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Publié par Philippe Poisson

Elle rencontre Jean-Paul Belmondo sur le tournage des Mariés de l'an II -
Elle rencontre Jean-Paul Belmondo sur le tournage des Mariés de l'an II -
Elle rencontre Jean-Paul Belmondo sur le tournage des Mariés de l'an II -
Elle rencontre Jean-Paul Belmondo sur le tournage des Mariés de l'an II -
Elle rencontre Jean-Paul Belmondo sur le tournage des Mariés de l'an II -
Elle rencontre Jean-Paul Belmondo sur le tournage des Mariés de l'an II -
Elle rencontre Jean-Paul Belmondo sur le tournage des Mariés de l'an II -

Elle rencontre Jean-Paul Belmondo sur le tournage des Mariés de l'an II -

Décédée aujourd'hui à l'âge de 73 ans, l'actrice italienne, au sommet de son art dans les années 70, a vécu une triste et longue descente aux enfers.

C'est l'histoire répétée ad nauseam de «la plus belle femme de l'univers» (dixit Visconti, qui la fit tourner dans L'Innocent en 1976), dont la carrière commencée au paradis du cinéma s'acheva dans l'enfer de la chirurgie esthétique ratée, de la drogue et de la déchéance psychique. Ironie des filmographies, elle avait tourné pour Comencini un sinistrement prémonitoire Mon Dieu comment suis-je tombée si bas? C'était en 1974: une éternité pour celle qui n'était, depuis des années, que l'ombre d'elle-même.

Née comme sa consoeur Alida Valli à Pola, la Pula croate, en 1941, sa vie elle-même avait commencé par un exil. A six ans, elle connaît le sort des profughi, ces centaines de milliers d'Italiens qui durent fuir l'Istrie après sa cession à la Yougoslavie de Tito. La famille Antonaz (son véritable nom) se réfugie à Naples, puis à Rome. D'abord professeur d'éducation physique (les mauvaises langues diront qu'on lui fit tenir le même rôle au cinéma), elle fait ses débuts dans des spots publicitaires pour Coca-Cola et dans des romans photos, avant de commencer au cinéma en 1964 pour une apparition: ce sera Le Cocu magnifique, d'Antonio Pietrangeli.

Mais ce n'est qu'en 1968 qu'elle se retrouve propulsée tête d'affiche pour La Vénus en fourrure, inspiré du roman de Sacher-Masoch, qui exploite à fond sa plastique de rêve, troublant mélange de vitalité italienne à la Loren et de grâce fragile héritée de ses origines slaves. En 1973, son rôle de femme de chambre ultra-sexy dans Malicia, de Salvatore Samperi, lui vaut le nastro d'argento (le prix des journalistes du cinéma italien) de la meilleure actrice. Les dés sont jetés. Laura Antonelli sera la star absolue du filon érotique italien qui bat son plein, pour le meilleur et souvent pour le pire, pendant toutes les années 70.

Elle rencontre Jean-Paul Belmondo sur le tournage des Mariés de l'an II

Pour le cinéma français, elle avait déjà tourné Les Mariés de l'an II de Jean-Paul Rappeneau en 1971, où elle rencontra Belmondo, et Docteur Popaul de Chabrol en 1972. Mais l'Italie la rappelle. Dino Risi l'emploie dans Sexe fou (1973), Luigi Comencini et Luchino Visconti dans les films déjà cités, mais aussi Mauro Bolognini (Gran bollito, 1977) et Ettore Scola, dont le Passion d'amour (1981) lui permet d'emporter une nomination au David de Donatello, l'oscar italien. À ceux-là, l'actrice a donné le meilleur d'elle-même. Les années 80 ne lui offrent à nouveau que des comédies grotesques ou érotiques, pour la plupart simples commandes de producteurs avides de réitérer le succès de Malicia. Laura Antonelli y promène ses quarante-cinq ans toujours superbes et pourtant irrémédiablement usés. La fin est proche.

En 1991, l'année de son dernier film, Malizia 2000 (une opération purement commerciale qui se solda par un échec), trente-six grammes de cocaïne retrouvés à son domicile déroutent à jamais l'actrice des feux de la rampe vers ceux des prétoires et de la presse people. Le feuilleton judiciaire dure neuf ans. Dans le même temps, un autre procès l'oppose au réalisateur et au producteur de Malizia 2000: les injections de collagène qu'ils ont exigées pour combler ses rides ont tourné au désastre esthétique. Défigurée et ruinée, Laura Antonelli sombre dans la souffrance psychique.

Depuis des années, elle vivait dans un modeste deux-pièces de la ville côtière de Ladispoli, à quarante kilomètres de Rome, répondant par téléphone aux journalistes qui la traquaient: «Laura Antonelli n'existe plus» et à son ami, l'acteur Lino Banfi: «Tu as vu comme la vie a été méchante avec moi?» Dans son visage ravagé, seuls ses yeux tristes étaient restés les mêmes.

En 2013, le chanteur Simone Cristicchi lui avait dédié Laura, où il pleurait«ses courbes si douces, données en pâture aux gens» et une femme «ingénue, pauvre, fragile, sensible, qui attend la sentence crucifiée sur le journal.» La sentence est tombée aujourd'hui, et parce que son seul secours depuis des années était la foi de son enfance, il n'est pas interdit de penser qu'elle y a aussi trouvé la paix.

Laura Antonelli, chronique d'un destin brisé

Laura ANTONELLI Malizia - YouTube

Laura Antonelli - Peccato Veniale (1974) - YouTube

 

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