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Publié par Philippe Poisson

Amour Fou est un film de Jessica Hausner avec Birte Schnoeink, Christian Friedel.-
Amour Fou est un film de Jessica Hausner avec Birte Schnoeink, Christian Friedel.-
Amour Fou est un film de Jessica Hausner avec Birte Schnoeink, Christian Friedel.-

Amour Fou est un film de Jessica Hausner avec Birte Schnoeink, Christian Friedel.-

Berlin, à l'époque romantique. Le jeune poète tragique Heinrich souhaite dépasser le côté inéluctable de la mort grâce à l'amour : il tente de convaincre sa cousine Marie, qui lui est proche, de contrer le destin en déterminant ensemble leur suicide, mais Marie, malgré son insistance, reste sceptique. Heinrich est déprimé par le manque de sensibilité de sa cousine, alors qu'Henriette, une jeune épouse qu'Heinrich avait également approchée, semble soudainement tentée par la proposition lorsqu'elle apprend qu'elle est atteinte d'une maladie incurable. Une "comédie romantique" librement inspirée du suicide du poète Heinrich von Kleist, 1811.

Amour Fou Bande-annonce VO - AlloCiné

Amour Fou Extrait vidéo VO - AlloCiné

Amour Fou - EXTRAIT VOST "Le prétentieux" - AlloCiné

 

Wannsee, 1811

Dans le Berlin romantique, le poète Heinrich von Kleist propose aux femmes de mourir avec lui. De cette expérience, la réalisatrice Jessica Hausner a tiré un film : Amour fou.

Amour fou est l'antiphrase d'un film froid et austère, où l'amour possède davantage la rigidité du cadavre. C'est cependant le meilleur titre possible. Il faut de la folie pour accepter de relever le défi lancé par le personnage central : « Accepteriez-vous de vous suicider avec moi ? » Heinrich von Kleist, jeune poète allemand de 34 ans, posait cette question aux femmes qu'il rencontrait en 1811. Puisque l'on doit mourir, autant le faire à deux, en prouvant la valeur de sa vie par le sacrifice de l'autre. Kleist conçoit cela comme une ultime expérience dans une vie qui n'a eu pour objet que le désespoir devant l'ennui, le sordide, le mesquin, le manque d'idéal. Mais il ne s'agit pas pour autant d'aller en dénicher un dans la mort : ni perte cruelle ni paradis espéré ne la justifient.

C'est là une expérience historique. D'une part, elle reprend à l'identique les termes du double suicide de Heinrich von Kleist et de son amie Henriette Vogel, le 21 novembre 1811, sur les bords du lac de Wannsee. D'autre part, le spectateur pénètre dans le laboratoire historique des sentiments romantiques. Le suicide - celui du jeune Werther chez Goethe par exemple - est une possibilité désormais ouvertement évoquée pour quitter l'existence : l'interdit catholique a sauté même si, dans la société des débuts du XIXe siècle, le scandale demeure.

Kleist est le grand écrivain de ce type d'expérience. Son écriture part de petits faits, de dilemmes sans solution idéale, pour broder des fables profondes sur les déchirements de l'âme. Prenons La Marquise d'O..., dont il est souvent question dans Amour fou, et qu'adapta Éric Rohmer en 1975 - Jessica Hausner l'a si bien vu que son film est une variation sur le chef-d'oeuvre rohmérien. Une femme s'y retrouve enceinte, mais elle ne sait ni comment ni de qui (voilà le fait) ; elle propose alors d'épouser le père s'il se présente (voici l'expérience). L'homme dont elle est amoureuse se dénonce : ce beau militaire l'a violée et elle s'est évanouie. Elle le rejette d'abord, criant à la trahison et au déshonneur, puis finit par l'épouser, car il n'y a pas d'autre solution pour être heureuse et « avoir beaucoup d'enfants » (c'est la résolution de l'expérience).

Amour fou propose le même type d'expérience, filmée frontalement dans la lumière crue du laboratoire. Kleist tente de convaincre sa cousine, Marie, de se suicider avec lui. Mais la jeune femme, malgré ses liens d'affection et d'admiration, veut vivre. Déprimé, le poète se tourne vers Henriette, une jeune épouse et mère d'une fillette, qu'il fréquente. Elle le repousse ; mais lorsqu'elle apprend qu'elle est atteinte d'un mal incurable, elle change d'avis et accepte. C'est au tour de Kleist de douter : si Henriette doit mourir, elle ne sacrifie rien pour lui... La « solution » passe par la mort en parallèle : il s'agit d'une mort à deux, certes, mais pas ensemble. Chacun trouve son propre intérêt dans la mort, chacun ne pense qu'à lui, comme deux morts individuelles qui se côtoient.

Cette expérience du « suicide-toi avec moi » est un révélateur social, donc un objet d'histoire. Elle souligne la chape de plomb que cette société bourgeoise, fascinée par l'aristocratie, fait peser sur les relations, tant familiales que sentimentales. Le choix de mourir ouvre les portes à un absolu, suffisamment fort pour égaler l'usage des mots chez Kleist. L'écriture - une manière si intense de donner du sens - et le suicide - une façon si intense de le perdre - sont les deux seuls gestes de souveraine liberté. Kleist a fait graver sur sa tombe ce vers du Prince de Hombourg : « Désormais, ô immortalité, tu es toute à moi ! »

J. Hausner, Amour fou, en salles le 4 février.

Par Antoine de B

 

Birte Schnöink studierte von 2006 bis 2010 an der Hochschule für Schauspielkunst „Ernst Busch“ Berlin und trat schon in dieser Zeit bei den Salzburger Festspielen und an der Berliner Schaubühne auf. Seit der Spielzeit 2009/2010 ist sie festes Ensemblemitglied am Hamburger Thalia Theater.

Erste Hauptrollen beim Film hatte sie 2012 in dem Kurzfilm Komm Hinters Licht und in dem Spielfilm Amour Fou, der im Mai 2014 bei den Internationalen Filmfestspielen von Cannes in der Reihe Un Certain Regard zu sehen war.

Die Körber-Stiftung erkannte ihr den mit 10.000 Euro dotierten Boy-Gobert-Preis für das Jahr 2014 zu

Birte Schnöink (2015)

Birte Schnöink (2015)

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