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Publié par Philippe Poisson

La bête du Gévaudan : la fin de l'énigme ?
La bête du Gévaudan : la fin de l'énigme ?

04/07/2015 - Notre patrimoine culturel renferme des récits qui suscitent les passions, dont on ne sait plus très bien s'ils sont légendaires ou historiques. Tel est le cas en France de la Bête du Gévaudan. À quoi tient cette réputation ? Correspond-elle à des réalités ? Et dans l'affirmative, lesquelles ? C'est pour répondre à ces questions qu'est né ce petit livre, à la fois état de nos connaissances et album illustré.

Si bien des choses apparentent ce drame, qui frappe l'Auvergne et le Gévaudan de 1764 à 1767, à d'autres qui l'ont précédé ou suivi, son retentissement reste sans équivalent. Affiches, complaintes et caricatures ont forgé un mythe dont l'écho rebondit avec le retour du loup en France aujourd'hui.

Au-delà des spéculations sur l'identité de la bête depuis 250 ans, l'auteur fournit un guide averti, clair et à jour, avec une belle moisson de documents, qui décrypte l'affaire à la manière d'un feuilleton, en ménageant le suspense comme l'ont vécu les contemporains.

Jean-Marc Moriceau, ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé d'histoire, est professeur à l'université de Caen. C'est un spécialiste de l'histoire du monde rural. Membre de l'Institut universitaire de France, il dirige une enquête européenne sur les relations entre l'homme et le loup.

 

  • Les courts extraits de livres : 04/07/2015

AVIS AU LECTEUR - DANS LES RELATIONS ENTRE L'HOMME ET L'ANIMAL, notre patrimoine culturel renferme des récits dont on ne sait plus ce qu'ils doivent à la légende ou à l'histoire. Tel est le cas en France de la Bête du Gévaudan, qui s'est acquis une renommée comparable à celle du Loch Ness pour l'Écosse. À quoi tient cette réputation ? Correspond-elle à des réalités ? Et dans l'affirmative, lesquelles ? C'est à répondre à ces questions qu'invite ce petit livre, à la fois condensé de nos connaissances et album illustré pour le plaisir du grand public.

Le lecteur y trouvera un résumé historique à jour, conçu à la manière d'un feuilleton, qui ménage le suspense comme l'ont vécu les contemporains. Écrit comme un roman, le texte s'adresse à tous. Il offre une introduction à l'histoire de deux pays perdus, longtemps restés à l'écart du progrès, le haut Gévaudan et la haute Auvergne, qui ont subi de plein fouet, trois années durant, de juillet 1764 à juin 1767, une véritable tragédie. Car ce sont les hommes et leur vie quotidienne que la Bête du Gévaudan éclaire tout au long de ses ravages.

Quelles n'ont pas été les interprétations auxquelles cette «Bête» a donné lieu, au moment même des événements, mais surtout depuis le XXe siècle, alors que le goût du mystère, l'attrait pour le sensationnel, l'éloignement du contexte historique, la promotion de nouvelles idées et d'un nouveau rapport à la nature ont multiplié les «théories» ! Animal exotique, échappé d'une ménagerie princière ? Hyène d'Afrique ? Tigre de Tasmanie ? Cynocéphale ? Hybride de loup féroce et de chien errant ? Monstre dressé par un sorcier ? Molosse cuirassé ? Véritable loup-garou ? Instrument de la vengeance d'un aristocrate sadique ? Bouc émissaire pour déguiser des crimes crapuleux ? L'imagination de nos contemporains, enclins à projeter sur un passé révolu de deux siècles et demi les fantasmes et les enjeux du XXIe siècle, est d'une fertilité inépuisable, qui confine parfois au délire.

Dans cette exploitation effrénée des documents historiques -innombrables - auxquels l'affaire a donné lieu, il importe d'y voir clair. C'est l'une des raisons aussi de ce guide, accompagné de documents parfois inédits, empruntés à de nombreux dépôts d'archives.

 

LA BÊTE AVANT LA BÊTE - (été 1764)

LE 1er JUILLET 1764, alors que les moutons du Languedoc arrivent en estivage, s'ouvre un drame qui va durer trois ans. À Saint-Étienne-de-Lugdarès, commune actuelle de l'Ardèche aux portes de la Lozère, on convoie le corps d'une fille de 14 ans au cimetière : c'est Jeanne Boulet, du hameau des Hubacs. «La Bête» l'a dévorée ! Des bruits circulent sur des victimes antérieures, sans doute blessées au fin fond du Vivarais. Une jeune fille des environs de Langogne - la bourgade voisine - aurait déjà été attaquée : elle gardait des boeufs, comme le voulait l'usage en ces pays d'habitat dispersé.

À 10 km de là, au hameau du Cellier,-en Gévaudan désormais, tombe une deuxième victime, le 6 août. En plein jour, Marie-Anne Hébrard est la proie d'«une bête féroce qui roule dans le pays depuis quelques mois». Deux jours plus tard, un drame comparable éclate au village de Masméjan, sur La Bastide-Puylaurent : encore une fillette de 15 ans ! (...)

Auteur : Jean-Marc Moriceau

Genre : Documents Essais d'actualité

Éditeur : Ouest-France, Rennes, France

Collection : Comme une Histoire

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