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Publié par Philippe Poisson

 Victor Lanoux dans le rôle du commissaire Laviolette -

Victor Lanoux dans le rôle du commissaire Laviolette -

En 1963. Un notaire est retrouvé mort dans sa chambre, dans une petite ville de Provence. Son corps, entièrement nu, a été déposé sur une roue de ferronnier datant de l'Ancien Régime. Un téléphore, un insecte forestier, est découvert sur la scène du crime. En compagnie du juge Tardieu, le commissaire Laviolette se demande pourquoi la petite bête a fait autant de chemin pour venir mourir en ville...

Commissaire Laviolette - Les charbonniers de la ... - France 3

 

Elevé dans la Creuse, Victor Lanoux arrive à Paris à onze ans et ne parle alors que le patois. Avant de connaître la comédie, ce jeune homme a dû passer par de nombreuses étapes : les travaux des champs, l'usine et le parachutisme pendant la guerre d'Algérie. A 22 ans, il travaille comme machiniste sur le plateau de Notre-Dame-de-Paris de Jean Delannoy, c'est de là que lui vient le goût de la comédie. Il s'inscrit donc au cours de Solange Picard.

En 1959, il apparaît dans le film Coquillage à l'oreille de Bompiani, non pas pour une tirade mais pour un simple rire. Vient ensuite son (vrai) premier film La Vieille dame indigne de René Allio, en 1964, grâce auquel il sera embauché par Georges Wilson au Théâtre National de Paris. Il y jouera entre 1964 et 1969 Hamlet, La Résistible Ascension d'Arturo Ui , La Folle de Chaillot , etc. Ensuite il part travailler avec Roger Planchon au Théâtre de la Cité de Villeurbanne. Un an après, il se lance dans l'écriture et la mise en scène de deux oeuvres : Le Tourniquet et Le Péril bleu en 1973 et 1974.

En 1975, sa rencontre avec Yves Boisset est décisive, il tourne avec lui deux films : Dupont Lajoie, où il utilise son physique de Français costaud et bourru pour incarner un personnage franchement antipathique, puis Folle à tuer, c'est son grand retour au cinéma ! Le grand public le découvre la même année dans Cousin, cousine de Tacchella, il dévoile ici l'étendue de sa séduction et de sa sensibilité. Puis, un an après il joue dans Un éléphant, ça trompe énormément d'Yves Robert avec qui il retravaillera en 1977 pour Nous irons tous au paradis puis en 1991 Le Bal des casse-pieds. Victor Lanoux décide de se consacrer davantage au cinéma, devenant co-producteur de ses films : Servante et Maitresse (1976), Les Chiens (1978), Un si joli village (1979). En 1978, il crée également Les Films de la Drouette et produit entièrement le premier film de Peter Kassovitz : Au bout du bout du banc. Il enchaîne les succès, notamment Y a-t-il un Français dans la salle ? de Jean-Pierre Mocky en 1982 où il est remarqué pour son rôle de politicien.

Victor Lanoux, venu du cabaret (avec son ami Pierre Richard) puis du théâtre, excelle dans les rôles de salaud : flics tordus, gangsters vicieux et trafiquants divers, on lui attribue même un jeu proche de celui de Jean Gabin, hargne comprise, quand il le faut. S'il donne le meilleur de son talent en incarnant des personnages durs et retors, son jeu naturel et sa diction spontanée le rendent aussi attachant. Hormis Reines d'un jour de Marion Vernoux en 2001, Lanoux tient le rôle principal de la série Louis la Brocante depuis 1999, il joue ici un Français moyen, rôle qu'il incarne souvent et comme il le dit lui-même, son personnage de Louis "fait partie de la catégorie des héros que vous pouvez rencontrer dans votre supermarché et qui vous ressemblent." (Web de l'humanité)

Amoureux du Sud et de la vie, l'écrivain Pierre Magnan  ...
Amoureux du Sud et de la vie, l'écrivain Pierre Magnan  ...

Amoureux du Sud et de la vie, l'écrivain Pierre Magnan ...

Pierre Magnan, qui est mort samedi 28 avril à l'âge de 89 ans à Voiron (Isère), avait connu le succès littéraire à 62 ans, avec La Maison assassinée et son policier au beau nom de Laviolette. Cet homme du Sud, né à Manosque et vivant à Forcalquier avait pourtant une longue carrière, un parcours littéraire tout à fait singulier, qu'il raconte dans ses "Mémoires": L'Amant du poivre d'âne, L'Apprenti et Un monstre sacré. Il a publié plus de trente livres (la plupart sont repris en poche, " Folio " Gallimard.)

Né le 19 septembre 1922 à Manosque (Alpes de Haute-Provence), le jeune Magnan avait commencé à travailler à 13 ans comme typographe. A 15 ans, il fait la première rencontre qui déterminera sa vie d'écrivain, celle de Jean Giono, auquel il rendra hommage longtemps après, en 1990, dans un livre délicat, Pour saluer Giono. Au début de la deuxième guerre mondiale, il se lie avec Thyde Monnier, une romancière qui eut son heure de gloire dans les années 1940-1950. C'est grâce à elle qu'il sera publié en 1946 par René Julliard pour L'Aube insolite.

Tout semblait sourire à Pierre Magnan. Mais, en 1951, René Julliard renonça à le publier en lui disant une phrase prémonitoire : " Pierre vous écrirez de bons livres quand vous aurez 60 ans. " " Je ne me suis pas obstiné, confiait Pierre Magnan au Monde en 2004, sur une terrasse ensoleillée de Forcalquier, je venais de retrouver celle qui allait être ma femme jusqu'à sa mort en 2002 et que je connaissais depuis l'âge de 12 ans. Je me suis occupé de gagner ma vie, et je n'ai plus rien écrit jusqu'en 1977. Puis Fayard a publié Le Sang des Atrides, qui a eu le Prix du Quai des Orfèvres. " Tout semblait rentrer dans l'ordre. " Mais ensuite, personne ne voulait de La Maison assassinée. Seul Michel Bernard, alors éditeur chez Denoël, l'a aimé. Et le succès est venu. Donc j'ai continué. "

Un homme heureux

Devenir un auteur populaire l'a amusé, lui qui disait ne jamais avoir connu l'ennui ou la dépression, car " la vue de la nature console de tout ". Un pigeonnier, petit, mais charmant, où il a vécu avec sa femme, des olives pour faire une bonne huile, un verre de Bordeaux, et le soleil… Pierre Magnan a toujours été un homme heureux. Il le raconte dans ses "Mémoires", sans se donner le beau rôle, ce qui a choqué. Par exemple quand il explique sa relation avec Thyde Monnier. Il avait 17 ans, elle 53 et il ne l'aimait pas. Mais elle était une personne connue.

Après un camp de jeunesse pétainiste, il s'est réfugié avec elle en Isère, pour échapper au STO, et y est resté pendant toute la guerre. Alors que tant d'hommes de sa génération ont maquillé leur passé peu glorieux, Pierre Magnan y a fait face : " J'ai honte d'écrire que la période qui s'étend de juin 1943 à octobre 1944, où je vécus en pleine guerre à Saint-Pierre-d'Allevard, fut le moment le plus paisible de ma vie. " On ne lui en a pas su gré, il a été très attaqué. " Je crois que la lucidité sur soi-même n'est pas prisée, n'est pas crue, n'est pas souhaitée ", disait-il. " Cet étonnement devant quelqu'un qui se raconte simplement sans rien celer trouve sa justification peut-être dans le besoin qu'a l'être humain de s'absoudre pour se supporter ".

Amoureux du Sud et de la vie, l'écrivain Pierre Magnan est ...

 

 
 
 
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