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Publié par Philippe Poisson

 Halte à la débauche ! -

Halte à la débauche ! -

Il n'y a pas que les obus qui tuent, comme le stipule une note du préfet de l'Indre en date du 12 janvier 1916, envoyée au maire de Châteauroux. « Il faut donner le maximum de garanties pour préserver les jeunes soldats du péril vénérien », souligne la missive. A cette époque où la syphilis est une maladie incurable, il y a effectivement danger, comme l'atteste aussi la note manuscrite du commissaire de police de Châteauroux, rédigée le 13 mai 1916 : « Une recrudescence de débauche a été constatée dans notre ville depuis le début de la guerre. Surtout depuis l'arrivée du 5e Hussards et du 12e Dragons. » Une quarantaine de demandes d'inscription d'office au registre des filles publiques sont effectuées entre 1914 et 1918. Ces « filles » sont, pour la plupart, des réfugiées des territoires de l'Est et du Nord, où se déroulent les combats. Certaines racolent « des Arabes et des Annamites sur la route du camp d'aviation ».

Ségrégation

Face à la menace et suivant les ordres du général commandant la 9e région, un médecin militaire doit donc être désigné pour assister le médecin civil chargé de la visite des femmes de la maison de tolérance de Châteauroux, installée 14, rue du Château-Raoul. Un bordel qui connaîtra son heure de gloire pendant la période de garnison des soldats américains. Ségrégation oblige, les Noirs y viennent le lundi et les Blancs, le mardi !

En attendant, les responsables militaires veillent au grain comme l'affirme un autre courrier : « L'inexpérience de la vie, les entraînements auxquels leur jeune âge expose les soldats, obligent les autorités à les protéger, même contre eux-mêmes ».

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L'armée et le péril vénérien - La Nouvelle République

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