prisonniers « les plus dangereux, les jambes et les chevilles enserrées par des anneaux de fer et goupilles scellées dans les murs ». Les tours sont délabrées. « Les conditions sanitaires sont déplorables. De plus, la promiscuité favorise le développement des maladies ». Ces deux tours ont été démolies en 1832. Et avant la porte de Rennes ? Les Amis de patrimoine ont réussi à situer « les geôles guingampaises au bas de la halle de la ville, dans le bas de l'actuelle place du Centre. Cette localisation est tout à fait logique puisque l'auditoire - le tribunal - était situé à l'étage, au-dessus des halles ».


Le Télégramme - Guingamp - Histoires de prisons !

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