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Publié par Philippe Poisson

Carte Postale Ancienne – Établissement Pénitentiaires de Fresnes -

Carte Postale Ancienne – Établissement Pénitentiaires de Fresnes -

Voici ce que l’on pouvait lire en 1898 sur les nouvelles prisons de Fresnes-les-Rungis. Construite par l’architecte Henri Poussin entre 1894 et 1898, le Conseil général de la Seine a procédé le 19 juillet 1898  à la remise officielle des nouvelles prisons de Fresnes-les-Rungis à l’administration pénitentiaire. On sait que la loi du 5 juin 1875, en prescrivant l’application du régime cellulaire aux prisons départementales, a imposé, par cela même, au département de la Seine la reconstruction ou la transformation de presque toutes les prisons. Afin de se conformer à cette loi et pour remplacer les prisons de Mazas, la Grande Roquette et Sainte-Pélagie, désormais désaffectées et en cours de démolition, le Conseil général décida de construire une immense et unique prison, non loin de la Coix-de-Berny à 12 kilomètres de Paris, à l’endroit appelé Fresnes-les Rungis. Un train spécial partant de Paris à 2 heures ( Ligne des chemins de Fer d’Arpajon) a amené hier les personnages officiels, ainsi qu’un grand nombre d’invités. Dans ce train avaient pris place MM Vallé, soussecrétaire d’Etat au ministère de l’intérieur; Ranc, Strauss; A Levevre, sénateurs; Gervais, Astier, P. Baudin, Chassaing, députés; Feuillaley, procureur de la république; des conseillers généraux et d’arrondissement de la Seine, des hauts fonctionnaires des deux Préfectures Etc Etc.

L’aménagement des cellules est à signaler: Imaginez vous une pièce de 4 mètres de long sur 2 m. 50 de large avec un cube d’air de 30 mètres éclairée par une fenêtre de 1 m. 20 sur 1 m55

Au plafond, une petite lampe à incandescence de six à huit bougies fixée dans un réflecteur en grès. Comme mobilier un lavabo avec écoulement, un lit pliant, une table, un tabouret et un siège d’aisance en grès cérame pourvu d’un double siphon pour le tout à l’égout, enfin, eau de Seine filtrée et stérilisée, chauffage et ventilation mécanique. La cellule a un aspect très gai avec ses murs d’un blanc doux à l’œil ; on dirait la chambre d’une jeune fille , C’est charmant de simplicité, presque de discrétion. Si après avoir passe quelques mois dans cet établissement si bien compris le détenu n’y revient pas, c’est qu’il sera ingrat.

Enfin, ajoute à cela l’organisation d’un système de tramways cellulaires se raccordant 
avec la ligne d’Arpajon et permettant de transporter directement les condamnés de la conciergerie et de la prison de la santé à celle de Fresnes.

Tel est l’ensemble de cette prison d’un modernisme effrayant où les prisonniers pourront gouter à leur grande surprise les douceurs du bien être et aussi du confortable…

Décidément, si le détenu se déplaît dans ces nouvelles cellules, ce sera bien la faute du remords, mais assurément pas celle de l’administration..! 

 
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