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Publié par Philippe Poisson

La légende de Pierrot le Fou

Dans le Paris à peine libéré des années 40, Pierre Loutrel - alias Pierrot le Fou - et ses comparses du fameux "gang des Tractions avant" mitraillent à coeur joie. Consacré ennemi public n°1, Loutrel réalise des hold-up d'une audace inouïe, séduit les plus célèbres stars de l'époque et fait continuellement la nique à la police. Des exploits hors-normes et pourtant authentiques, relatés par un jeune journaliste, Paulo le Belge, admis durant un temps parmi l'équipe de ces sinistres "héros"...

 

  • Les présentations des éditeurs : 24/06/2015

«Un soir, on dînait dans un petit restau rue Blanche. Au milieu du repas, ça cogne à la vitre. Ça cogne fort, le loufiat se précipite et un type se pointe. Dans les trente piges, pas très grand mais costaud, et surtout avec un putain de drôle de regard. Il m'a maté, et franchement, un instant, j'ai eu les flubes.

- C'est Pierrot, m'a glissé Raymond.»

Dans le Paris à peine libéré des années 40, Pierre Loutrel - alias Pierrot le Fou - et ses comparses du fameux «gang des Tractions avant» mitraillent à coeur joie. Consacré ennemi public n° 1, Loutrel réalise des hold-up d'une audace inouïe, séduit les plus célèbres stars de l'époque et fait continuellement la nique à la police. Des exploits hors-normes et pourtant authentiques, relatés par un jeune journaliste, Paulo le Belge, admis durant un temps parmi l'équipe de ces sinistres «héros»...

Un récit jubilatoire, entre braquages, champagne et petites pépées, qui relate toute la démesure d'un personnage entré dans la légende.

Scénariste, scénographe, journaliste, Rodolphe est également l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux musiques et aux mythologies d'après-guerre.

 

  • Les courts extraits de livres : 24/06/2015

11 novembre 1946 : un putain de drôle de jour ! Au départ, il commence comme les autres. Mais au départ seulement. Ensuite, ça se corse...

À l'époque, je créchais dans la piaule d'une ancienne poule à Jo. J'avais pas vraiment de job. Juste quelques piges pour L'Intransigeant ou L'Équipe. Je me levais jamais avant midi. Ensuite, on se retrouvait avec Jo, Boucheseiche et les autres au Balto, un bistrot derrière la place Blanche. On mangeait un casse-dalle, on tapait le carton, les suze-cas' défilaient...

La veille au soir, y avait eu comme un conseil de guerre. C'est Abel qui avait commencé. Le Mammouth avait l'oeil sombre et la bajoue en berne.

- Les mecs - qu'il fait - faut qu'on cause. C'est à propos de Pierre, on peut pas le laisser comme ça.

Depuis trois jours, Pierrot est pensionnaire à la clinique avenue Daumesnil. Là-bas, il s'appelle Paul Chaplain. Officiellement, c'est un accident de chasse. En vrai, ce con s'est tiré lui-même une balle dans les couilles suite à un braquage foireux. Pour défourailler plus vite, il glissait son flingue direct dans le falzar, coincé par la ceinture. Cette fois-ci, la gâchette a dû se prendre dans la boucle du ceinturon, le coup est parti, il s'explose la vessie et tout le tremblement et pisse le sang façon fontaine !

Avenue Daumesnil, ils ont pas fait d'histoire pour l'admission. Jo devait y connaître du monde. Pierre a été opéré tout de suite. Ils lui ont mis un drain, un vrai tuyau de gaz dans le boyau. Selon le toubib, il est censé s'en sortir...

- Qu'est-ce que tu lui veux au Pierrot ? Il est tranquille dans sa piaule à la clinique. Faut juste attendre qu'il se refasse.

Boucheseiche fronce le sourcil. Qu'est-ce qu'il va encore chercher, leur pote ?

- Avec Jo on passe le voir tous les jours. Tout baigne, y a pas à s'en faire ! Il va s'en remettre.

- Ben si, y a à s'en faire ! Parce qu'automatiquement, un jour, quelqu'un va le remettre ! Il a eu le portrait dans tous les journaux ! Alors, forcément, à un moment ou un autre, un toubib, une infirmière, un visiteur, un autre malade va le reconnaître ! Les poulets seront là dans la minute et notre pote passera du billard à la veuve !

Il vide son verre d'un coup et complète :

- Et puis nous aussi on y passera dans la foulée. (...)

La légende de Pierrot le Fou

Susciter le débat, l’éclairer et dépasser les idées reçues, tels sont les objectifs que se sont fixés les éditions Michalon, fondées en 1995.

Des livres au contenu humaniste, progressiste, non conservateur, voire iconoclaste, telle est l’ambition de la maison.

Essais, documents, romans, récits, la ligne éditoriale est tracée avec exigence et s’adresse à un lecteur averti et curieux, soucieux de comprendre le monde et de sortir des sentiers battus. Les éditions Michalon, ce sont aussi de célèbres collections comme Les Mondes rebelles de Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange et le bien commun, dirigée par Antoine Garapon.

La maison compte plus de 500 titres au catalogue parmi lesquels des auteurs qui ont fait sa réputation : Emil Cioran (Entretien avec Gabriel Liiceanu), Danièle Sallenave, Ismaïl Kadare, Pierre-André Taguieff, Ted Stanger, Raphaël Draï, Dominique Thomas, Jean Leonetti, Benjamin Stora, Grégory Auda, Azadeh Kian, Etienne Liebig, Serge Guérin, François Miquet-Marty, Christophe Gavat, Marc La Mola, Michel Aglietta, Samir Amghar, Rachel Mwanza… pour les documents et essais. Et pour la littérature ; Abdelkader Djemaï, François Rosset, Éric Vuillard, Claire Cros, Alexandre Tuzi ….

 

 

Pierrot-le-fou, alias Pierre Loutrel

Pierrot-le-fou, alias Pierre Loutrel

Archive de presse - La presse le surnomma "Pierrot- le-fou", "Pierrot-la -Voiture", "le Docteur"... Dans la France de la Reconstruction, Pierre Loutrel inaugure la série des ennemis publics numéro 1, recherché par les polices de Paris, Nice et de Marseille. À la tête du "gang des tractions", ce spécialiste de la mitraillette qui couvre sa retraite par des balles crachées de la portière, enchaîne règlements de comptes et braquages audacieux qui défraient la chronique. Banques, bijouteries, postes, 1946 sera une année faste pour le gang qui commet une série de braquages sur la Côte d’Azur. "L’auteur principal de l’attaque est un dangereux bandit, recherché mort ou vif", écrit ainsi la Marseillaise dans son édition du 19 juillet 1946, après le hold-up de 33 millions de francs à la recette principale des PTT à Nice, son plus beau coup.

Cet ex-collabo sous l’Occupation devenu caïd sans scrupule est assez éloigné de son image romantique... Lâché par le Milieu, il terminera sa carrière sans panache, en décédant de façon prosaïque après un braquage minable. Né à Chateau-sur-Loir en 1918, Pierre Loutrel est issu d’une famille paysanne, dont il s’échappe rapidement pour atterrir à Marseille, gare Saint Charles. Le jeune homme est fasciné par les Carbone et Spirito qui règnent sur la ville. Plongeur dans les bars et voleur à la petite semaine, il doit se contenter de larcins et vit de l’exploitation des charmes d’une maîtresse, malgré le monopole des clans corses et italiens sur le proxénétisme.

Vivant d’expédients, il s’engage dans la Marine. À l’armistice, il est de retour à Paris. C’est sous l’Occupation qu’il acquiert ses lettres de noblesse. Il fréquente la "Carlingue", la Gestapo de la rue Lauriston, qui lui procure fortune et sécurité. En profite pour régler ses comptes personnels et monter son réseau. En 1944, sentant le vent tourner, il se réfugie à Toulouse, où il devient lieutenant FFI. Mêmes méthodes, mêmes exactions. Loutrel se fait toujours remarquer par sa violence impulsive, abattant notamment un officier allemand à la terrasse d’un café. À la Libération, il reconstitue sa bande, un clan hétéroclite, né de la guerre. Autour de lui, il réunit des truands d’horizons divers, mais qui lui vouent une fidélité sans borne : Jo Attia, dit le "Grand Jo", rescapé de Mathausen qu’il a connu dans l’armée, Raymond Naudy, le Toulousain, ancien Résistant, Georges Boucheseiche, le "Gros Georges" et Abel Danos, dit le "Mammouth", tous deux hommes de main de la Gestapo.ÀMarseille, il retrouve Joseph Ferrand, devenu propriétaire du restaurant l’Oasis à Bandol, et Muguette Motta, sa première liaison sentimentale. C’est le fameux gang des tractions, qui opère avec des 11CV Citroën. Marie-Eve BARBIER

Pierrot-le-fou, alias Pierre Loutrel (1/2)

Publié le vendredi 20 août 2010 à 13H53

http://www.laprovence.com/article/cest-lete/pierrot-le-fou-alias-pierre-loutrel-12

 

Pierrot-le-fou, alias Pierre Loutrel

Pierrot-le-fou, alias Pierre Loutrel

Archive de presse - En avril 1946, il abat en plein jour le caissier Faletti, qui transporte la paie des ouvriers, place du Chapitre. Un million tout rond. Peu de temps après, il blesse à coups de revolver plusieurs personnes dans la boîte de nuit "Bagatelle" rue Sénac. Mais surtout, le gang prépare avec minutie le hold-up de la Poste de Nice, "le plus beau coup de l’après-guerre", digne d’un film noir.

Le 1er juillet, à 5 heures du matin, Loutrel et Naudy, déguisés en ouvriers, pénètrent sans effraction dans le bâtiment de l’avenue Thiers. Sous la menace de mitraillettes, ils se font ouvrir le coffre, qui contient 33 millions de francs. À 5h30, ils sont dehors, et bondissent dans la traction, conduite par Maurice Laguerre. Ils s’échappent ensuite en canot, et rejoignent par la mer Marseille, dupant la police qui a établi des barrages routiers. Le butin est partagé à Marseille, chez Maurice Laguerre, mécanicien et ancien propriétaire de chevaux de course, dans l’appartement de la rue des Orgues, près de la place Sébastopol. Le gang mène la belle vie, se retrouvant à l’Oasis, à Bandol et au Maxime à Cassis.

Mais le milieu marseillais, qui n’a jamais compté parmi les siens ce bandit sans foi ni loi, est excédé par les rafles et les vérifications policières, qui se succèdent, perturbant rackets et trafics. La loi du silence se fissure. Le 14 juillet, les commissaires Mattéi et Truchi, champions de la PJ marseillaise, reçoivent un appel anonyme les informant de la présence de suspects chez Jo Ferrand, à Bandol . Mobilisation générale. Fusillade. Un policier et tué et sept complices sont arrêtés, Pierrot le fou et Attia s’échappent de justesse.

L’appartement de la rue des Orgues est perquisitionné, mais 500 000 francs seulement et des bijoux d’autres vols sont retrouvés sur place. "Pierrot-le-fou et Attia courent toujours, les retrouvera-t-on sur la Côte d’Azur ou à Paris ?", titre la Marseillaise du 29 septembre 1946. La chasse à l’homme commence sur les routes de France : à Paris, l’inspecteur Henri Ricordeau, que Loutrel avait laissé pour mort en 1943, lui voue une haine farouche et veut sa peau. Il organise l’opération des bords de Marne et le siège de l’auberge de Champigny, repaire des bandits. Encore une fois Pierrot s’en sort avec panache et s’enfuit à temps. Mais la bande est désormais démantelée. Cet épisode restera le point culminant de sa popularité.

"L’étreinte se resserre autour de Pierre le fou, quinze bandits du gang de Champigny sont sous les verrous", détaillent les envoyés spéciaux du Provençal (le 1er octobre 1948). Entouré de Grand Jo et Gros Georges, ses fidèles lieutenants, Loutrel est réduit à des larcins minables. Jusqu’au braquage raté d’une petite bijouterie, où paniqué par la réaction des joailliers, il se tire malencontreusement une balle dans la vessie. Il succombe peu de temps après de ses blessures. Pourtant des années après sa disparition, il continue à faire la une des journaux : il demeure pendant trois ans encore l’ennemi public numéro 1 français. Ce n’est en effet qu’en 1949 qu’on retrouvera son corps, enterré par les soins de ses coéquipiers, Jo et gros Georges. Marie-Eve BARBIER

Pierrot-le-fou, alias Pierre Loutrel (2/2)

Publié le samedi 21 août 2010 à 11H35

http://www.laprovence.com/article/cest-lete/pierrot-le-fou-alias-pierre-loutrel-22

 

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