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Publié par Philippe Poisson

« La tête haute » d' Emmanuelle Bercot
« La tête haute » d' Emmanuelle Bercot
« La tête haute » d' Emmanuelle Bercot
« La tête haute » d' Emmanuelle Bercot

Premier jour, premier choc sur la croisette avec La Tête Haute d’Emmanuelle Bercot présenté hier soir en ouverture du festival de Cannes (et qui sort partout en France).

Le film raconte le parcours de Malony, un enfant délaissé par sa mère (Sara Forestier), devenu adolescent ingérable. La réalisatrice de Elle s’en va s’emploie à démontrer l’incapacité des institutions et du système éducatif à gérer une personnalité profondément insoumise, qui ne cesse de repousser les limites, qui refuse le monde qui l’entoure et toutes les règles qui le régissent.

L’immense force du film est sa justesse de regard, adoptant tous les points de vues : celui de l’adolescent révolté, de la mère coupable, de la juge pour enfant intraitable mais bienveillante (Catherine Deneuve, impériale).

On y croise également Diane Rouxel, révélée dans The Smell Of Us ou encore Benoit Magimel, dans le rôle d’un éducateur dévoué à qui Malony déclare un étonnant « Je t’aime »: la guérison par les sentiments.  Emmanuelle Bercot n’en est pas à son coup d’essai concernant le traitement de jeunes en marge : dans Backstage, elle explorait la relation saphique dévorante entre une star alter-ego de Mylène Farmer et une jeune fan dévolue. Plus fort encore : dans Clément, elle se mettait en scène dans une histoire d’amour impossible entre une femme d’une trentaine d’années et un adolescent de treize ans. Dans tous les cas, on sent que ce qui la fascine, c’est le moment de décrochage, un vide dans lequel nagent les personnages , incapables de s’attacher au monde.

UN PEU LA SUITE DE « MOMMY »
La révélation du film, c’est Rod Paradot dans le rôle de Malony, incandescent de trouble contenu, dont la rugosité laisse parfois place à une douceur inattendue, et donc bouleversante. Ce qui frappe en tant que festivalier c’est qu’on a l’impression de reprendre là où Mommy nous avait laissé en fin quinzaine l’an dernier. C’est un peu la suite du film de Xavier Dolan, avec la même intensité, une même idée du cinéma, comme une fenêtre qui s’ouvre sur des personnages hors norme, inaptes à la société.

Un Xavier Dolan que l’on retrouve cette année dans le jury de la compétition officielle aux côtés de … Jake Gylenhaal. On se demande si ce dernier commentera la déclaration du jeune québecois dans Les Inrocks à la sortie de Mommy : « je fais des films quand ça me brûle, quand ça me consume trop de rester chez moi à me branler devant une photo de Jake Gyllenhaal. »

Chaque jour nous tenterons de vous faire partager l’ambiance de la croisette sous l’angle LGBT.

Cyril Legann

La Tête haute Bande-annonce VF - AlloCiné

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