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Publié par Philippe Poisson

Le Garçon de famille... Noter le fantasme récurrent... Ils se vantaient tous d'avoir les faveurs de la "patronne" -

Le Garçon de famille... Noter le fantasme récurrent... Ils se vantaient tous d'avoir les faveurs de la "patronne" -

A part une évasion réussie, être "garçon de famille" était l'un des meilleurs plans dont pouvait bénéficier un détenu. Ces places étaient particulièrement rares et convoitées...

Né en 1894 d'un père artiste-peintre, Francis Lagrange montre très vite des dispositions pour la peinture et un don certain quant à la reproduction d'ouvrages les plus divers.
C'est pour lui une vraie passion et la fabrication de faux billets de banques ou de timbres rares lui permet un temps de joindre l'utile à l'agréable.

Cependant, toutes les bonnes choses ont une fin et le train de vie de Francis attire les soupçons.

En 1931, il est condamné à 10 ans de bagne en Guyane pour ses activités certes d'un haut niveau artistique (lui seul, dit-on, sait reconnaitre les faux qu'il produit) mais pas vraiment légales.

1938: une évasion manquée le conduit quelques mois à l'île du Diable. Il améliore son ordinaire en décorant les chambres des surveillants.

De retour sur Royale, il réalise une fresque dans la chapelle de l'île (la restauration de cette chapelle, entamée dans les années 80 était toujours en cours début 2003).

Il peint également de nombreuses scènes sur la vie quotidienne des transportés.

Ses compagnons d'infortune, eux, apprécient davantage les nus féminins ou scènes érotiques que Lagrange "croque" en quelques minutes.

1946: Lagrange est libéré. Pas pour longtemps: une mésaventure le conduit pour 3 ans dans les prisons hollandaises du Surinam.

1949: de retour en Guyane, il séjourne à Cayenne. Il part ensuite aux Etats-Unis puis en Martinique, en compagnie d'une dame Créole.

Il meurt en 1964 à Fort de France.

Peintre génial, coureur de jupons, la bohème chevillée au corps, Francis Lagrange mena une existence rocambolesque qui ne mérite pas de tomber dans l'oubli.

 

Au bagne/Mon « Garçon de famille » et quelques autres ...

La vie au bagne - Criminocorpus - Revues.org

Albert Londres - son "garçon de famille" de l'île Royale. - Le ...

Les familles - Bagne de Guyane

Entretien avec Émile Demaret, ancien surveillant militaire ...

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Guyane: les bagnards - Vidéo Ina.fr

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"Aux îles, point de salut" : une BD dans l'univers du bagne ...

© musée Nicéphore Niépce / Léon Collin

© musée Nicéphore Niépce / Léon Collin

Archange Cambrai, “garçon de famille”, ancien satyre. Entre 1906 et 1910. « En dehors des infirmiers, une autre catégorie “d'embusqués” et non des moins favorisés, est celle des garçons de famille. Insinuants et vite familiers, certains commandent en maître dans certaines familles de surveillants. Ils arrivent à y jouir d’une confiance inouïe et l’on cite à ce sujet des exemples typiques. L’un d’eux, Cambrai, que nous avons vu endormant une petite fille sur ses bras, et qui répond au prénom aussi ultra catholique que prétentieux d’Archange n’a pourtant rien d’archangélique. La bestialité de sa physionomie est encore accentuée par la forme, bizarre “en cuvette” des oreilles. Et certes, il ressemble plus à un singe qu’à un habitant du céleste séjour. Alcoolique et dégénéré, il ne regrette de sa bonne ville de Lens, où il exerçait la profession de débardeur, que les petits verres de genièvre, que les bistouilles d’estaminets. Travailleur, il passe là-bas pour un bon sujet et on peut l’utiliser à de grosses besognes sans qu’il ne soit jamais mécontent. Condamné pour attentat à la pudeur sur ses deux fillettes, il plaide volontiers “non coupable”. C’est les médisances qui m’ont perdu, déplore-t-il ; à preuve… mes petites filles, qui m’écrivent… elles m’aiment toujours » (note du docteur Léon Collin).

Parti au bagne avec les forçats | Mediapart

Le “garçon de famille” dans le bagne colonial - Repères

Sortie du livre "Des hommes et des bagnes  une plongée en récits et images d'époque dans l'enfer du bagne de Guyane et de Nouvelle Calédonie, ... 110 ans après:

Entre 1852 et 1943, 120000 hommes partent pour les bagnes de Guyane ou de Nouvelle Calédonie. Aujourd’hui, des documents datés des années 1906-1913  traitant de cette question refont surface : mille plaques photographiques et une impressionnante quantité de notes (lettres, tapuscrits, etc).

 Léon Collin (1880/1970), médecin des troupes coloniales a traversé ces deux enfers, armé d’un appareil photo et d’un carnet, il nous livre ses impressions, décrit l’absurdité et la cruauté de cette machine à broyer les hommes. Il interroge les forçats, leur donne la parole, nous transmet leurs poèmes, en bref, il leur rend un peu de cette humanité que la « Tentiaire » (administration pénitentiaire) leur a volée.

Un livre  préfacé et annoté par l’historien Jean Marc Delpech, « Des hommes et des bagnes » vient de sortir aux éditions Libertalia. Il reprend toutes les photos et textes de Léon Collin.                                    

http://www.editionslibertalia.com/des-hommes-et-des-bagnes )

L’ensemble des plaques photographiques est aujourd’hui au musée Nicéphore Niepce, et MEDIAPART leur a déjà consacré un important portfolio.

( http://www.mediapart.fr/portfolios/parti-au-bagne-avec-les-forcats )

 

En 2007, pour son quatrième ouvrage au catalogue, Libertalia rééditait La Vie des forçats (1930), du bagnard anarchiste Eugène Dieudonné, avec des illustrations de Thierry Guitard. En 2009, nous poursuivions dans cette veine avec la réédition de L’Enfer du bagne (1957), les souvenirs de Paul Roussenq « l’incorrigible », illustrés cette fois-ci par Laurent Maffre. Peu après, nous rééditions Chéri-Bibi et les cages flottantes avec des illustrations de Tôma Sickart, la fiction (1913) de Gaston Leroux, dont l’essentiel du récit se déroule sur un bateau en route vers le bagne.

Libertalia partage déjà une longue histoire avec les bagnards et les forçats, qui reflète notre rejet persistant de la société carcérale et notre empathie pour les marges.

Alors que nous envisagions de rééditer le rarissime et passionnant Un médecin au bagne, ouvrage du Docteur Louis Rousseau publié chez Fleury en 1930, Jean-Marc Delpech, auteur d’une thèse sur Alexandre Jacob (publiée aux ACL), préfacier de L’Enfer du bagne et coanimateur des éditions de la Pigne, nous a proposé un incroyable manuscrit absolument inédit : les souvenirs du Docteur Collin (1890-1970).

Retrouvés dans le grenier de la maison familiale par Philippe Collin, son petit-fils, ces deux carnets (qui comportent 146 clichés stupéfiants) relatent les années vécues par le jeune docteur aux côtés des forçats de Guyane puis de Nouvelle-Calédonie (de 1907 à 1912).

Quelques extraits seulement des notes du Dr Léon Collin ont paru dans la presse française de la Belle Époque et de l’entre-deux-guerres. Les deux cahiers relatant son expérience constituent pourtant un document historique fondamental et totalement inédit sur les prisons à ciel ouvert de la France coloniale, et sur les criminels que la métropole a cherché à éloigner. Muni d’un carnet et d’un appareil photographique, les simples souvenirs de voyage du jeune médecin se transforment progressivement en dénonciation alerte d’une réalité pénible à dire, à voir et à sentir. De la Guyane à la Nouvelle-Calédonie, le bagne c’est la mort, la souffrance et l’échec de toute une politique répressive et carcérale. Bien avant Albert Londres, et surtout à une époque où l’administration pénitentiaire règne en maître sur ces terres ultramarines, Léon Collin montre les existences des « hommes punis ». Des hommes… et des bagnes, une incroyable galerie de portraits, des célébrités (Manda, Ullmo, Soleilland, etc.), une foule d’anonymes aussi. Des espaces exotiques à couper le souffle. Mais, comme l’a écrit l’avocate Mireille Maroger en 1937 : « De ce paradis, les hommes ont fait un enfer. » De la création officielle du bagne en 1854 au dernier envoi de condamnés en 1938, ils furent plus de 100 000 à venir s’échouer sur ces terres de grande punition.

Le fonds photographique du docteur Léon Collin a été acquis par le musée Nicéphore-Niépce. Les clichés feront l’objet d’expositions en Guyane puis en Nouvelle-Calédonie.

Parce qu’il s’agit d’un document à caractère exceptionnel, Libertalia a choisi d’en faire un « beau livre » restituant le caractère initial des carnets : couverture en toile du Marais, marquage couleur, signet, coutures, et papier Munken Lynx.

L’auteur

Léon Collin est mort en 1970. Il a subi la boue des tranchées ; il a vécu la défaite de 1940 et l’occupation ; il a navigué sur toutes les mers du globe et a traversé la presque totalité de cet empire français où le soleil ne se couchait jamais. Il a 27 ans lorsqu’il débarque en Guyane en 1907. Il passera ensuite trois ans en Nouvelle-Calédonie, de 1910 à 1912. Rien pourtant ne prédisposait ce jeune médecin de l’armée coloniale, homme de son temps, un brin réactionnaire mais profondément humaniste, à affronter l’horreur du bagne. Qui aurait pu deviner que ce fils de négociant en vin serait marqué à vie par son expérience ?

Photographies inédites
Publication : avril 2015

Des Hommes et des bagnes - Guyane et Nouvelle-Calédonie, un médecin au bagne (1907-1912)

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