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Publié par Philippe Poisson

Police judiciaire. Le nouveau patron du 36 quai des Orfèvres

Christian Sainte, futur patron du 36 quai des Orfèvres, avait été nommé en 2012 à la PJ de Marseille avec un bilan encourageant.

Le directeur de la PJ parisienne, Bernard Petit, a été limogé et mis en examen pour des soupçons de fuites sur une enquête. Une première au mythique « 36 quai des Orfèvres ».

Christian Sainte de Marseille, à Paris

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve l'a aussitôt suspendu et annoncé le nom de son potentiel successeur, le patron de la PJ marseillaise, Christian Sainte. Il aura, notamment, pour mission de redorer l'image d'une institution ébranlée en 2014 par deux scandales, dont une rocambolesque affaire de vol de cocaïne.

Christian Sainte est arrivé à Marseille lors de la mise en œuvre d'une nouvelle stratégie et de nouveaux moyens, notamment des renforts de police, annoncés en 2012 par Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, pour lutter contre la criminalité sur tout le pourtour méditerranéen, de la frontière italienne à la frontière espagnole.

De bons résultats...

À la tête de la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ), Christian Sainte, a obtenu des résultats encourageants, se félicitant encore récemment du taux de résolution des règlements de compte dans la région de Marseille, avec des mises en examen dans un cas sur deux.

« Il faut rester modeste, rien n'est définitivement gagné », confiait-il. Mais « c'est encourageant, cela tend à valider les options prises il y a deux ans avec des renforts et de nouvelles méthodes de travail. 2015 sera une année intéressante pour cela », prévoyait-il.

Ses équipes sont également impliquées dans le démantèlement des cellules jihadistes dans la région, notamment à Lunel (Hérault).

...loués par la magistrature

Mi-janvier, le procureur de Marseille, Brice Robin, a pu annoncer, pour la deuxième année consécutive, une baisse de la délinquance en 2014 dans la ville, où les faits constatés ont décru de 3,83%, tandis que le nombre de règlements de compte restait relativement stable (15 à Marseille intra-muros contre 14 en 2013, un seul en janvier 2015 au terme d'une accalmie de 6 mois).

Brice Robin ne tarit pas d'éloges sur le patron de la PJ: « c'est le meilleur DIPJ que j'aie jamais rencontré dans ma carrière ». Et de vanter « une grande capacité d'écoute et à prendre des décisions rapidement, ainsi qu'une grande intelligence des situations ».

« Un grand bonhomme »

Pour l'adjointe à la sécurité de la Ville, Caroline Pozmentier, « c'est un grand bonhomme avec lequel les choses se font dans la simplicité ».

« C'est quelqu'un avec qui on a pu travailler alors que ce n'est pas le cas de tous les policiers », commente le sociologue Laurent Mucchielli, spécialiste de la délinquance.

Même couronne de lauriers chez les policiers : « un mélange de grand flic, loyal envers l'institution et les collègues », résume David-Olivier Reverdy du syndicat Alliance.

Discret et efficace

Pour un haut responsable, « il doit sa carrière avant tout à ses résultats, et non à ses réseaux ». Et de voir, avec l'arrivée d'un provincial au « 36 », le « saint des saints » de la PJ parisienne secoué par les scandales, « une bonne chose » car « la préfecture de police a tendance à s'auto-régénérer ».

« Homme discret et efficace » pour Bernard Reymond-Guyamier, patron des CRS Paca et son ancien prof à l'Ecole nationale supérieure de la police, il est considéré comme « le meilleur patron de PJ actuel » par son ancien chef de la PJ à Marseille, Gérard Guilpain. « Mais il devra faire attention », prévient M. Guilpain, « il n'a jamais travaillé à la PP (préfecture de police), et les hauts fonctionnaires parisiens vont le voir arriver d'un mauvais œil ».

Né le 26 janvier 1960 à Amiens (Somme), Christian Sainte a effectué toute sa carrière au sein de la direction centrale de la police judiciaire, depuis sa sortie de l'école nationale supérieure de police, à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (Rhône) en 1986.

Il a occupé son premier poste à la section criminelle du SRPJ de Lille, avant de prendre la tête de la brigade criminelle du SRPJ de Marseille en 1994.

Nommé directeur adjoint du SRPJ (service régional de la police judiciaire) d'Ajaccio en 1999, il revient dans la cité phocéenne en 2002 comme directeur inter­régional adjoint de la DIPJ de Marseille. Il retrouve la Corse en 2006, en qualité de directeur de la PJ de l'île.

En 2008, il est nommé directeur de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) avant de revenir une troisième fois à Marseille, en septembre 2012, comme directeur de la DIPJ, nommé à ce poste par Manuel Valls.

Police judiciaire. Qui est le nouveau patron du 36 quai des Orfèvres ?

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