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Publié par Philippe Poisson

Dans un style rabelaisien, « Le beau dimanche de Cornecul » : un récit haut en couleurs

"Une fois de plus – car il n’en est pas à son coup d’essai – Pierre Gonthier nous propose, avec « Le beau dimanche de Cornecul », un récit haut en couleurs. Dans un style rabelaisien, l’auteur nous entraîne au cœur d’un village gaulois situé quelque part en terre d’Ovalie."

Ils sont tous là, Maître Pinceguerre le président et la notairesse, Pichrocole le pharmacien, les sœurs Quesquidit, la Gnôle et l’Harmonie municipale, l’abbé Mafoi, Paimpol et son fusil, Cornecul le tueur de cochons, Cacarot, Bordenave l’instituteur, Coco Faridon, le Parpaillol et les autres… derrière leur équipe, prêts à livrer le combat du siècle, contre le Club Athlétique Pétrocorien. Avec brio, le texte alterne images expressives et métaphores truculentes, lyrisme et poésie… le tout à hauteur des yeux d’un enfant, Pierre, neveu du fameux « Cornecul », pilier droit de l’Excelsior Sporting Union.

En une vingtaine de planches, Francis Pralong, l’illustrateur complice, donne vie au récit. Grâce à sa maîtrise de la technique de l’acrylique, ses tableaux pleins de vie, aux frontières de la caricature et du figuralisme, débordent de vie et d’exubérance et restituent admirablement la truculence du récit, enlevé et très coloré.

Jacky Tronel.

Morceaux choisis

Le terrain de Pampouille penche de bon cœur vers la Couze, la rivière verte et bleue sous les arbres. « Mais, dit le Maire, j’ai pas plus plat. » Et il ajoute : « Vous n’avez qu’à jouer en descendant ».

C’est qu’ils étaient gaillards les autres !…
La notairesse roucoulait de plus en plus.
Ceux qui ne roucoulaient pas, c’étaient les joueurs de l’Excelsior.
« Dis donc, les deux-là, rien qu’en levant les bras, ils décrochent le jambon en haut du mât de cocagne ! »
« Tu vois le Noiraud là, ça doit pas être un câlin. »
« Celui-là, faudra pas me l’énerver » souffla Cacarot sentant les haricots couennes de midi lui peser sur l’estomac.

Ça discutait ferme.
« On peut gagner. Faut juste un bon arbitre. »
« Les arbitres, ils sont contre les petits. »
« C’est pas qu’on est petits. C’est qu’on n’est pas connus. »
« Avec Cornecul devant et le Parpaillol derrière, on peut faire quelque chose » bégaya la Gnôle qui s’imbibait peu à peu.
« Et le Coco Faridon, il va vite ! »
« Surtout quand il a la trouille ! »
Et le Coco Faridon avait la trouille.

 

Pétassou se retrouva assis le nez en sang. Bordenave s’accrocha à une jambe et y laissa un doigt. Le Belge, ensuqué par une claque plaqua par erreur Cambo de Piotte qui en fut vexé. Coco Faridon manqua soigneusement quelque chose en bleu et blanc qui filait comme le vent. L’Adrien se tenait l’entrejambes. L’oncle Cornecul insensible aux intempéries se retrouva seul.

 

Il y eut comme un remous dans le reste de l’équipe que l’abbé rafistolait à coups de teinture d’iode et d’huile camphrée, aidé par le pharmacien baptisé Pichrocole depuis qu’il avait radoté ce que personne n’avait compris : « Pichrocole dit, à propos de la guerre : provoquer mais apaiser, assaillir mais défendre, conquêter mais garder ses terres. C’est une bonne définition du rugby ». « Les guerres, avait répondu la Gnôle, on sait pas quand ça finit. Surtout si ça commence. »

 

Au bistrot des Glycines et du Sport Réunis, on a servi le mousseux et les Petits Lu. L’Yvette a branché le phono. Mon oncle a fait valser la Présidente tellement vite qu’elle ne touchait plus le plancher. Quand il l’a reposée on ne lui voyait plus que le blanc des yeux. Elle roucoulait, soutenant sa poitrine à deux mains : « Un nuage ! J’étais sur un nuage ! Extase, extase, que me veux-tu ? » Pétassou a vu que je ne comprenais pas. Il m’a expliqué qu’elle en avait gros sur le cœur. « À votre service Madame ! » s’est incliné mon tonton.

Pierre Gonthier -

Pierre Gonthier -

Pierre Gonthier est membre de l’Académie des Lettres et des Arts du Périgord et de l’Institut Eugène Leroy. Ses ouvrages, romans, nouvelles, recueils de poèmes, empreints d’une nostalgie souriante, ont fait l’objet de nombreuses distinctions. Il a reçu, pour l’ensemble de son œuvre, le Grand Prix international 2014 décerné par la Société des Poètes et Artistes de Langue Française, sous l’égide de la Présidence de la République.

BIBLIOGRAPHIE

Éditions de La Lauze :

  • La Galope, 2002 (réédité en février 2012).

  • Encres violettes, 2004, illustrations Marcel Pajot, prix de l’Escale du Livre de Bordeaux 2005.

  • L’Alambic de la Pleine Lune, 2006

  • L’Enfant qui parle à la Rivière, 2010, illustrations Marcel Pajot, prix Guy de Lanauve, Académie du Périgord

  • En Périgord, le plus proche des pays lointains, 2012, avec Bernard Giraudel, préface Georges Pernoud, photographies Jacques Saraben.

Éditions Couleurs Périgord :

  • L’Auberge du Souviens-t-en, 2013, photographies Michel Dartenset, prix spécial du Jury, Grand Prix du Périgord 2014.

Éditions Les Amis de la Poésie, Bergerac :

  • Les heures cerf-volant, 2007, illustrations Marcel Pajot.

  • Le goût sauvage des mûres, 2008, illustrations Marcel Pajot.

  • Les promesses du vent, 2012.

  • La Fève, comme un Printemps qui vient, 2014 avec Annie Delpérier.

 

Fiche technique de l’ouvrage

  • Format : 21 x 29,7 cm.

  • Nombre de pages : 64.

  • Impression : quadrichromie.

  • Reliure : cousu collé.

  • Thème : rugby en milieu rural dans les années d’avant-guerre.

  • Contenu : récit picaresque d’un match d’anthologie en terre d’Ovalie.

  • ISBN : 978-2-9552643-0-0.

  • Parution : juin 2015.

  • Prix de vente public TTC : 20 €.


L’Éditeur

Les Éditions Secrets de Pays
Chemin du Planège – Quartier Romain – 24150 Couze et Saint Front.

www.les-editions-secrets-de-pays.frcontact@les-editions-secrets-de-pays.fr.
Jacky Tronel (06 75 22 98 46).

 

Francis Pralong -

Francis Pralong -

"Le magazine semestriel « Secrets de Pays – Échos du Pays des Bastides » est partenaire du site internet « Esprit de Pays, Dordogne-Périgord »."

Le magazine Secrets de Pays – Échos du Pays des Bastides parait deux fois par an, en kiosques, Office de Tourisme, Maison de la Presse et autres points de vente. Pour vous le procurer, rien de plus simple : il suffit de vous rendre dans l’un des points de vente indiqués ci-dessous ou d’en faire la demande…

POUR OBTENIR PLUS DE RENSEIGNEMENTS

Pour se procurer le magazine, consultez notre page « Se procurer Secrets de Pays » sur le site internet qui lui est consacré.

"Le beau dimanche de Cornecul – Rugby au Pré-qui-Penche",
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