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Publié par Philippe Poisson

 Verdict Fin-de-siècle. L’affaire Pœckès, 23 juin 1913

On sait que le crime passionnel, émergeant au XIXe siècle dans les représentations et peut-être également dans la réalité, est de tous les milieux sociaux. L’affaire Pœckès s’y apparente pour une part, du moins au niveau de son traitement judiciaire, car le conflit qui en est à l’origine s’écarte nettement de la classique passion amoureuse trompée pour illustrer davantage la famille comme « nœud de vipères », selon le titre du roman de François Mauriac.

Ce drame conjugal nous place, à la veille de la Première Guerre mondiale, dans la bonne société parisienne, celle de négociants fortunés. Le père de la victime, Léon Pœckès, a fait fortune dans le commerce de soieries et de lainages en gros. Travaillant au siège de sa société dans le quartier de la Bourse, il s’est fait construire un hôtel particulier à Saint-Mandé, avenue Daumesnil, en bordure du bois de Vincennes. Lors du mariage de son fils, Léon, en 1907 avec la fille d’un administrateur des Magasins du Louvre, les apports des époux dépassent chacun les 200 000 francs. Mariage arrangé, mettant en rapport deux familles de même milieu professionnel, l’union ne laisse guère de place à l’amour partagé. Dès les fiançailles, Suzanne Lafoy, exprime de fortes réticences et le dit vertement à son futur beau-père : souhaitant « être traitée comme une égale », elle n’a « pas l’intention d’épouser un militaire et par la même être commandée comme un soldat ». Revendication bien en rapport avec celles des féministes contemporaines mais qui semble aussi trahir une forte aversion envers Léon Pœckès. Domestiques, concierges, amis et membres des deux familles confirment tous la mésentente entre les époux, Suzanne se plaignant de la violence et de la folie de son mari, sans que des témoins puissent justifier ces accusations. Le 23 juin 1913, à leur résidence, rue Faidherbe à Saint-Mandé, six coups de feu réveillent à minuit concierge, propriétaire et domestique : Suzanne leur annonce, froidement, que son mari s’est suicidé…

Par · 12 juin 2015

Lire la suite de ce compte rendu de Jean-Claude Farcy sur Criminocorpus.

1913, Saint-Mandé, un jeune homme retrouvé mort ; sa femme accusée, dit qu'il s'est suicidé. Fait divers dont la presse se régale mais pour la famille en Franche-Comté, à Besançon, Salins, une tragédie. Ma pauvre Suzanne, comment est-ce arrivé ?

Mystère qu'un procès retentissant porte à la une des journaux et avec lui, les ragots, les experts, les ténors du barreau, parmi lesquels Labori, l'ancien défenseur de Zola ; l'affaire Poeckès est un des grands moments judiciaires de cet entre-deux-siècles.

Patrick Girod lui consacre un essai passionnant, appliqué à l'affaire mais aussi à l'époque, élargi aux regards des journaux, de la justice, de la psychiatrie, aux miroirs de la littérature. Par-delà les pièces, minutieusement analysées, il fait voir les lieux et les mentalités où le drame prend racine, les dérives judiciaires, le poids de l'éloquence, celui des fantasmes. Et plus profondément encore, une tombe mal refermée, le choc à travers le temps d'une histoire de famille.

Docteur en droit, Patrick Girod est né à Besançon.

 

Forte d'une expérience de 40 années de publication, les Éditions Cêtre développent, avec le souci constant de la qualité et de la découverte, un catalogue riche par sa diversité, son ouverture et sa forte identité comtoise.

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 Verdict Fin-de-siècle. L’affaire Pœckès, 23 juin 1913

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