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Publié par Philippe Poisson

© musée Nicéphore Niépce / Léon Collin

© musée Nicéphore Niépce / Léon Collin

Groupe de relégués sur le pont. Entre 1906 et 1910. Pour accompagner cette photo, le docteur Léon Collin écrit : « Lorsque le temps le permet et que les côtes des îles Canaries se sont effacées dans le lointain, le commandant, suivant le règlement, fait monter les hommes sur le pont par bordées sous l’œil vigilant des surveillants. Chaque matin pendant un quart d’heure, le forçat peut tout à son aise s’emplir la poitrine de grand air et de soleil. Les relégués se tiennent à l’avant, en tas, à proximité du panneau de leur bagne. Vêtus de draps gris-bleu, coiffés d’un large feutre de même couleur, le relégué se distingue facilement du forçat ; nous verrons plus tard qu’il diffère aussi de celui-là par une mentalité bien inférieure. Les forçats s’alignent par rangées à l’arrière sur les côtés de l’hôpital. »

Le médecin militaire Léon Collin a débuté sa carrière en accompagnant un transport de prisonniers vers la Guyane, avant de partir en Nouvelle-Calédonie où il a assisté aux dernières années du bagne en 1924. Au cours de ces voyages, le docteur Collin va réaliser un reportage photographique, composé principalement de 125 plaques négatives. Il va les tirer par contact puis les assembler dans des cahiers tapuscrits, où sont compilés les témoignages qu’il a accumulés auprès de chacun des forçats (et que nous reproduisons tels quels en légendes). Cet officier va diffuser ces « interviews » en gardant l’anonymat dans plusieurs magazines du début du XXe siècle, et dénoncer ce mode de châtiment judiciaire. Mediapart en publie des extraits et ouvre ainsi une collaboration régulière avec le musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône.

Parti au bagne avec les forçats | Mediapart

 

La loi française a condamné, entre 1887 et 1953, plus de 17 000 hommes et femmes à l'exil à perpétuité. Envoyés en Guyane, ils ont enduré, sans autre espoir que l'évasion, les terribles conditions de vie et de détention d'une relégation qui s'apparentait plus à une condamnation aux travaux forcés dans un bagne colonial qu'à une réinsertion loin de la métropole.

L'élimination sociale de ces hommes, condamnés récidivistes pour des délits de vol simple, d'escroquerie ou de vagabondage, s'est effectuée selon une mécanique unique dans l'histoire du droit pénal français reposant sur une « présomption irréfragable d'incorrigibilité ».

En s'appuyant sur une riche documentation et sur des sources inédites, Jean-Lucien Sanchez nous restitue les trajectoires individuelles tragiques de ces hommes et de ces femmes qui, destinés à devenir des colons et à s'intégrer au tissus économique et social de la colonie, se sont retrouvés condamnés à l'exil et aux travaux forcés à perpétuité.

"A perpétuité. Relégués au bagne de Guyane" - Jean-Lucien ...

A perpétuité - Relégués au bagne de Guyane

La relégation des récidivistes en Guyane française... (thèse)

"A perpétuité. Relégués au bagne de Guyane" - Jean-Lucien ...
La relégation jadis - Repères

De tous les parias qui se retrouvèrent un jour dans les bagnes de Guyane, les plus infortunés furent sans conteste les «relégués». Contrairement aux «transportés» (les condamnés aux travaux forcés) ou aux «déportés» (les détenus politiques, à l’instar d’Alfred Dreyfus), les «relégués» avaient en effet déjà payé leur dette à la société. La relégation était une «peine accessoire» qui frappait les délinquants multirécidivistes à leur sortie de prison, une double peine donc, qui expédiait en Guyane pour le restant de leurs jours ceux que l’on disait irrécupérables.

La plupart étaient des miséreux, analphabètes à 50%, des pas-de-chance ...

A Perpétuité, relégués au bagne de Guyane de Jean-Lucien Sanchez, Vendémiaire, 380 pp., 19 €.

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